« Nos corps étrangers »: Les mots de Carine Joaquim tentent d'en recoller les morceaux

ROMAN « Nos corps étrangers » de Carine Joaquim est paru en janvier 2021 à La Manufacture des livres

Ju lit les Mots membre de la communauté 20 Minutes Livres.
— 
Nos corps étrangers
Nos corps étrangers — La manufacture des livres
  • Les lectures coups de cœur, ça se partage.
  • Notre communauté vous recommande chaque jour un nouveau livre.
  • Aujourd’hui, « Nos corps étrangers » de Carine Joaquim, paru le 5 janvier 2021 aux éditions La Manufacture des livres.

Ju lit les Mots, blogueuse et contributrice du groupe de lecture 20 Minutes Livres, vous recommande Nos corps étrangers de Carine Joaquim, paru le 5 janvier 2021 aux éditions La Manufacture des livres.
 

Sa citation préférée :

« Après le retour de Stéphane à la maison, quelques années auparavant, ils s’étaient accordés tacitement sur le rôle dévolu à chacun, et tous l’avaient joué à la perfection. Le gentil mari. L’épouse digne. La jolie petite fille bien coiffée qui racontait, ses journées d’école en se persuadant que ça intéressait vraiment quelqu’un. Et en coulisses, ça dégueulait dans la nuit, ça pleurait sous la couette, ça fuyait de tous les côtés. Rien n’avait plus jamais été étanche. »
 

Pourquoi ce livre ?

  • Parce que je suis ces corps… J’ai été… Nous pouvons toutes et tous être les personnages qui jalonnent ce récit… Ce livre m’a énormément touché, il m’a parlé, il m’a remuée. Certaines phrases sont un coup de scalpel, sous la plume de Carine Joaquim, ce scalpel qui veut tailler dans ces corps… L’image de ce corps qui devient notre pire ennemi, lorsqu’on ne l’écoute pas ou plus… Nos corps étrangers est un titre qui colle au texte, on les imagine qui suintent l’amour, le désir, on peut s’imaginer aussi une certaine acceptation…
  • Parce que nos corps sont l’expression de nos joies autant que celle de nos peines… Nos joies gravent des sillons facilement reconnaissables, alors que les peines le creusent, fouillent, crient sous toutes les formes. Crient ces silences, ces non-dits, ces abstractions que l’on fait de sa personne, de ses désirs les plus enfouis…
  • Parce que beaucoup ne liront ce livre qu’à travers une intrigue, une fiction, ce qu’il est en effet. Mais d’autres, le liront à travers le prisme de la vie, à travers le prisme de leur histoire. De leurs histoires… Certaines personnes basculeront au point de non-retour et d’autres, prendront les choses en main, ou devrais-je dire, prendront leur vie en main.
  • Parce que l’enfer est sur terre, l’enfer, c’est les autres, mais l’enfer, c’est surtout nous. Nous sommes notre propre enfer… Être acteur de sa vie, être l’artisan de son bonheur, peut passer par la douleur, il suffit de faire un choix, un seul et notre vie peut changer. Il suffit de ne pas accepter ces silences, d’accepter les échecs.
  • Parce que nous pouvons être cette femme ou cet homme, dont les souffrances habitent le quotidien au point de les paralyser.
  • Parce que même si la souffrance d’Elisabeth est palpable, celle de Stéphane n’en est pas moins présente. Elle s’exprime de manière différente, plus latente, plus enfouie, mais avec une résonance particulière. Le pardon reste inaccessible, alors même qu’il est désiré, chacun s’enfermant un peu plus dans ses propres doutes. Maëva, ado de 15 ans, est la spectatrice privilégiée de la déchéance familiale, alors même qu’elle est confrontée à son premier grand amour, premières incompréhensions du monde qui l’entoure.
  • Parce que chaque personnage apporte sa pierre à la construction narrative. Ceux en second plan, sont tout aussi, porteur de messages importants. S’oublier, se perdre, ne fait que distiller le poison des secrets, des non-dits, ce poison qui va pourrir ce que l’on pensait protéger. Dire la vérité, peut être douloureux, mais elle est aussi le baume sur cette douleur. La parole libératrice malgré toute la souffrance que l’on ressent lorsque les mots jaillissent.
     

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Élisabeth et Stéphane déménagent loin de l’agi­tation parisienne avec leur fille Maëva, ils sont convain­cus de prendre un nouveau départ. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple.

Les personnages. Élisabeth et Stéphane ainsi que leur fille Maëva

Les lieux. Une grande maison dans un village, lieu non défini.

L’époque. Actuelle.

L’auteur. Carine Joaquim est née en 1976 à Paris où elle a grandi. Elle vit aujourd’hui en région parisienne et y enseigne l’histoire-géographie. Si elle écrit depuis toujours, c’est depuis six ans qu’elle s’y consacre avec ardeur. Nos corps étrangers est son premier roman publié.

Ce livre a été lu avec l’impression de tout avoir aimé dans ce roman : la plume qui ne laisse pas indifférente, la psychologie finement travaillée de chaque personnage, le final d’une noirceur absolue. Mais j’ai aussi aimé le message, porteur d’espoir que porte en elle Maëva. Tout est minutieux, minutieusement décrit.

Vous voulez nous recommander un livre qui vous a particulièrement plu ? Rejoignez notre communauté en cliquant ici

20 Minutes de contexte

Une partie des liens de cet article sont sponsorisés. A chaque fois que vous achetez un livre via l'un d'entre eux, nous touchons une commission qui nous aide à payer nos factures. Pour éviter tout conflit d'intérêts, nous avons adopté la méthode suivante:

1. Les contributeurs de la rubrique choisissent leurs livres, réalisent leurs fiches et leur critique en toute indépendance, sans se soucier des liens éventuels qui seront ajoutés.

2. Les liens sont ajoutés a posteriori, à chaque fois que nous trouvons le produit recommandé sur une de nos plateformes partenaires.

Merci d'avance à tous ceux qui cliqueront !