L'édition est gravement en danger, met en garde le syndicat des éditeurs

LIVRES La seule chance d’éviter « un désastre économique » serait de déployer un plan de relance de 8 à 10 milliards d’euros, selon le président du Syndicat national de l’édition

20 Minutes avec AFP

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La rentrée littéraire 2017 dans une librairie en France
La rentrée littéraire 2017 dans une librairie en France — ISA HARSIN/SIPA

Le monde de l’édition est en danger et la seule chance d’éviter « un désastre économique » serait de déployer un plan de relance de 8 à 10 milliards d’euros pour l’ensemble des industries culturelles et créatives, a plaidé jeudi Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition.

« L’édition, au moins en partie, est-elle en danger ? Faut-il s’attendre à des faillites ou à une vague de licenciements ? Oui, sur les deux points », a mis en garde le président du SNE dans un entretien publié sur le site du magazine professionnel Livres Hebdo.

« Vital de déployer un plan de relance »

« Les maisons (d’édition) dont les fonds propres sont solides pourront s’en sortir. Mais pour les éditeurs les plus fragiles, ce sera beaucoup plus difficile », a insisté le président du SNE. « Si nous retenons que l’ensemble des industries culturelles et créatives représentent en France un chiffre d’affaires annuel de 90 milliards d’euros, il est vital de déployer un plan de relance de l’ordre de 8 à 10 milliards d’euros pour éviter un désastre économique », a souhaité Vincent Montagne.

« Il faut travailler à un grand plan ambitieux de relance jusqu’à ce que l’ensemble du secteur se remette à flot », a résumé le président du SNE, également président du groupe Media-Participations, leader européen de la BD (Dargaud, Dupuis, Le Lombard…), propriétaire des éditions du Seuil, de journaux comme Rustica ou Famille Chrétienne et présent dans les jeux vidéo et la production audiovisuelle.

« Il y aura moins de titres. Et aussi certainement moins d’éditeurs »

Car, a-t-il fait remarquer, « même s’il y a des aides d’urgence, elles sont pour l’instant soit notoirement insuffisantes, soit sous forme de prêts qu’il faudra rembourser ». L’épidémie de Covid-19 a mis à mal le secteur de l’édition et du livre. Les librairies sont fermées depuis près de six semaines et les ventes de livres se sont effondrées. « La mécanique de précision du marché du livre est totalement enrayée par la pandémie », a fait valoir Vincent Montagne, qui souhaite la réouverture de toutes les librairies dès le 11 mai.

Interrogé pour savoir si les éditeurs allaient réduire leur production à la fin du confinement, le président du syndicat professionnel des éditeurs a répondu que « la situation actuelle débouchera inéluctablement sur une réduction ». « Il y aura moins de titres. Et aussi certainement moins d’éditeurs », a-t-il dit.