« Préférer l'hiver »: Aurélie Jeannin le passe dans une cabane au fond des bois

PREMIER ROMAN « Préférer l'hiver » de Aurélie Jeannin est paru le 8 janvier 2020 chez HarperCollins

Marceline Bodier membre de la communauté 20 Minutes Livres.

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Préférer l'hiver
Préférer l'hiver — HarperCollins
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  • Aujourd'hui, « Préférer l'hiver » de Aurélie Jeannin, paru le 8 janvier 2020 aux Éditions HarperCollins

Marceline Bodier, auteure et contributrice du groupe de lecture « 20 Minutes Livres », vous recommande Préférer l'hiver d’Aurélie Jeannin, paru le 8 janvier 2020 aux Éditions HarperCollins.

Sa citation préférée :

« Ce soir-là, je dis à voix haute : Je ne cherche pas à ce que l’on me raconte une histoire. Je veux que cela soit divinement écrit. »

Pourquoi ce livre ?

  • Parce que c’est un livre dont j’ai lu la première page parce qu’une sollicitation extérieure m’y a incitée, et toutes les autres, parce qu’une nécessité intérieure m’y a obligée. C’est un roman absolument sans concession, qui explore la douleur jusqu’en ses moindres replis, ne recule devant aucun sentiment indicible, ne craint pas d’affirmer qu’il écrit l’ineffable – car c’est entièrement vrai, il le fait.
  • Parce que l’auteure explore des zones d’ombre que nous croyions bien cachées. Ses expressions les font surgir et les nomment : nous les reconnaissons comme étant aussi les nôtres. Son écriture n’est pas uniquement celle des tourments invisibles, mais aussi celle du corps : elle est très incarnée, très physique. Elle hurle, elle frappe, elle va tout au bout du besoin et des désirs de violence, de meurtre et de destruction, elle ose tout et on va au bout de tout avec elle.
  • Parce qu’Aurélie Jeannin, c’est en quelque sorte le mariage réussi de Donald Ray Pollock et de Stefan Zweig, ce qui est un tour de force dont je n’aurais jamais osé imaginer la possibilité : Le diable, tout le temps, mais aussi La lettre d’une inconnue. La confrontation avec l’horreur des pires expériences humaines, mais dans une quête intime et lente, qui englobe l’exploration du sentiment amoureux.
  • Parce que ce livre raconte la vie après des drames et que cela pourrait donner envie de ne pas le lire, pour échapper à la violence des drames d’inconnues. Mais si vous évitez cette expérience, ce n’est pas aux drames des autres que vous échapperez : c’est à la possibilité que ce livre offre de donner un nom aux drames qui vous hantent, vous.
  • Parce que je n’ai rien contre l’idée que le feel-good existe, mais un livre comme celui-là rappelle qu’on est en droit d’exiger énormément plus de la littérature, d’exiger une expérience extrême qui n’a rien à voir avec les bons sentiments. Dans un moment d’apaisement, Aurélie Jeannin écrit « Maman distingue les écrivains et les romanciers. Elle dit que les romanciers savent raconter des histoires. Que ce qui importe aux écrivains, ce sont les mots, leur enchaînement et leur rythme. Ceux qui excellent dans les deux, elle les appelle les auteurs. » Aurélie Jeannin est sans conteste un auteur.

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Le sujet fait horreur : la vie après la perte d’un enfant. Mais elle est survenue avant le livre, et on en saura peu. Plus que de la mort, c’est de la vie qu’il s’agit, et même plus que de la vie, c’est de la possibilité d’explorer tous ses sentiments, même les plus obscurs. Un sujet universel.

Les personnages. La narratrice et « Maman ». Deux femmes qui ne sont pas plus nommées que ne le sont les fils dont la mort les a fait échouer dans une cabane où elles survivent. Les humains ne sont pas nommés, mais les sentiments les plus extrêmes et les plus ineffables le sont, eux, avec une précision saisissante.

Les lieux. La forêt est la matrice originelle, la ville tue, et on demande naturellement à la forêt d’absorber la colère et la douleur. Un livre qu’on ne lit pas comme une allégorie, mais qui en prend pourtant très nettement l’allure…

L’époque. Une époque où un frère peut être assassiné par des fanatiques « qui pensaient convaincre en tuant », en même temps que 80 personnes. L’époque importe peu, le livre est intemporel, mais il peut aussi prendre une coloration terriblement contemporaine…

L’auteur. Préférer l’hiver a reçu le Prix des étoiles en février 2019 et 20 Minutes, qui faisait partie du jury, l'avait chroniqué à ce moment-là. Ce roman lance une nouvelle auteure, mais aussi une nouvelle collection chez HarperCollins France, Traversée. L’accueil des libraires est enthousiaste : celui des lecteurs devrait apporter la consécration à cette nouvelle auteure à suivre !

Ce livre a été lu avec un sentiment d’évidence littéraire par Marceline Bodier, « lectrice passionnée et éclectique, toujours à l’affût de mon prochain coup de cœur ! »

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