« Mon frère, ce bourreau » : Le frère de Yann Moix l’accuse à son tour d’affabulation

LAVER SON LINGE SALE EN PUBLIC Alexandre Moix raconte dans une lettre ouverte sa vérité sur l’enfance martyre dépeinte par son aîné dans son nouveau roman « Orléans » : la vraie victime, c’était lui

S.A

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Alexandre Moix accuse son frère Yann Moix d'avoir été son bourreau et non victime. (Photo prise en 2009)
Alexandre Moix accuse son frère Yann Moix d'avoir été son bourreau et non victime. (Photo prise en 2009) — BALTEL/SIPA

Le torchon brûle dans la famille Moix. A l’origine de l’incendie : le dernier roman de Yann Moix, Orléans (Grasset), dans lequel l’écrivain, Prix Renaudot en 2013 pour Naissance, et célèbre chroniqueur dans l’émission « On n’est pas couché » sur France 2, raconte les sévices qui lui ont été infligés durant son enfance.

Des violences détaillées lors d’une interview accordée à l’émission « Sept à huit », diffusée sur TF1 dimanche dernier, et intitulée « Ma vie d’enfant battu ». « Une pure affabulation », a répliqué son père José, présenté comme l’auteur principal des maltraitances subies décrites, qui évoque toutefois une éducation « stricte ». Une version que soutient le petit frère de Yann Moix qui l’accuse surtout d’avoir été son « tortionnaire » durant son enfance, dans une lettre ouverte publiée par Le Parisien, samedi. « Aujourd’hui, je ne peux plus le plaindre, le couvrir ni me taire. Il sacrifie la réalité sur l’autel de ses ambitions littéraires. C’en est trop », dénonce Alexandre, de quatre ans son cadet.

Un « Machiavel cynique et névrosé prêt à tout »

Dans ce nouvel acte du règlement de comptes familial des Moix, il explique que l’enfance martyre racontée dans Orléans est en réalité la sienne. « J’ai subi vingt ans durant des sévices et des humiliations d’une rare violence de sa part. Ceux-là mêmes qu’il décrit dans son roman, en les prêtant à nos parents », assure-t-il. « Les corrections qu’il écopait de mon père, mais qui, pourtant, faisaient suite aux sévices, eux bien réels, qu’il m’infligeait », écrit-il.

Alexandre Moix, également écrivain et documentariste, dépeint son frère comme un « Petit Prince déchu. Machiavel cynique et névrosé prêt à tout », insupporté par l’existence de son cadet. Il affirme que son frère, nombriliste, n’a que « deux obsessions » : « obtenir le prix Goncourt et m’annihiler. Me nier, m’éliminer, me rayer de la carte. Par tous les moyens. Physiquement ou moralement. »

Cette haine est encore présente aujourd’hui, témoigne-il. Yann Moix, 51 ans, aurait d’ailleurs empêché la parution de son premier roman, Second Rôle, chez un grand éditeur : « L’éditeur, navré, m’en fit lui-même la confidence. » Il aurait aussi mis tout en œuvre pour lui nuire dans le milieu de cinéma.

« Il invente et s’en lave les mains »

Alexandre Moix dresse une liste « des immondices » que lui a infligées son aîné durant leur enfance : « tentative de défenestration », « noyade dans la cuvette des toilettes », « passage à tabac récurrent », séquestration à l’âge de 7 ans, « destruction systématique » de ses effets personnels, tentatives d’étranglement, humiliations verbales… « En matière de sévices, Yann faisait preuve d’une imagination débordante. Je rêvais d’un frère au cœur d’artichaut, il était mon Orange mécanique », résume-t-il.

Répugné de le voir se dresser comme « le porte-flambeau de la cause des enfants malheureux », il déclare que Yann « se moque éperdument » de la souffrance des autres. Selon lui, il a berné « les véritables victimes de maltraitances » qui « l’ont nommé chef de file de la lutte contre la violence. Imposture. Trahison d’un bourreau travesti qui ose se faire le porte-voix des victimes ». « Il invente et s’en lave les mains », ajoute le quadragénaire.

La fratrie n’est plus depuis bien longtemps. « De mes quatre enfants, il n’en connaît aucun. Je leur apprends le sens de la fraternité, de la famille, loin de ses névroses, et je me félicite de vivre à bonne distance de ses abjections », conclut-il.