Jamy: «Pour ce livre sur les curiosités naturelles et scientifiques de France, j’ai fait appel à mes émotions»

INTERVIEW Rencontre à Marseille avec l’ex-animateur de « C’est pas sorcier », qui publie « Mon Tour de France des curiosités naturelles et scientifiques »

Propos recueillis par Caroline Delabroy

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Jamy, au festival Oh les beaux jours à Marseille
Jamy, au festival Oh les beaux jours à Marseille — C. Delabroy / 20 Minutes
  • Avec Mon Tour de France des curiosités naturelles et scientifiques, Jamy a voulu un livre qui raconte la science comme une histoire.
  • Pour choisir ses étapes, l’ex-animateur vedette de C’est pas sorcier est parti de ses souvenirs d’enfance et des émotions qu’il a ressenties au fil des années au contact de ses sites de science.
  • Rencontre avec l’auteur au festival Oh les beaux jours ! à Marseille, où Jamy consacre un chapitre au fameux savon, sur lequel on apprend (c’est possible) encore des choses.

L’œil derrière les lunettes rondes est pétillant, la passion à transmettre la science intacte. Le temps semble glisser sur Jamy, malgré une barbe poivre et sel qui pointe son museau. C’est que l’animateur vedette de feu C’est pas sorcier, Jamy Gourmaud de son nom complet, vient de commettre un livre qui lui ressemble, Mon tour de France des curiosités naturelles et scientifiques, paru chez Stock.

De passage à Marseille pour le réjouissant festival littéraire Oh les beaux jours !, 20 Minutes l’a attrapé en vol, après une longue rencontre-signature avec ses lecteurs.

Pourquoi le savon de Marseille s’est-il imposé dans votre Tour de France ?

C’était presque une évidence. C’est un Tour de France qui va d’un site à l’autre, mais des sites qui ont compté pour mon appétence pour la science. Marseille, c’est la culture méditerranéenne, mais c’est aussi une très belle histoire de chimie et un lieu qui incarne la science. Et pour moi, c’est un souvenir qui me ramène à ma petite enfance, quand ma grand-mère m’emmenait avec elle au lavoir. C’était en Vendée, où j’ai grandi. Pour ce livre, j’ai fait appel à mes émotions. Quand j’ai réfléchi au sud, j’ai tout de suite eu l’image du savon.

Quel est donc ce secret du savon de Marseille ?

D’abord, il n’y a qu’ici qu’on trouve tous les éléments pour le fabriquer : la soude, la plante à l’origine du savon qui pousse en bord de mer et dont on utilise les cendres, l’huile d’olive pour la matière grasse, la chaleur et le vent pour faire sécher le mélange des deux, et enfin l’eau salée pour débarrasser de la glycérine la pâte que l’on obtient. Quant au secret de la chimie, en quelques mots c’est compliqué. Mais on peut dire qu’on fabrique des molécules particulières, dites tensio-actives, qui d’un côté détestent l’eau et de l’autre l’adorent. Les premières vont s’attacher à la tâche, les autres vont la détacher de son support.

Justement, est-ce plus difficile par écrit d’être pédagogue et d’avoir le fameux « ton Jamy » ?

Non, car ce n’est pas un livre pédagogique. J’avais envie de raconter la science comme on raconte une histoire, de parler des émotions que j’ai eues durant toutes ces années au contact de ces lieux de science. Je ne voulais pas me contenter d’expliquer des phénomènes, comme celui des marais au Mont Saint-Michel, mais d’abord de les ressentir et transmettre ce plaisir que j’ai eu à arriver sur ces lieux. J’y mets beaucoup de sentiment personnel, ce que je n’ai pas pu faire avec la télévision où cela va vite. J’avais besoin du temps des mots, pour raconter aux lecteurs ce que c’est de voir la mer se retirer et monter dans la baie du Mont Saint-Michel.

A part Marseille, où faites-vous escale dans le sud pour ce Tour de France ?

Il y a 16 chapitres, on va donc parler du Grand Sud ! Dans l’Aude, je parle du site d’Espéraza, entre Perpignan et Carcassonne, où on a découvert l’un des plus grands gisements de fossiles de dinosaures à la fin des années 1980. Je vais aussi à Annonay, en Ardèche, où je raconte l’histoire du premier vol habité à bord d’un ballon. Je remets le lecteur dans le contexte de l’époque. Ce 20 novembre 1783, deux hommes ont été les tout premiers de l’humanité à voir la terre d’en haut. Vous imaginez le choc culturel ? La science procure des émotions par ce qu’elle découvre, mais aussi parce qu’elle permet de comprendre le monde qui nous entoure.

«Le Monde de Jamy»: Pourquoi c’est pas «C’est pas sorcier»