Journée mondiale du livre: «La liseuse remplace ma bibliothèque»... Les internautes dévoilent leur support de lecture favori

VOUS TEMOIGNEZ A l’occasion de la journée mondiale du livre organisée ce mardi, « 20 Minutes » a sollicité ses lecteurs afin d’en savoir plus sur leur support de lecture favori

Romarik Le Dourneuf

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Illustration liseuse
Illustration liseuse — LYDIE/ SIPA
  • La journée mondiale du livre a lieu ce mardi 23 avril
  • 14 millions de livres numériques ont été vendus en France en 2018
  • Le livre papier reste le support préféré des Français, mais le livre électronique progresse

On n’efface pas cinq siècles d’habitudes si facilement. Depuis l’invention de l’imprimerie, le papier a le quasi-monopole des lettres. Dans le témoignage que nous avons proposé aux internautes, ils sont une très grande majorité à préférer le papier pour profiter de leurs lectures. Si le papier a pour lui la tradition et le charme, liseuses, tablettes et smartphones s’installent doucement dans le monde de la littérature. Le marché du livre numérique progresse, preuve que l’e-book trouve sa place. La technologie peut remplacer le bouquin, mais elle peut aussi le compléter. 20 minutes a donné la parole à ses lecteurs pour connaître leurs préférences.

« Les doigts qui effleurent le papier, l’odeur des pages, les petites erreurs d’impression, le poids du livre dans les mains et la satisfaction de voir les pages s’égrener au fil de la lecture. Pour moi, lire un livre se fait avec plusieurs sens et non juste avec la vue », explique Julie. Ce lien physique si fort avec le livre a été exprimé par beaucoup de lecteurs. Élodie évoque aussi l’appel aux sens que procure le papier : « Je n’arrive pas à me passer de la sensation de poids du livre, de la satisfaction ou le stress de voir le nombre de pages qu’il reste à lire. »

Beaucoup mettent en avant la possibilité de faire vivre le livre, comme Estelle : « Le fait de voir le bloc plus ou moins gros de feuilles passer de droite à gauche est une sorte d’accomplissement pour moi. » Les internautes rappellent souvent le côté vivant de l’objet. Ludivine raconte ainsi le plaisir de laisser une trace : « J’aime me remémorer l’histoire en les feuilletant et en redécouvrant les marques que j’ai pu laisser sur les pages au cours de ma lecture. » Pauline confirme cet aspect : « J’adore corner les pages, mettre des annotations, et aussi prêter les livres pour qu’ils vivent de mains en mains ».

La notion de partage est très importante pour les adeptes du bouquin : « Un livre papier, vous pouvez le donner quand vous l’avez lu, il faut qu’il circule le plus possible », écrit Véronique. Le livre voyage, il se prête, se cherche et se découvre. Isabelle met en avant ce point : « J’ai toujours préféré les livres papier, fouiller dans les brocantes ou autres Emmaüs pour trouver la perle rare. Quand je sais que je ne relirai plus un livre, je le pose dans une boîte à livre, pour lui donner l’occasion de continuer sa vie dans d’autres mains. »

Si la préférence des lecteurs s’oriente le plus souvent vers le livre, c’est aussi pour son côté naturel et apaisant, comme le raconte Helena : « Je suis consciente qu’il faut des arbres, de l’encre pour imprimer des livres alors que la liseuse serait plus éco-responsable. Mais la lecture sur support informatique est, à mon sens, plus mauvaise pour la vue et ne favorise pas l’endormissement ». Même constat pour Véronique qui a essayé la lecture sur smartphone : « J’en suis ressortie avec des céphalées horribles ». Si la lecture sur écran peut être désagréable, la liseuse avec son encre électronique est un entre-deux de plus en plus sollicité.

La liseuse gagne du terrain

Avec 14 millions de livres numériques vendus en 2018, une croissance de 6 %, la lecture sur des supports électroniques gagne en popularité. C’est en grande partie grâce aux liseuses, les internautes de 20 minutes le confirment : « Je suis à contre-courant car la liseuse m’a permis de me mettre à la lecture. J’en ai fini avec les gros livres qui m’angoissaient par l’épaisseur », explique Pierre-Laurent. L’encombrement, sans doute la principale raison du succès des liseuses. Dans un appareil grand comme un livre de poche et rarement plus lourd que 180 grammes, il est possible de stocker des milliers d’œuvres. « Ayant une collection déjà importante de livres, auxquels s’ajoutent mes BD et mangas, j’ai décidé de passer à la liseuse », explique Nicolas. Un gain de place rappelé par tous les utilisateurs d’e-books : « Ma bibliothèque débordait, et je n’avais pas de possibilité de l’étendre. J’ai donc acheté une liseuse et c’est formidable », précise Jean-Paul « J’ai fait un grand tri dans ma bibliothèque, je n’ai gardé que les livres de grands classiques et je n’achète plus que sur ma liseuse, c’est tellement pratique quand on a un petit chez-soi. » Un minimalisme qui conquit également les nomades comme Cécile : « Je pars en déplacement avec plusieurs livres et je choisis selon mon envie. J’ai téléchargé beaucoup de livres classiques libres de droits, ça m’a permis de découvrir des œuvres que je n’aurais jamais lues autrement. » Christelle évoque le poids des livres pour justifier son choix pour une liseuse : « Trouvant les livres trop lourds à transporter dans les sacs à main, j’ai commencé à lire sur mon smartphone, puis j’ai adopté une liseuse, le bonheur total ! »

La liseuse possède également une option rarement indiquée sur son emballage, elle sauve des couples : « L’éclairage ô combien discret d’une liseuse évite le coup de pied de sa chère et tendre, accompagné d’un "éteint la lumière" autoritaire », explique Jeff. Marie-France profite également de cet avantage : « Comme ça je peux lire le soir, même lumière éteinte, sans déranger mon mari. » La technologie du livre numérique permet aussi un confort de lecture et de travail pour Manon : « Pouvoir agrandir les lettres, surligner ou utiliser le dictionnaire intégré est tellement pratique, et quel gain de temps. »

Un progrès qui profite aussi à l’international, pour Guy par exemple : « Je vis en Thaïlande et au Cambodge depuis douze ans. Il n’y a pas de librairies françaises. Le seul moyen de lire des livres récents ou des BD, c’est ma liseuse. » Benoît, à l’inverse, profite également de cette possibilité : « Je peux acheter des livres en langues étrangères, je viens d’acheter sept volumes de The Old man’s war en anglais. ».

Les lecteurs de 20 minutes utilisent également la liseuse en complément du livre papier : « J’aime l’objet livre, et je le trouve plus agréable. Mais lorsque je voyage, je prends ma liseuse, elle est plus pratique à transporter », explique Frédéric. Une mobilité permise également par les applications désormais disponibles qui rendent possible de lire sur différents supports.

Le smartphone et la tablette en complément

« J’ai la même application sur mon smartphone et sur ma liseuse, ça me permet de continuer ma lecture sur téléphone si j’ai un moment que je n’avais pas prévu. » Comme Martin, ils sont nombreux parmi les internautes à profiter de la moindre opportunité pour se plonger dans un roman. Christian, lui, est plus radical : « A 75 ans, je suis un smartphone addict qui téléphone peu mais lit beaucoup ! Le format se prête parfaitement à la lecture à l’italienne (en format paysage) pour des œuvres comme la Pléiade. » Viet y trouve aussi un certain confort : « J’adore lire sur mon smartphone, je trouve assez sympathique la petite animation sur Android pour simuler le feuilletage. »

Comme Fabien qui lit « les news sur smartphone », beaucoup sont arrivés à la lecture sur tablette et smartphone par l’information. « Je suis abonné à deux journaux, j’ai commencé à lire sur ma tablette les infos et puis j’ai apprécié, alors je me suis dit, pourquoi pas un roman. Avec le mode sombre, c’est très agréable », raconte Bénédicte.

Les amateurs de livres électroniques envisagent le futur pour pérenniser la pratique. Christian y pense déjà : « La profession d’éditeur va évoluer, on ouvrira un compte qui stockera sous notre nom des œuvres et qui les mettra à disposition à des tiers sous notre demande ou par héritage. »