«L'Exil d'Ovide»: Salim Bachi met du sens et des sentiments dans sa quête de renaissance

(AUTO)BIOGRAPHIE « L’Exil d’Ovide » de Salim Bachi est paru le 31 octobre 2018 chez Jean-Claude Lattès…

Ecrit par la communauté

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L'exil d'Ovide
L'exil d'Ovide — J.-C. LATTES
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  • Aujourd’hui, « L’exil d’Ovide » de Salim Bachi (J.-C. Lattès)

Marceline, contributrice du groupe de lecture 20 Minutes et romancière, vous donne son avis sur « L’exil d’Ovide » de Salim Bachi chez J.-C. Lattès (200p., 17€)

Ma citation préférée

L’exil est ce sentiment envoûtant qui naît de la destruction du passé et de l’attente d’une renaissance. »

Pourquoi ce livre ?

Parce que l’angle du livre est particulièrement bien trouvé. Quand on parle d’immigration, on a l’impression d’ouvrir une boîte de Pandore. Quand on parle d’exil, on a l’impression d’entrer dans un sujet qui a toutes ses lettres de noblesse littéraires. Pourtant, c’est la même chose, et L’exil d’Ovide joue justement sur cette proximité. « Je saisis enfin le destin des émigrés qui échouent dans un monde dont ils n’ont pas les clefs et qui les engloutit peu à peu ».

Parce que c’est aussi un roman sur l’amour perdu. « Je suis un amant déçu qui cherche l’oubli » : cette phrase me paraît écrite pour Paris, mais peut-être l’est-elle pour une ville perdue, et elle pourrait aussi l’être pour toutes les femmes qui ont jalonné la vie de l’auteur et l’ont quitté. Il pourrait également la prêter à Ovide, que sa famille n’a pas suivi en exil… Tout le livre joue sur les objets multiples dont peut s’emparer le sentiment amoureux.

Parce que c’est un livre qui exprime le plus grand désespoir, en en faisant pourtant sa raison de vivre. Désespoir, parce que l’auteur exprime des envies de suicide. Raison de vivre, parce qu’il ne se suicide pas, mais écrit, et qu’écrire est ce qui donne à la fois le sens et la beauté de la vie. « Ils me paraissent monstrueux - et d’ailleurs ils le sont - les hommes qui n’ont pas, ancré en eux, le sentiment de leur étrangeté sur la terre ».

Parce que l’écriture de cet auteur est une vraie magnifique découverte. Elle emprunte à la poésie, convoque des personnages de papier comme s’ils étaient présents, jette le doute sur la nature de la frontière entre leur existence et la nôtre, ressuscite des écrivains qui ont imprégné les lieux où l’auteur transporte son exil… « La meilleure biographie n’égalera jamais la vérité qui naît d’un artiste mensonge ».

Parce que la suite de la citation que j’ai tirée du livre sans hésiter pour la mettre en exergue de cette chronique, c’est « Quand [l’exil] se double de la jeunesse, il peut être glorieux » : bien sûr. Nous avons tous une expérience d’un manque qui nous a donnés quelque chose après quoi courir, et ce livre en explore toutes les facettes. Mais aussi, ajoute l’auteur, « A mon âge, ce n’est plus qu’une longue peine » : à moins qu’il n’ait écrit cela que parce qu’il courait après le roman qui donnerait à ce sentiment sa forme la plus achevée, sans savoir s’il l’atteindrait…

 

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Quand on ressent un sentiment profond d’exil intérieur, après quoi court-on quand on s’installe dans plusieurs nouvelles villes au fur et à mesure de sa vie adulte ? Après soi-même, sans doute… mais est-ce comme cela qu’on peut se trouver ?

Les personnages. Le livre est autobiographique. Le personnage principal en est donc Salim Bachi, mais aussi « Ovide, [son] compagnon secret, [qui] le tient par la main », ainsi que tous ses doubles littéraires qui ont connu le même double exil, géographique et intérieur, que lui.

Les lieux. Salim Bachi a arpenté de nombreuses villes à la recherche, dans leurs pierres, d’une forme à donner à son sentiment d’exil. Peu importe finalement quelles sont ces villes : le roman se situe toujours sur la faille de « la perte et [du] paradis ».

L’époque. De 1994 à aujourd’hui. De l’Antiquité au XXe siècle. Mais le paradis perdu, lui, n’a pas de date : c’est une part d’enfance que nous pouvons partager et dont nous pouvons nous approprier chez les autres.

L’auteur. L’émigration pour fuir une guerre civile à 24 ans n’est pas le seul exil qui aboutit au chant désespéré de Salim Bachi en 2018. « J’ai tout perdu : mon pays, ma famille, et cela à de nombreuses reprises ». Mais il est écrivain, et sous sa plume, cette expérience personnelle devient la nôtre.

Ce 2min' a été préparé avec le sentiment d’avoir été envoûtée par Marceline : "Lectrice passionnée et éclectique, toujours à l’affût de mon prochain coup de cœur !"

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