«On la trouvait plutôt jolie», Michel Bussi: Vengeance sanglante dans un hôtel pour amoureux clandestins

POCHE Le roman de Michel Bussi On la trouvait plutôt jolie est sorti en poche le 4 octobre 2018 aux éditions Pocket...

Aurélien Mulot

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«On la trouvait plutôt jolie», Michel Bussi aux éditions Pocket
«On la trouvait plutôt jolie», Michel Bussi aux éditions Pocket — Pocket/20 Minutes

20 Minutes est partenaire de la sortie en poche du roman de Michel Bussi On la trouvait plutôt jolie aux éditions Pocket (544 p., 7,90€).

Notre citation préférée :

« C’est une malédiction. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège… »

Pourquoi ce livre ?

Parce que Michel Bussi nous sert une chouette histoire de vengeance, ce plat qui se mange avec de la viande froide. Un homme retrouvé mort dans une chambre d’hôtel, une association internationale en eaux troubles, une femme et ses trois enfants qui trimballent de lourds secrets… L’intrigue file de rebondissement en rebondissement, promenant le lecteur sur toute la planète.

Parce qu’On la trouvait plutôt jolie est un récit humaniste, celui d’une femme et ses trois enfants que personne ne veut mais tout le monde désire. Au-delà du thème central, le trafic de migrants, Bussi explore le rôle du corps et les ravages qu’il crée dans nos âmes.

Parce qu’ouvrage après ouvrage, Bussi prend de l’ampleur. Et sort de sa zone de confort. La Normandie qui donna le pis à ses premiers romans est loin. C’est la terre nourricière d’Afrique qui allaite ce récit. Des contrées peules d’Afrique de l’Ouest aux rives australes puis septentrionales de la Méditerranée, l’auteur déroule la transhumance des migrants. Au bout de la route, pour les plus chanceux, Port-de-Bouc et ses tours HLM avec vue sur mer.

Parce qu’après avoir chamboulé le temps dans ses précédents romans, le géographe Bussi brouille les cartes. La globalisation a transformé le monde occidental en une ZAC unique, un parking géant constellé d’Ibis, Starbucks et autres chaînes bien huilées. Sous les publicités géantes pour Pirates des Caraïbes, l’homme du Nord est partout chez lui. Celui du Sud, nulle part.

Enfin pour le personnage extravagant de Ruben Liberos, second rôle fantasque et attachant, qui complète la riche galerie de figures du roman. Affabulateur hors pair, gérant d’hôtel au cœur immense, dragueur maladroit, il apporte la pause fraîcheur dans ce récit souvent sombre.

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Tous les soirs à 19h30 pile, Leily Maal dîne avec ses trois enfants. Mais à peine le repas avalé, ces oiseaux de nuit commencent leur chasse. Quand un cadavre d’homme est retrouvé dans un hôtel louche, la famille Maal est rapidement soupçonnée…

Les personnages. Au cours de sa longue errance, Leyli Maal, l’héroïne, a eu trois enfants aux prénoms d’accouchés dehors : Bamby, qui fait bicher ses chasseurs. Le mâle Alpha, dominateur et imposant. Enfin Tidiane, le cadet, qui voit par-delà les ténèbres blanches. On croise aussi un Savorgnan, de Cotonou, pas de Brazza. Et un Jourdain, « Rivière de la peine », qui n’en finit pas de couler.

Les lieux. Dans un Red Corner, day-use de fiction, avec ses chambres rangées comme les catégories d’Xhamster, ses tiroirs remplis de lingerie Concorde et sa musique de boulard ethnique. Quiconque a vu le film d’Avnet, sait que c’est une vilaine enseigne pour passer la nuit avec une femme fatale. Et pourtant…

L’époque. Cent ans après le retour à la mode du passeport.

L’auteur. En douze ans de carrière, Michel Bussi s’est fait une place au firmament de l’édition, devenant en 2017 le troisième auteur français le plus vendu. De sa carrière de professeur d’université, il garde un goût certain pour le savoir partagé.