Une petite partie de la bibliothèque de François Mitterrand mise aux enchères

A VENDRE 683 lots pour une valeur estimée de 450.000 euros seront mis à l'encan par la maison de vente Piasa...

20 Minutes avec AFP

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François Mitterrand lors d'un meeting du Parti Socialiste en juin 1968
François Mitterrand lors d'un meeting du Parti Socialiste en juin 1968 — DALMAS/SIPA

Une petite partie de la bibliothèque de l’ancien président François Mitterrand, rassemblant plus d’un millier d’ouvrages de littérature du XXe siècle, sera dispersée aux enchères lundi et mardi à Paris. Au total, 683 lots pour une valeur estimée de 450.000 euros seront mis à l’encan par la maison de vente Piasa. Ce fonds d’ouvrages modernes, en édition originale pour la plupart, appartenait, depuis la mort de l’ancien chef de l’État, au fils cadet de François Mitterrand, Gilbert.

A la lecture du catalogue de la maison de vente, on a la confirmation de l’attrait de l’ancien président socialiste pour les écrivains « de droite ». On trouve ainsi un exemplaire original datant de 1937 de Comme le temps passe de Robert Brasillach (estimé entre 5.000 et 8.000 euros) ou encore la première édition de La colline inspirée de Maurice Barrès (800-1.200 euros).

« François Mitterrand a été bibliophile »

Au total, une quinzaine d’ouvrages de Barrès sont proposés à la vente. Un deuxième exemplaire de l’édition originale de Comme le temps passe de Brasillach est également mis aux enchères avec une reliure réalisée par Danielle Mitterrand (2.000-3.000 euros).

« François Mitterrand a été bibliophile. Il aimait les exemplaires sur grands papiers et les reliures. Il était connu pour arpenter les librairies et dévorer les catalogues de libraires. Il s’échappait ainsi des dures réalités politiques par ses fameuses promenades littéraires dans le Quartier Latin. C’était l’une de ses parts les plus secrètes, la source spirituelle de son action », rappelle le libraire Jean-Baptiste de Proyart, expert de cette vente.

Un ouvrage dédicacé par Albert Camus

Considéré comme l’un des écrivains préférés de l’ancien président, Jacques Chardonne occupe une place de choix dans sa bibliothèque. « A François Mitterrand souvenir d’un compatriote » écrit Chardonne dans l’exemplaire de Lettres à Roger Nimier mis aux enchères (2.000-3.000 euros). Les deux hommes étaient originaires de Charente.

Parmi les clous de la vente, on trouve un exemplaire des Justes d’Albert Camus (5.000-8.000 euros) que le futur prix Nobel de littérature adresse « à Monsieur le ministre de l’Intérieur… en souvenir d’une juste cause ». François Mitterrand avait été nommé ministre de l’Intérieur par Pierre Mendès France en 1954. La « juste cause » évoqué par Camus rappelle les liens tissés entre les deux hommes dans la Résistance sous l’occupation nazie.