«Canicule», Jane Harper: triple homicide dans un village assoiffé de clim

POCHE «Canicule», le premier roman à succès de Jane Harper sort le 2 mai au Livre de Poche (448 p., 8,20€).

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«Canicule» par Jane Harper au Livre de Poche (448 p., 8,20€).
«Canicule» par Jane Harper au Livre de Poche (448 p., 8,20€). — Livre de poche/20 Minutes

Les lectures coups de cœur, ça se partage. Notre communauté vous recommande chaque jour un nouveau livre. Aujourd'hui, «Canicule» par Jane Harper au Livre de Poche (448 p., 8,20€).

Le soleil brille pour les polars ruraux depuis quelques années. Mais jamais il n’a tapé aussi fort que dans le Canicule de Jane Harper.

Ma citation :

Beaucoup ici continuent de me voir comme un type fraîchement débarqué. Tu es né et tu as grandi ici, ou bien tu es un étranger et tu le resteras toute ta vie, c’est apparemment comme ça qu’on voit les choses à Kiewarra.

Pourquoi ce livre ?

Pour la scène d’ouverture, avec ses mouches bleues qui grouillent sur les cadavres de la famille Hadler : Karen, la mère, Bill l’enfant, et Luke le père qui se serait suicidé après les avoir abattus. Les araignées redback et les serpents tigres attendent leur repas. Le sud australien est hostile et l’enquêteur Aaron Falk n’y est pas le bienvenu.

Parce que Canicule douchera vos envies de Wwoofing en Australie. Pour faire de son premier roman un modèle de polar rural, Jane Harper a sorti du bush une jolie brochette de bouseux sectaires et violents. Ruinés, ils n’intéressent plus que les investisseurs chinois prêts à racheter leur terre contre une bouchée de pain. Et deux flics un peu plus déterminés que la moyenne.

Parce que la chaleur est insoutenable dans ce roman. Kiewarra est confronté à une sécheresse postapocalyptique comme on n’en a pas décrit depuis J.G. Ballard. Vingt-quatre mois qu’on n’a pas sorti son K-Way dans ce bout de terre paumé sous la Croix-du-Sud. Ce n’était pas la bonne année pour planter des blettes.

Parce que l’intrigue tient en deux mots sujets à interprétation. Un nom griffonné par une ado sur une feuille blanche, qui vaut condamnation. Un autre, retrouvé sur un mauvais thriller à la bibliothèque, qui précipite l’enquête. Comme le fait le lecteur à chaque polar, le flic cherche à trouver un coupable derrière quelques lettres. Harper en joue, multiplie les fausses pistes et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Un agriculteur qui tue sa famille avant de se donner la mort, rien de nouveau sous le soleil brûlant de Kiewarra. Pourtant le père du tueur présumé réussit à convaincre un enquêteur à la financière, de creuser l’affaire. Son arrivée jette un froid en pleine canicule.

Les personnages. Aux commandes de l’enquête, Aaron Falk, un albinos pas vraiment à sa place dans ce brasier. D’autant qu’on le soupçonne d’avoir tué vingt ans plus tôt une adolescente du bled. L’ambiance est à la circonspection, un peu comme quand tu découvres que c’est David Hasselhoff ton capitaine de soirée.

Les lieux. Au sud de Melbourne, Kiewarra, village tellement à sec que la moindre étincelle peut l’embraser.

L’époque. Un siècle et demi après l’idée de génie de Thomas Austin, le Jean de Florette local, qui a décidé d’importer 12 couples de lapins sur l’île. Quelques copulations plus tard, ils sont 200 millions et offrent aux habitants de Kiewarra la seule vraie raison de sortir de leur terrier de temps en temps.

L’auteur. Mancunienne de naissance, australienne d’adoption, Jane Harper a décroché la timbale avec son premier roman Canicule (The Dry), best-seller international qui intéresse Hollywood. Sorti en poche en mai, il est présélectionné pour Le Prix des Lecteurs 2018 du Livre de poche.

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Ce 2min' a été préparé dans les locaux de la Clim par Laurent : « Lecteur de pages de journal à titre professionnel. Les livres ne me font plus peur. »

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