Nothomb, Moix, Adam... On connaît déjà les livres les plus attendus de la rentrée littéraire

RENTREE LITTERAIRE Parmi les centaines de sorties de romans programmés pour les mois d’août et septembre, les livres les plus attendus sont ceux de plumes déjà bien connues

Marie Gicquel

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Amélie Nothomb publie son 28ème roman «Soif» où elle donne la parole à Jésus...
Amélie Nothomb publie son 28ème roman «Soif» où elle donne la parole à Jésus... — Albin Michel

Lors de la dernière rentrée littéraire, en janvier, un auteur avait tout éclipsé. Michel Houellebecq et sa Sérotonine. La rentrée de septembre 2019 est plus équilibrée avec son lot d’auteurs abonnés.

La plume crucifiée
Amélie Nothomb, Soif (Albin Michel)

Elle le présente comme « le roman de sa vie » et son éditrice comme « un choc ». L’auteure belge concède être sortie épuisée de la rédaction de ce roman consacré à la vie de Jésus, à la "passion du Christ". Son dernier ouvrage Les prénoms épicènes fût l’une des meilleures ventes de la rentrée 2018 (Avec le prix Goncourt, Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu et La Vraie vie d’Adeline Dieudonné).

La plume malade : Sorj Chalandon, Une joie féroce (Grasset)

L’auteur aux multiples prix littéraires – Son Quatrième Mur avait conquis les lycéens (Prix Goncourt des lycéens en 2013) – et journalistiques (Prix Albert Londres) revient avec Une joie féroce. Avec ce bel exemple d’oxymore comme titre, Sorj Chalandon annonce le destin de son héroïne solaire : une bonne pâte "qui salue jusqu’aux réverbères" et qui va devoir se battre contre le cancer.

La plume endeuillée : Éric-Emmanuel Schmitt, Journal d’un amour perdu (Albin Michel)

"Aujourd’hui Maman est morte". Cette phrase vous rappelle sans doute l’introduction la plus connue de la littérature française signée Albert Camus et son Etranger. Ici, Eric-Emmanuel Schmitt nous livre un journal de deuil, un écrit autobiographique qui prend la forme d’une graphothérapie.

La plume mélancolique : Yann Moix, Orléans (Grasset)

L’ancien chroniqueur polémique d’On n’est pas couché raconte son enfance, en deux temps : le dedans (la maison familiale) et le dehors (l’école, les copains et les copines).

La plume uchronique : Laurent Binet, Civilizations (Grasset)

Et si Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique et que des années plus tard, les Incas avaient envahi l’Europe ? Très attendu après sa fiction sur Roland Barthes, La septième fonction du langage(Prix du roman Fnac et prix Interallié) Laurent Binet, passionné d’Histoire (on a pu le constater aussi dans HHhH) propose avec Civilizations, le récit « d’une mondialisation renversée ».

La plume voyageuse : Alexis Michalik, Loin (Albin Michel)

Son nom est apposé aux titres des pièces à succès Edmond  (adaptée au cinéma cette année) et Le porteur d’histoire. Le scénariste franco-britannique publie un premier roman pensé comme un road-book. Le héros part sur les traces de son père disparu après avoir laissé quelques mots sur une carte postale.

La plume désillusionnée : Olivier Adam, Une partie de badminton (Flammarion)

En parlant de carte postale, l’intrigue d’Alexis Michalik rappelle celle du premier roman d’Olivier Adam, Je vais bien, ne t’en fais pas. Convié à cette partie de badminton, Paul Lerner, un écrivain paumé, dont les livres ne se vendent plus beaucoup, de retour dans sa Bretagne natale.

La plume enfermée : Jean-Paul Dubois : Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier)

Ses personnages sont abonnés au « pas d’chance ». Jean-Paul Dubois ne déroge pas à cette règle avec son nouveau roman. Il nous invite dans une cellule de prison près de Montréal où Hansen, le héros purge sa peine depuis deux ans. Il revient sur l’enchaînement de mésaventures qui l’a conduit à l’enfermement.

La plume connectée : Jean-Philippe Toussaint, La clé USB (Minuit)

L’écrivain change complètement de registre dans ce nouveau roman. Oubliez les huis clos, l’intrigue se passe ici à la Commission européenne où des lobbyistes sont en pleine opération séduction.

La plume de l’actualité : Marie Darrieussecq, La mer à l’envers (P.O.L.)

L’autrice de Truismes se saisit du calvaire des migrants avec cette mer mi-paisible, mi-dangereuse, cela dépend du point de vue. Rose, en pleine croisière avec ses deux enfants, croise Younès, un migrant nigérian, en route sur une embarcation de fortune vers l’Angleterre. Voici par quoi débute le 18e roman de l’auteure, déjà couronnée en 2013 par le Prix Médicis.

Rendez-vous dès la mi-août pour découvrir les centaines de livres qui accompagneront cette sélection.