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Un petit tour à Lambé ?« L’Apologie, elle a très bien vieilli »… Matmatah a toujours la ouache

« L’Apologie, elle a très bien vieilli »… Vingt-cinq ans après, Matmatah a toujours la ouache

Un petit tour à Lambé ?Propulsés par leur premier album à la fin des années 1990, Tristan Nihouarn et sa bande sont toujours sur scène pour distiller un rock celtique qui avait bien failli mourir
Tristan Nihouarn, alias Stan, est le leader et chanteur de Matmatah, groupe fondé en 1995 à Brest et qui continue de remplir des zéniths vingt-cinq ans après ses débuts.
Tristan Nihouarn, alias Stan, est le leader et chanteur de Matmatah, groupe fondé en 1995 à Brest et qui continue de remplir des zéniths vingt-cinq ans après ses débuts.  - S. Edmond/Sipa / Sipa
Camille Allain

Propos recueillis par Camille Allain

L'essentiel

  • Séparé pendant neuf ans, le groupe brestois Matmatah a retrouvé le devant de la scène depuis 2017 et un retour remarqué par les fans.
  • Le groupe connu pour son rock celtique a sorti un très bon disque « Miscellanées bissextiles » qu'il défend sur les plus grandes scènes françaises.
  • Sorti en 1998, l'album La Ouache continue de faire danser et chanter des fans de tous âges, qui hurlent les paroles de L'Apologie ou Lambé an dro.

C’était un autre millénaire. Un été où la France se plaisait à chanter et à danser, dans l’euphorie de son premier titre de champion du monde de football. Au milieu d’une décennie qui vibrait au son des riffs de Noir Désir et de Louise Attaque, un groupe de gamins s’est taillé une place inattendue dans la famille du rock français. Avant même le succès du rap celtique de Manau, le groupe Matmatah inventait un style qui n’existait pas vraiment, en mélangeant rock français et musique traditionnelle bretonne, dépoussiérant un style alors en léger regain de forme. Un vrai coup de maître. Vingt-cinq ans plus tard, toute une génération connaît encore par cœur les paroles de L’Apologie, de Lambé an dro ou d’Emma qu’elle se plaît à hurler tard dans les bals de mariage.

Après une séparation annoncée en 2008, Matmatah avait décidé de reprendre le chemin de la scène et des studios en 2017 pour sortir un cinquième album et constater que son public était toujours là. Chahutée par la pandémie de Covid-19, la préparation du sixième opus Miscellanées Bissextiles aura pris quatre ans à la formation brestoise, qui le défendra sur la scène du Liberté, à Rennes, ce samedi, avant d’aller à Bordeaux, Nantes et Lille. Le style a évolué mais l’ADN du rock celtique est toujours là, comme imprimée dans le sang des anciens et nouveaux membres du groupe. Leader charismatique de Matmatah, Tristan Nihouarn, alias Stan, a partagé ses souvenirs avec 20 Minutes.

Le Matmatah de 2023, vous le décririez comment ?

Je crois qu’il a toujours de l’énergie. Ça fait presque trente ans qu’on joue donc on aurait pu baisser un peu. On avait canalisé un peu l’énergie mais on a fait évoluer le groupe avec l’arrivée de Julien Carton (au piano) et de Léo Riou (guitare). Lui, il est plus jeune, il nous a mis un gros coup de pied au cul. C’est le premier membre qui est né après la création du groupe. Quand on l’a rencontré la première fois, il n’avait que trois mois. C’est Jean-Pierre Riou (chanteur du groupe Red Cardell), son père, qui le tenait dans les bras. Quand on a vu ce bébé ce jour-là, on s’est pas dit que ça allait devenir notre futur guitariste. Mais il nous a fait du bien.

Vous fêtez les 25 ans de l’album La Ouache cette année. C’est là que tout a commencé…

C’est un album qu’on trouve assez attendrissant, parce qu’il a des défauts. Et c’est peut-être ce qui a plu au public aussi. C’est un album qu’on a enregistré très tôt, alors qu’on était à la limite d’être prêts pour enregistrer. Ce disque, il a ses défauts mais il a son charme aussi. C’est un album qui parle aux gens, qui collait à une époque.

En fouillant les archives, on a retrouvé cette pépite datant du 3 octobre 2000 avant un concert à Quimper. Look soigné, appareil photo argentique... Matmatah était déjà là.
En fouillant les archives, on a retrouvé cette pépite datant du 3 octobre 2000 avant un concert à Quimper. Look soigné, appareil photo argentique... Matmatah était déjà là. - E. Pain/AFP

Ce premier album, c’est Framboisier qui l’a produit ?

Mais oui ! Claude Chamboissier de son vrai nom (décédé en 2015). Alors nous, on le connaissait comme membre des Musclés, mais à la base, c’est un producteur de zik. Il a quand même produit des albums de grands noms comme Fleetwood Mac. C’est le seul qui avait réussi à nous enregistrer. On était un groupe hyper jeune. Ce n’est pas évident de se mettre en studio pour sortir un album. Il a essayé de nous faire jouer correctement.

Vous posiez la question de la légalisation du cannabis dans L’Apologie. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

En fait, rien n’a avancé sur cette question donc la chanson est toujours d’actualité. On la joue toujours parce qu’elle a très bien vieilli et qu’elle résonne toujours. Le sujet de la légalisation revient régulièrement sur le devant de l’actualité. Il y a juste la phrase : « l’an 2000 approchant » qui est un peu bizarre dans le texte. Mais on ne l’a pas changée, on n’a pas voulu. Je me dis juste qu’on sera bien emmerdés quand ce sera légalisé.

Vous n’êtes pas lassés de jouer ces vieux titres ?

On joue encore les indéboulonnables, des morceaux qu’il faut faire sur scène. Il ne faut pas cracher dans la soupe. C’est vrai que ces morceaux, musicalement, nous, on en a fait le tour. Mais quand on les joue sur scène, le spectacle est pour nous, c’est le public qui nous l’offre. Quand on envoie un accord de mi et qu’on voit le public sauter, on se dit que c’est cool. Nos concerts, c’est un mélange de plein de périodes différentes, de nouveaux morceaux, de trucs plus anciens. Et puis étonnamment, tout ça est assez cohérent.

Vous dîtes toujours à Fanch de mettre la ouache ?

C’était un message à notre batteur de l’époque. Ça voulait dire : « Mets la patate Fanch ». Maintenant, c’est « Mets la ouache Scholl » parce que notre batteur s’appelle comme ça. Ça fait partie de la chanson, on ne peut pas l’enlever.

Vous avez décidé d’ouvrir votre album « Miscellanées bissextiles » avec un titre de 19 minutes. C’est osé, non ?

D’un point de vue marketing, c’est une véritable aberration ! Mais on avait envie d’exploser les formats, parce qu’on a mis beaucoup de temps pour faire cet album. Ce n’est pas évident parce que quand tu joues vingt minutes, il faut quand même retomber sur ses pieds à la fin. C’est le premier morceau sur lequel on a travaillé et c’est le dernier qu’on a terminé. Quand on s’est retrouvés avec un morceau comme ça, on s’est dit qu’on allait l’assumer à fond et le mettre au début de l’album.

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Sur cet album, vous signez « Brest-Même » qui est très écouté ? Vous cherchiez un nouveau tube ?

A une époque oui, on a cherché. Mais en général, on se plante quand on essaye de faire un single sur mesure. Là, on avait envie de faire un morceau sur Brest. J’ai récupéré un peu toutes mes notes. Ce n’est pas la première chanson sur Brest, Miossec l’avait très bien fait. Je ne sais pas si c’est un tube mais quand on la joue, on voit que les gens la connaissent. Régulièrement, on a eu des morceaux comme ça qui ont bien marché comme « Au conditionnel » ou « Les cerises ». Tu ne sais pas vraiment pourquoi ceux-là.

Il y a un morceau qui traite du rhume des foins. C’est un coup de gueule perso ?

Oui c’est une chanson engagée autobiographique. Je me suis rendu compte que ça concernait plein de monde ! Il y a plein de gens qui viennent me dire : « c’est l’histoire de ma vie ». A une époque, je refusais même de tourner en juin parce que c’était trop la merde. Le rhume des foins, c’est un vrai handicap quand on est chanteur. Mais c’est mieux maintenant, avec l’âge, ça s’est amélioré.

Fondé en 1995 à Brest, le groupe Matmatah s'était séparé en 2008 avant de se reformer neuf ans plus tard pour remettre la ouache.
Fondé en 1995 à Brest, le groupe Matmatah s'était séparé en 2008 avant de se reformer neuf ans plus tard pour remettre la ouache.  - L. Urbain

Vous jouez à Rennes ce samedi. C’est toujours la Bretagne pour vous ?

Mais oui ! Rennes, c’est une ville dans laquelle on aime bien jouer. C’est un public qu’on aime bien, qui est assez chaud. Mais il y a quand même quelques aberrations de langage de temps en temps. Quand on parle de galette par exemple. Chez nous (dans le Finistère), ça n’existe pas. Ce sont des crêpes de blé noir.

Vous avez annoncé une date en 2025 à Paris pour vos 30 ans. Ce sera la dernière ?

Ah non, pas du tout. C’est histoire de fêter les 30 ans. On a pas mal tourné pendant tout ce temps en France, en Suisse, en Belgique. L’idée de jouer à Paris, c’était de donner rendez-vous à tout notre public en choisissant un lieu un peu central. Quand on a commencé le groupe dans les bars à Brest, on ne pensait pas qu’un jour on fêterait nos 30 ans à Bercy.

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