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ENGAGEMENTVingt-cinq après son lancement, le Woodstower est-il toujours aussi écolo ?

Vingt-cinq ans après son lancement, le festival Woodstower est-il parvenu à rester écolo ?

ENGAGEMENTDepuis sa création, en 1997, le festival de musique Woodstower, qui se déroule chaque année fin août, a à cœur de s’impliquer pour limiter son impact sur l’environnement
Le Woodstower se déroule depuis 2005 au grand parc Miribel Jonage, dans la métropole lyonnaise, date qui marque « un vrai tournant dans l'engagement développement durable du festival », selon son directeur Maxime Noly (Illustration)
Le Woodstower se déroule depuis 2005 au grand parc Miribel Jonage, dans la métropole lyonnaise, date qui marque « un vrai tournant dans l'engagement développement durable du festival », selon son directeur Maxime Noly (Illustration) - B. ROBERT / Woodstower
Elise Martin

Elise Martin

L'essentiel

  • En 1997, le Woodstower était un festival de musique précurseur en se voulant un événement « respectueux de l’environnement ». Aujourd’hui, il affirme faire partie du « top 5 » des festivals écolo de France.
  • Même si le festival a grandi, en années et en taille, il reste aujourd’hui attaché à ses valeurs de départ, cherchant à chaque édition à développer de nouvelles actions autour de tous les aspects du développement durable.
  • 20 Minutes a alors cherché à savoir comment l’un des plus vieux festivals de musique écologique a-t-il su rester fidèle à ses valeurs de départ.

Son histoire a commencé comme celle de beaucoup d’autres. A la fin des années 1990, une bande de copains décident de faire une soirée dans les bois pour célébrer l’anniversaire d’un d’entre eux et vingt-cinq ans plus tard, l’événement réunit des dizaines d’artistes et près de 45.000 personnes. Pourtant, le Woodstower se démarque dès sa création par sa volonté d’organiser un festival plus respectueux de l’environnement.

Un engagement qui se concrétise en 2005, lorsqu’il se délocalise à 15 km du centre de Lyon, au Grand Parc de Miribel Jonage, dans une zone naturelle de 2.200 hectares, classée Natura 2000. Depuis, ce rendez-vous musical œuvre chaque année pour développer de nouvelles actions autour de tous les aspects du développement durable. Cette année encore, pour sa 24e édition, qui débute ce mercredi et qui dure jusqu’à dimanche, l’événement poursuit sa démarche et reste précurseur dans le domaine des festivals de musique écolo.

Woodstower, terrain d’expérimentations

« Du transport à l’assiette, des déchets à l’énergie tout est mis en place pour faire de la fête un événement durable, vertueux et fédérateur ! », est-il écrit dans le communiqué du Woodstower pour cette nouvelle édition. Ainsi, une station de vélo libre service est mise spécialement en place pour l’événement, des convois entre cyclistes sont prévus, les transports en commun sont adaptés et le covoiturage est encouragé. Au niveau de la restauration, 90 % des produits sont bio et locaux, l’huile de cuisson est récupérée et cette année, 100 % des snacks sont végétariens.

« On a des toilettes sèches, une brigade qui sensibilise et ramasse les déchets et les mégots. L’eau potable est en accès libre, ce qui a permis la suppression de près de 35.000 bouteilles en plastique, poursuit le directeur. Niveau scénographique, elle est conçue à partir de matériaux recyclés ou ressourcés. On a évidemment des gobelets consignés. Le mobilier provient d’Emmaüs. On fait attention à tous les détails pour réduire nos émissions carbone, jusqu’à l’impression des affiches. » Le festival favorise ainsi les prestataires locaux. Et pour aller plus loin dans la démarche, il propose pour la troisième édition, un écovillage, ouvert à tout le monde, avec des conférences et des ateliers pour « sensibiliser le public à des sujets environnementaux mais aussi sociétaux ».

Pourtant, malgré tous ces engagements, « tout n’est pas parfait », convient Maxime Noly, conscient « des marges de progression à faire ». Il cite notamment « la problématique de la vaisselle jetable » ou « le sujet de l’électricité ». Le site ne pouvant pas se raccorder au réseau, Woodstower est en « transition écologique » en partenariat avec Enedis pour utiliser de l’énergie d’une batterie, chargée grâce à des panneaux solaires, et en finir avec les groupes électrogènes. « Un des autres axes de développement, ce sont le cas des artistes, ajoute l’organisateur. Aujourd’hui, notre programmation est composée à 40 % de personnalités qui proviennent de la scène locale. On peut encore faire mieux. »

L’identité du festival Woodstower perdure au fil des années

Même si le Woodstower célèbre sa 24e édition cette année, son identité centrée sur le développement durable perdure depuis toujours. « A l’époque, c’était une évidence pour les organisateurs mais c’était très précurseur, explique le directeur actuel. Le challenge, c’est justement de garder, au fil des éditions, cette flamme historique et fondatrice pour rester fidèle à l’âme du projet initial. » Les organisateurs ont alors créé une charte éthique il y a quelques années pour « poser un cadre ».

« C’est aussi essentiel pour nous que pour les bénévoles et les festivaliers, assure Maxime Noly. L’engagement est très marqué dans nos équipes qui s’impliquent avant tout pour ces valeurs et continuer à les faire vivre à travers ce projet. Des dernières années, de nombreuses personnes qui ont acheté un billet ont mentionné comme raison, la volonté de participer à un événement musical écologique. »

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Loin des statistiques du We Love Green ou du Cabaret Vert avec respectivement 100.000 et 125.000 festivaliers, le Woodstower a atteint 43.000 spectateurs pour sa 23e édition. « Pour nous, c’est bien assez, assure Maxime Noly. La volonté d’un événement comme celui-ci est plutôt de toujours vouloir grossir mais nous, on pense que d’un point de vue développement durable, ça n’a pas de sens. Est-ce qu’avoir 40.000 personnes par jour, c’est vraiment écoresponsable ? Pour continuer d’être ce qu’on est aujourd’hui, on prône plutôt le fait d’avoir une jauge raisonnée ». C’est ce que préconise également Shift project, dans son rapport publié en novembre 2021 pour « décarboner la culture ».

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