Météo, romantisme... «20 Minutes» a analysé «Arc-en-ciel», le morceau surprise de Booba

RAP Le Duc vient de signer un titre plus sentimental que jamais

C.W.

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Booba se livre dans «Arc-en-ciel».
Booba se livre dans «Arc-en-ciel». — SADAKA EDMOND/SIPA
  • Booba a dévoilé son nouveau morceau « Arc-en-ciel » mercredi.
  • « 20 Minutes » vous propose de s’attarder quelques minutes sur ce morceau très sentimental.

Quand Booba n’accuse pas « la chatte à ta mère » du réchauffement climatique, il peut signer des morceaux d’une rare sentimentalité. Mercredi, le Duc a révélé un tout nouveau titre, Arc-en-ciel, un piano-voix chanté aussi doux que surprenant, qui a ravi de nombreux fans, touchés par cet instant de grâce.

Le rappeur aurait-il pris le chemin de la sagesse ? Les histoires de bagarre lui ont-elles permis de se recentrer sur lui-même, et sur l’essentiel ? 20 Minutes vous propose de vous attarder quelques instants sur les paroles d’Arc-en-ciel.

Romantisme et météo

Pour commencer, arrêtons-nous sur ce titre qui sonne comme une petite douceur sucrée. Booba nous avait habitués à des OKLM, Scarface, Boulbi et autre Kalash, et là bam, Arc-en-ciel. Un petit clin d’œil à Mariah Carey ? Loin d’être un simple artifice, le rappeur va filer la métaphore de l’arc-en-ciel du début à la fin du morceau.

« Le temps est compté, ne brisons pas nos cœurs/Pas l’temps de faire les lovers/Dis-moi c’que tu veux vite, décide-toi, dessine-moi, dessine-moi/Je suis de toutes les couleurs », entonne-t-il dans le premier couplet. Notons d’ailleurs un certain paradoxe. D’un côté le mec dit « pas l’temps de faire les lovers » et de l’autre il propose de se faire dessiner de toutes les couleurs… Si ce n’est pas romantique, ça.

Dans le refrain, B2O poursuit son délire de l’arc-en-ciel, mais sur un aspect beaucoup plus météorologique. « L’orage est fini, tu me souris, tu sais que je n’suis plus très loin/Bébé, je t’amène un souvenir de l’infini, ton arc-en-ciel est en chemin/Je n’s’rai pas là longtemps, non/Juste après la pluie, le temps d’un rayon de soleil/Profitons-en, je n’prendrai ni ton temps, ni ton cœur, ni ton oseille ». Ici, le phénomène météo est utilisé afin de décrire l’impermanence, l’instabilité, la fragilité des choses. Autre fait notable, le rappeur renonce exceptionnellement à ses penchants capitalistes quand il précise « je n’prendrai ni ton temps, ni ton cœur, ni ton oseille ». Un détail ou un indice sur son état d’esprit actuel ?

Partout et nulle part

Avec Booba, on ne sait jamais trop sur quel pied danser. Si l’on tient compte du premier couplet et du refrain, on se dit « OK, le Duc s’est posé sur une plage de Miami avec une guitare au coucher du soleil, et a déclaré sa flamme en chanson » (un grand classique qui a fait ses preuves). Mais le second couplet brouille sensiblement les pistes : « On va limiter la casse, pas de réparation/Aucune attache, pas de séparation/On s’est connus, on s’est promus sur une application/Je partirai comme j’suis venu : sans une explication ». Si on comprend bien, son couple ne va pas si bien que ça, non ? Mais ne bougez pas, ça prend une autre tournure après.

« Souffrir de l’amour n’est pas une obligation/Tu en trouveras une mieux, tu es si joli garçon/Toutes ces couleurs à mon arc, tellement d’imagination/Pour ce monde, j’ai trop de défauts de fabrication ». Mais qui es-tu Booba ? Tu aimes, tu quittes, tu conseilles.. Tu es à la fois partout et nulle part ? Tu es l’amour, la haine, le début et la fin ?

La période « arc-en-ciel » de Booba ?

Si Arc-en-ciel a surpris et ravi les fans du Duc, ce morceau sentimental n’a au final rien de bien étonnant. Si on prend un peu de recul sur les six derniers mois, Booba s’est montré particulièrement sensible, en révélant certains titres, et en en clippant d’autres. On pense notamment à BB à l’automne 2018, où il expliquait que sa « carapace » était « intacte », mais « le cœur est accidenté ». Ou encore au clip de Petite fille, une belle déclaration à sa petite Luna.

Le rappeur présente en permanence une personnalité et une œuvre plus complexe qu’on ne le pense : côté pile, le bagarreur prêt à en découdre sur un octogone, côté face, le père de famille lover. Ou s’agirait-il de la période « arc-en-ciel » de Booba, une parenthèse de douceur, de punchlines et d’émotions ?