VIDEO. Musique: On vous présente Trinix, le duo lyonnais d'électro aux 100 millions d’écoutes sur le web

MUSIQUE Loïs Serre (20 ans) et Josh Chergui (26 ans) forment Trinix, un duo de musiques électroniques lancé à Vénissieux (Rhône)… Après son carton sur Internet, le groupe a publié vendredi son premier album « Mayday »…

Jérémy Laugier

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Loïs Serre et Josh Chergui viennent de publier vendredi, avec Trinix, leur premier album.
Loïs Serre et Josh Chergui viennent de publier vendredi, avec Trinix, leur premier album. — Clémentine Hoch
  • Trinix vient de publier le 12 octobre Mayday, son premier album électro.
  • Un « projet abouti » sous forme de tournant pour les jeunes Vénissians Loïs Serre (20 ans) et Josh Chergui (26 ans), dont les sons ont avant cet opus rassemblé plus de 100 millions d’écoutes sur Internet.
  • 20 Minutes a longuement rencontré la semaine passée le rafraîchissant duo, qui s’est souvenu de ses débuts « naïfs » dans l’univers de la musique assistée par ordinateur (MAO).

Les « bébés de SoundCloud » ne sont pas peu fiers d’avoir fait leur apparition à la Fnac vendredi. Après avoir atteint plus de 100 millions d’écoutes de leurs morceaux sur le Web, le duo vénissian Trinix vient en effet de publier son premier album électro Mayday. « On nous répète qu’on est connu que sur Internet donc on a pris le pari de sortir notre projet en format physique. Là, ça devient vraiment concret », souligne Josh Chergui (26 ans), l’un des deux fondateurs du groupe.

En 2008, son meilleur ami lui parle de son petit frère, Loïs, alors âgé de 10 ans, lui aussi passionné de musique et sur le point d’entrer à la maîtrise de l’Opéra de Lyon. Dès leur première rencontre… « à la kermesse de CM2 » de Loïs Serre, le duo évoque la musique assistée par ordinateur (MAO). Il se retrouve alors chaque week-end et s’amuse à poster des premiers sons sur SoundCloud en indiquant « Josh et Loïs Production ».

« Découvrir la MAO avec Josh à ce moment-là, c’était libérateur »

« Et c’était nul, tout simplement », se marre Josh, qui prend dans le même temps des cours de scratch dans une MJC de Vénissieux puis devient étudiant à l’école de DJ lyonnaise de l’UCPA. Des prémices lointaines d’un « premier projet abouti » restées chères à Loïs : « Mon collège était très très strict, il fallait avoir les cheveux courts. C’était Les Choristes quoi, et je n’accrochais pas du tout. Découvrir la MAO avec Josh à ce moment-là, c’était libérateur. » Mais au fait, pour les puristes dont nous faisons partie, comment définir au juste les méthodes de cette fameuse MAO ? Loïs s’y colle.

« On peut rassembler des milliers d’influences sur une seule piste grâce aux musiques électroniques. Aujourd’hui, avec un ordinateur, une paire d’écouteurs, et éventuellement un petit clavier, on peut faire une musique, et même beaucoup d’instruments virtuels. Avec un seul clavier, on va avoir accès à des milliards de bandes de sons pour jouer violon, piano, guitare… »

« J’aimerais bien chanter mais Loïs m’a toujours bridé de ouf »

Josh Chergui et Loïs Serre entrent donc petit à petit, via la MAO, dans le monde de la musique. Avec une problématique majeure : comment trouver la/les voix pour accompagner leurs sons ? « Perso, j’aimerais bien chanter mais Loïs m’a toujours bridé de ouf », lance Josh. « Oh non, il faudrait acheter Auto-Tune [logiciel correcteur de tonalité] », chambre Loïs à ses côtés. Le duo part donc en quête d’une solution sur le Web.

« C’est étrange, cette impression d’acheter une voix sur Internet, et c’est surtout compliqué de s’expliquer par mail », indique Josh. La « grande naïveté » de Trinix va les orienter vers d’autres voies, valant au groupe d’être contacté par la maison de disque d’Adèle après avoir utilisé sa voix pour un remix d’Hello ayant atteint des centaines de milliers de vues sur YouTube en quelques jours.

« On n’avait pas de chanteuse, donc autant prendre Adèle ! »

« On faisait avec les moyens du bord, se souvient Josh. On n’avait pas de chanteuse, donc autant prendre Adèle ! » « On est entré dans ce milieu les yeux fermés, poursuit Loïs. On n’avait aucune idée de ce qu’était la Sacem par exemple. » Trinix est alors surpris de recevoir pour la première fois 100 euros de Spotify. « En vrai, on avait mis notre son sur iTunes et Spotify seulement pour la classe, confie Josh. On ne savait pas qu’on pouvait gagner de l’argent par ce biais-là. »

Un succès « virtuel », favorisé par le partage de chaînes YouTube influentes, auquel se sont habitués les jeunes Vénissians. « On ne voit pas ces fans donc on ne se rend pas vraiment compte de tout ça, décrypte Loïs. On sait qu’on fait 2 ou 3 millions d’écoutes en un mois. Spotify fournit même un récapitulatif amusant, qui nous permet de réaliser qu’avec ces écoutes, on pourrait remplir 30 fois Wembley ou 70 fois le Madison Square Garden ! »

De la Maison Mère au festival Garorock

Tout s’accélère pour Trinix en 2016, avec les approches de plusieurs majors dont Sony Music (Mayday est sorti chez Smart), mais aussi grâce à l’invitation d’une organisatrice d’événements à New York, afin de jouer dans une de ses soirées privées. Grâce aux réseaux de nouveaux contacts américains, l’enregistrement d’un EP à New York va suivre, tout comme les premières collaborations avec des chanteurs. Après un premier concert en 2014 avec DJ Fly à la Maison Mère (Lyon 1er), le duo rhodanien enchaîne des dates prestigieuses, comme le festival Garorock devant plusieurs milliers de spectateurs (2017) ou la première partie de Redman et Method Man, deux « modèles » pour Josh au Transbordeur en 2015.

« J’avais un contrôle de SVT le lendemain et je me rappelle que je devais donc aussi réviser ce soir-là », sourit Loïs. Mais même la sortie dans les bacs de Mayday, finalisé dans un studio de Los Angeles, pourrait ne pas suffire à convaincre certains proches qu’il ne s’agit « pas que d’un loisir ». « Ma mère m’a encore récemment proposé de travailler au McDo », sourit Josh Chergui, avec une dérision qui va jusqu’au choix du style musical de Trinix. « On a inventé le concept de ''badbiance'' car on nous dit que nos chansons sont rythmées et mélancoliques. C’est bad mais ça met l’ambiance, quoi ! »

Pour fêter la sortie de son premier album (20 titres), Trinix propose un concert gratuit sous forme de « Release Party », le jeudi 25 octobre (20h30) au Ninkasi Kafé (Lyon 7e). Plus d’infos ici.