L'Ile-de-France se met à la musique de film avec un nouveau studio, inauguré ce mercredi

CINEMA Un nouveau studio, créé pour accueillir des enregistrements pour le cinéma, est inauguré ce mercredi à Alfortville (94)...

Claire Barrois

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Le directeur artistique vérifie que le son enregistré colle bien à l'image de «Minuscule 2» dans la cabine du studio.
Le directeur artistique vérifie que le son enregistré colle bien à l'image de «Minuscule 2» dans la cabine du studio. — ONDIF(c)Christophe Urbain
  • La région Ile-de-France a quasiment entièrement financé la création d'un studio à Alfortville destiné à l'enregistrement de musique pour le cinéma.
  • Ce studio a pour but de faire rester les productions en France pour toutes les étapes de la création d'un film.
  • 20 Minutes a assisté au premier enregistrement dans ce studio, celui de la musique du film Minuscule 2.

L’Ile-de-France a pour ambition de devenir LA région du cinéma. Résultat de cette volonté affichée, le Studio, inauguré ce mercredi. Financé à hauteur d’un million d’euros (sur 1,2 million au total), le bâtiment qui accueille les répétitions de l’ Orchestre national d'Ile-de-France (Ondif) a été pensé pour accueillir les enregistrements de musiques de films. 20 Minutes a assisté à l’enregistrement de la musique du dessin animé Minuscule 2 et en a profité pour faire un tour des salles du Studio.

Interdiction de faire le moindre bruit dans la grande salle, celle où l’orchestre enregistre la bande-son du dessin animé. Pour cause, en cinq jours, la centaine de musiciens doit produire une heure et demie de musique parfaitement collée à l’action et aux intentions des réalisateurs. Les micros étant sensibles, un éternuement ou une page tournée un peu trop hâtivement mettraient en péril la séquence. La concentration est intense.

Une musique à caler sur l’image

Casque sur les oreilles, les musiciens entendent un clic, qui leur donne la pulsation pour jouer exactement sur l’action du dessin animé. Leur chef a d’ailleurs un écran pour se caler sur l’image. Et dans son casque, en plus du clic, il entend le directeur artistique, Clément Cornuau, qui lui parle depuis la cabine. Il vérifie, prise par prise, que tout est propre. Et le bras droit du compositeur n’hésite pas à faire répéter des prises, toujours avec une nouvelle indication, comme une note à appuyer pour rythmer la séquence. C’est aussi lui qui décide si l’orchestre peut passer à la séquence suivante

A côté de l’auditorium se trouve un autre studio, plus petit. « Les deux salles enregistrent simultanément afin de faire des pistes plus propres, explique Fabienne Voisin, la directrice générale de l’Ondif. Aujourd’hui, nous avons la percussion dans une salle, l’orchestre dans l’autre. Ça permet d’isoler le son de la percussion, et donc de mieux le travailler. »

50 % des tournages français en Ile-de-France

« Le studio est né d’un constat, il y a quatre ans : 50 % des tournages français se font en Ile-de-France, mais le son est enregistré en Belgique, en Angleterre, en Europe centrale… pour des raisons financières et technologiques, poursuit Fabienne Voisin C’était un défi, parce que, quand nous nous sommes renseignés, on nous a aussi dit que les conditions d’accueil n’étaient pas à la hauteur. Les musiciens n’avaient pas assez envie de s’impliquer en France. » Du coup, la directrice de l’orchestre a trouvé une solution

« J’ai imaginé, avec Alexis Labat, un accord d’entreprise coécrit avec les musiciens de l’orchestre pour être immédiatement compétitifs sur ce terrain-là, ajoute Fabienne Voisin. Il nous fallait ensuite un studio. Nous avons consulté une cinquantaine de professionnels à qui on a demandé leurs conditions de service, technologiques pendant trois ans. En finale de l’appel d’offres, on avait deux projets complémentaires qu’on a demandé à mutualiser. »

Quatre promesses d’enregistrement

Le carnet de commandes du studio est-il plein ? Non, mais « nous avons déjà quatre promesses d’enregistrements sur l’année, pour l’orchestre ou uniquement la location du studio, pour de la musique ou du cinéma », ce qui semble entièrement satisfaire la direction de l’orchestre pour le lancement du studio. D’autant, qu'« avec l’Ondif, on a un grand symphonique très compétitif ». Qui ne demande qu’à faire ses preuves dans le cinéma français.