VIDEO. «Je fais une musique intemporelle», Nâdiya nous en dévoile un peu plus sur son improbable retour

MUSIQUE La chanteuse prépare un nouveau disque pour la rentrée dix ans après son dernier album…

Benjamin Chapon
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Nâdiya prépare un nouvel album pour fin 2018
Nâdiya prépare un nouvel album pour fin 2018 — N4Z - Alex Fade

« Et c’est (re) parti pour le show ! Et c’est (re) parti le stade est chaud » ? Nâdiya revient. Dix ans après son dernier album, Electron libre, porté par le tube Tired of being sorry avec Enrique Iglesias, la chanteuse prépare un nouvel album annoncé avec le single Unity.

« Unity, c’est la pierre du projet : le minéral, le végétal, la vie… Voilà ! » A bientôt 45 ans, Nâdiya n’a rien perdu de sa passion pour la musique et la philosophie. On la rencontre aux abords de Roland-Garros, ultra-motivée, intarissable sur ce nouvel album et son amour de la musique. Si on peine parfois à suivre son raisonnement à l’emporte-pièce, la star du début des années 2000 garde intact son capital sympathie : « Les chauffeurs de taxi me disent qu’ils ont hâte que je sorte l’album parce qu’aujourd’hui, on manque de bonne musique populaire. »

Alors que les come-back de stars de la chanson suscitent parfois les moqueries, Nâdiya assume sa confiance en elle : « J’ai une forme d’arrogance, je sais les efforts que j’ai eus à faire pour percer. J’ai galéré dix ans avant de connaître le succès dans la musique. Le sport m’a appris que dans la vie, les efforts finissent toujours par payer. »

Ancienne championne d’athlétisme, Nâdiya s’est créé une série de mantras empruntant aux poncifs sur le dépassement de soi et les philosophies arabes qu’elle égrène au milieu d’anecdotes sur sa carrière : « J’ai une vision sans division », « Je cherche la victoire de l’esprit sur le corps », « Je suis intransigeante mais pas radicale »…

Le bon moment

Si elle n’a quitté le show-business que depuis dix ans, tout a changé dans le monde de la musique depuis ses derniers succès. Mais Nâdiya croit en sa bonne étoile : « J’ai la foi, je crois dans la science du moment. J’ai pris le temps du silence. Je voulais me reconnecter avec des trucs de la vie ordinaire. A un moment, je ne faisais plus jamais mes courses moi-même, il m’arrivait de prendre deux fois l’avion dans la même journée… J’avais besoin d’introspection. »

En attendant de pouvoir constater sur pièce si le public français se souvient d’elle, Nâdiya raconte comment, il y a quelques mois, elle a eu « un déclic sincère », a monté son propre label, réuni une équipe et s’est remise à écrire : « Les chansons sont venues. Je fais une musique intemporelle parce qu’elle est connectée à son époque. C’est ça le rôle d’un artiste, raconter l’air du temps de manière universelle. »

Comme le disait Nietzsche…

Là où certains gagnent la Ligue des champions trois fois d’affilée, Nâdiya, elle, avait fait ses débuts dans la chanson en étant triple lauréate de Graines de Star. Depuis, sa carrière a connu des hauts et des bas, marquée par des tubes comme Parle-moi, Et c’est parti ou Roc. Un passé qui lui donne de la confiance.

« Je n’ai pas perdu le public. Mes chansons ont voyagé et moi avec elles. Je suis dans la quiétude aujourd’hui, j’ai du recul sur les choses. J’ai des vertus de constance et de vaillance. Cet album est une épopée vers moi-même, je raconte mon histoire. Mais pour moi c’est une façon de me tourner vers les autres, il faut beaucoup de générosité et de joie pour se raconter. C’est la fausse dualité nietzschéenne propre aux artistes : on doit mettre de la lumière dans notre part d’ombre… »