VIDEO. Trois lecteurs de «20 Minutes» vous racontent leur soirée à la Philharmonie de Paris

MONTE LE SON Les lecteurs de « 20 Minutes » se sont rendus à la Philharmonie de Paris, et ils commencent à apprécier la musique classique…

Claire Barrois

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Clara, Mélissa et Etienne, les lecteurs de «20 Minutes» dans la grande salle de la Philharmonie de Paris.
Clara, Mélissa et Etienne, les lecteurs de «20 Minutes» dans la grande salle de la Philharmonie de Paris. — C. Barrois / 20 Minutes
  • « 20 Minutes » accompagne l’initiation de trois lecteurs à la musique classique.
  • Pour leur troisième rendez-vous, ils se sont retrouvés à la Philharmonie de Paris.
  • Visite du lieu, rencontre avec le directeur, le chef et concert… Etienne, Clara et Mélissa vous font partager eux-mêmes le programme de leur soirée.

Un son velouté dans une atmosphère chaleureuse, c’était peut-être ce qu’il fallait à nos trois lecteurs pour attraper pour de bon le virus de la musique classique. Depuis deux mois, 20 Minutes initie trois de ses lecteurs pas particulièrement mélomanes mais motivés, aux joies de la musique savante. Après une soirée à l’Opéra en mars où ils avaient presque tout apprécié (sauf la musique) et une découverte de Tchaïkovski qui les avait transportés au théâtre des Champs Elysées, en avril, les trois bleus de la symphonie ont découvert la Philharmonie de Paris. Désormais presque experts, ils racontent eux-mêmes les points forts de leur soirée.

Nos lecteurs ont chacun isolé un élément qui, selon eux, a fait le succès de leur soirée. Car, pour la première fois depuis le début de l’expérience, leur bonheur était complet. Accueillis par Emmanuel Hondré, le directeur du département concerts et spectacles de la Philharmonie de Paris, ils ont pu découvrir l’incroyable acoustique de la salle ouverte en janvier 2015.

Une émotion palpable

Emmanuel Hondré leur a raconté rapidement l’histoire de la sixième symphonie de Tchaïkovski, celle de sa vie, qui ne se termine donc pas en apothéose comme la plupart des symphonies. Mais pas besoin d’être savant quand la musique parle directement aux émotions. Des émotions auxquelles Mélissa est particulièrement réceptive.

« Ces œuvres sont tellement intenses qu’elles touchent n’importe quel public, connaisseur ou amateur, qui en ressort chamboulé. Comme nous l’a précisé le directeur de la Philharmonie, les notes de l’orchestre s’envolent grâce à la conception acoustique de la salle. Et entre la légèreté colérique de la Symphonie n° 40 de Mozart et la profondeur sentimentale de la symphonie n° 6 de Tchaïkovski, les émotions sont nombreuses. »

Pour Etienne, si la musique lui a autant plu, c’est aussi grâce à la salle dont l’acoustique est exceptionnelle. « Ce qui frappe lorsque l’on entre dans cette salle ce sont les volumes, la structure et la modernité : On a l’impression de rentrer dans une arène, un stade, estime-t-il. Il y a un mélange de volupté et de bien être, quand on lève les yeux on croit voir des nuages. Ces nuages sont un des nombreux éléments de la superbe acoustique de ce lieu, c’est là la grande différence avec nos deux premières expériences. »

« Quand l’orchestre s’arrête il y a comme un bruit qui court c’est un peu la cerise sur le gâteau à la fin de chacune des œuvres. Cela donne la sensation étrange de ne pas savoir d’où vient le son et pourtant nous avons l’orchestre sous les yeux. »

La nouveauté a du bon, mais…

Pas besoin d’aller souvent écouter de la musique classique pour voir que la structure de la Philharmonie détonne par rapport aux salles de concert habituelles. Et tout n’a pas plu à Etienne : « Certains points m’ont gêné. Le fait de voir les autres spectateurs autour de l’orchestre. Je pense que nous n’avons pas besoin de voir les réactions des gens, j’ai préféré les ambiances plus intimistes et focalisées sur les artistes des deux autres salles. » Mais le bilan est plutôt positif.

« Cette salle est une rupture et un synonyme d’ouverture, c’est là sa force ! Quand on regarde les "tribunes" on ne peut pas distinguer différentes classes, il n’y a pas une zone "présidentielle" ou "prestige" et une zone "populaire". Cela résume bien ce que j’ai ressenti, une envie d’ouverture. »

Et l’ouverture passe aussi par l’attitude des musiciens sur scène. Le chef d’orchestre du Gewandhausorchestrer de Leipzig, Andris Nelsons, est complètement détendu, il a donc beaucoup intrigué Clara. « Le chef m’a surprise par son langage corporel : Parfois proche de la nonchalance, mais toujours avec une élégance dans les mains. S’il donne l’impression d’être quelquefois lui-même simple spectateur de son propre concert en laissant l’orchestre jouer seul, il va aussi à d’autres moments nous captiver par ses mouvements subtils et engagés. »

« Ce chef humble et accessible a su nous donner une bonne dose d’émotion qui m’a fait verser ma petite larme lors du grand final. Une apparente simplicité qui, même si étonnante au premier abord, nous donne une autre image de la musique classique. Et notre rencontre avec lui en loge, n’a fait que renforcer l’image que je m’étais déjà construite : un chef à la carrure de rugbyman mais délicat. »