20 Minutes : Actualités et infos en direct
EVENEMENTEurovision Junior, le concours des petits, rêve de grandir

Eurovision Junior, le concours des petits, rêve de grandir

EVENEMENTSeize pays participeront à la finale de l’Eurovision Junior, dimanche, à Nice. Depuis son retour dans la compétition en 2018, la France enchaîne les excellents résultats, sans que cela soulève de large enthousiasme. Du moins, pour l’instant…
Le trio STAND UNIQU3, qui représente le Royaume-Uni à l'Eurovision Junior 2023, sur la scène du Palais Nikaia de Nice, lors des répétitions, le 21 novembre 2023.
Le trio STAND UNIQU3, qui représente le Royaume-Uni à l'Eurovision Junior 2023, sur la scène du Palais Nikaia de Nice, lors des répétitions, le 21 novembre 2023. - Corinne Cumming 2023 / junioreurovision.tv
Fabien Randanne

Fabien Randanne

L'essentiel

  • La finale de l’Eurovision Junior 2023 a lieu ce dimanche 26 novembre, au Palais Nikaia de Nice (Alpes-Maritimes). La France sera représentée par Zoé Clauzure et sa chanson Cœur. L’événement sera retransmis en direct sur France 2 dès 16 heures.
  • Depuis son retour dans cette compétition dédiée aux 9-14 ans, en 2018, la France a toujours fini dans le top 5 et s’est imposée deux fois. Malgré tout, le grand public est peu familier de l’Eurovision Junior.
  • « Il faut faire grandir la marque, c’est pour cela que nous organisons ces conférences de presse, que nous actionnons plusieurs leviers pour faire parler de l’événement. Il faut digitaliser de plus en plus le Junior pour s’adresser à toutes et à tous sur les plateformes et ailleurs. Aujourd’hui, c’est la rencontre des médias traditionnels, du linéaire et du numérique », analyse Alexandra Redde-Amiel, cheffe de délégation et productrice exécutive de l’édition 2023.

C’est un domaine où la France sur-performe mais dans une immense discrétion. Cinq Top 5 sur les cinq dernières éditions, dont deux victoires en trois ans… C’est peu de le dire, notre pays a le vent en poupe à l’Eurovision Junior, la compétition musicale réservée aux artistes en herbe, de 9 à 14 ans, dérivée du concours Eurovision de la chanson.

La finale de l’édition 2023 se tiendra dimanche, au Palais Nikaia de Nice (Alpes-Maritimes), dès 16 heures, et retransmise en direct sur France 2. La France sera représentée par Zoé Clauzure, qui chantera Cœur. « J’ai donné toute mon âme sur cette chanson. J’ai essayé de construire, avec ma mère qui m’aide beaucoup sur les réseaux sociaux, un édifice, pierre après pierre, qui a la fin donnera une tour toute jolie. J’aimerais dire aux gens de regarder, parce que ça vaut le coup, il y a énormément de travail derrière, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, ça va être un moment magique », clame la chanteuse de 13 ans.

Les enfants chanteurs, un frein ?

Est-ce suffisant pour convaincre le grand public d’être au rendez-vous sur France 2 dès 16 heures ? Car l’Eurovision Junior est traditionnellement diffusé le dimanche après-midi. Un horaire, sur le papier, adapté à un public familial, mais pas vraiment aux habitudes de consommation du petit écran pour un tel divertissement. Les audiences des dernières éditions auxquelles la France a participé – elle a fait son retour en 2018 – oscillent, sur la deuxième chaîne, entre 979.000 (en 2019) et 1.6 million (en 2021, année où le concours a été organisé à Paris) de personnes.

L’argument selon lequel une partie des téléspectateurs et téléspectatrices serait réfractaire à écouter des enfants chanteurs ne tient qu’en partie. Ne serait-ce qu’en scrutant les audiences de The Voice Kids qui, ces cinq dernières années, tournent autour des 3 millions en moyenne sur TF1. Il existe donc bien un public pour cela, qu’il faut aller chercher.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Et pour mieux rémunérer 20 Minutes, n’hésitez pas à accepter tous les cookies, même pour un jour uniquement, via notre bouton« J’accepte pour aujourd’hui » dans le bandeau ci-dessous.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

« Aujourd’hui, l’Eurovision Junior, c’est 33 millions de téléspectateurs dans le monde. Pourquoi pas 50 millions dans quelques années ? », se projette Alexandra Redde-Amiel, directrice des divertissements et jeux de France Télévisions. Celle qui est également cheffe de délégation et productrice exécutive de l’édition 2023 insiste sur le fait que l’Eurovision Junior et l’Eurovision sont des « challenges différents » avec leurs identités propres. « Il faut faire grandir la marque, c’est pour cela que nous organisons ces conférences de presse, que nous actionnons plusieurs leviers pour faire parler de l’événement. Il faut digitaliser de plus en plus le Junior pour s’adresser à toutes et à tous sur les plateformes et ailleurs. Aujourd’hui, c’est la rencontre des médias traditionnels, du linéaire et du numérique », explique Alexandra Redde-Amiel.

Un carton sur TikTok

France Télévisions mise ainsi cette année sur une « ambassadrice numérique » en la personne d’Ophenya, une influenceuse de 24 ans aux 4 millions d’abonnés sur TikTok. Sur le réseau social prisé des plus jeunes, la compétition bénéficie d’une forte visibilité. Les vidéos liées aux mots-dièses #jesc2023, #junioreurovision2023, #eurovisionjunior et #junioreurovision ont d’ores et déjà cumulé respectivement 32 millions, 46.3 millions, 100.2 millions et 297 millions de vues. Le défi, désormais, est de reporter l’attention des utilisateurs de TikTok vers le direct de la bonne vieille télévision dimanche après-midi…

La grosse différence, avec l’Eurovision, c’est aussi le nombre de pays participants. Là où la compétition musicale culte réunit une grosse trentaine de pays, la version « enfants » n’a jamais dépassé les vingt engagés. Cette année, seize pays seront en lice. Pour l’Estonie, ce sera une première, pour l’Allemagne, un retour, tandis que le Kazhakstan et la Serbie, candidats en 2022, ont décidé de passer leur tour.

Les pays scandinaves, Danemark, Norvège et Suède, pourtant à l’initiative de la création du Junior en 2002, eux, n’y ont pas remis les pieds depuis au moins dix ans. La France elle-même, avait pris part à la deuxième édition il y a dix-neuf ans et avait attendu 2018 pour y participer à nouveau. Cette décision témoignait d’un changement de paradigme du côté de France Télévisions, de plus en plus décidé à remporter l’Eurovision, depuis la sixième place d’Amir en 2016. S’impliquer dans le Junior est une preuve de bonne volonté, en quelque sorte. « L’Eurovision Junior, pour le moment, est orienté très pays de l’Est. L’UER (Union européenne de radiotélévision, qui organise l’événement) veut rendre le programme plus frais », confiait à 20 Minutes, il y a cinq ans, Edoardo Grassi, le chef de délégation de l’époque.

Convaincre d’autres pays de participer

« J’aimerais qu’il y ait davantage de participants », reconnaît aujourd’hui Alexandra Redde-Amiel. « C’est la bienveillance en matière de message envoyé aux enfants qui permettra de convaincre d’autres pays de concourir, estime-t-elle. Si la compétition ne met qu’en valeur la dramaturgie de votes, cela restera un frein. » C’est cet état d’esprit qui a poussé France Télévisions à choisir « Heroes » comme thème pour l’édition niçoise.

« Je voulais quelque chose de good vibes, poursuit la productrice exécutive. Une compétition d’enfants, c’est toujours difficile. Il y a un premier et un dernier, alors on voulait leur montrer que quoi qu’il arrive, ils sont nos héros. Il y a une connotation positive. Cela s’ajoute au travail des délégations qui accompagnent les candidats et les préparent à toutes les éventualités. On ne les lâche pas, on leur explique ce qu’il peut se passer. »

Lundi, lors de la cérémonie d’ouverture au Negresco à Nice, les petits artistes étaient invités à parler de leurs superpouvoirs rêvés. Les réponses n’avaient rien de surprenant ni de révolutionnaire mais rappelaient que l’Eurovision Junior demeure un événement empreint de candeur à l’atmosphère… bon enfant.

Sujets liés