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INTERVIEW« Je voulais que Panda me ressemble »… Julien Doré, nouveau héros de TF1

« Panda n’est pas diamétralement opposé à ce que je suis », assure Julien Doré, héros de la série policière de TF1

INTERVIEWTF1 diffuse ce jeudi, dès 21h10, les deux premiers épisodes de sa comédie policière, « Panda », dont Julien Doré joue le rôle principal. Pour « 20 Minutes », le chanteur évoque ce projet, son parcours de comédien et sa future tournée des Zénith
Julien Doré, dans le rôle-titre de la série de TF1 « Panda ». En arrière plan : Ophélia Kolb.
Julien Doré, dans le rôle-titre de la série de TF1 « Panda ». En arrière plan : Ophélia Kolb.  - SYLVAIN GOLEDZINOWSKI (SAYEM) / SUPERPROD /TF1 / Phototélé
Fabien Randanne

Fabien Randanne

L'essentiel

  • TF1 lance ce jeudi 30 novembre Panda, une comédie policière dont Julien Doré incarne le rôle-titre, un ex-policier qui reprend du service à la cool…
  • Le personnage a été construit sur mesure pour Julien Doré. « J’avais en tête le plaisir ressenti sur le tournage de Dix pour cent [la série de France 2], il y a quelques années. Je voulais retrouver ce plaisir de jeu, sans qu’il soit trop pollué par le stress d’incarner quelqu’un qui soit extrêmement à l’opposé de ce que je suis, parce que ce n’est pas mon métier », explique le chanteur de 41 ans à 20 Minutes.
  • Côté musique, en mars 2025, Julien Doré se lancera dans une tournée des grandes salles. « Le rapport à la scène, pour moi, va changer, prévient-il. Le principe même de gros spectacle en Arena, j’ai besoin de le vivre une dernière fois… »

«Cette série, c’est le chaînon manquant entre Navarro et Les Experts, sauf qu’on est Les Experts de Palavas. On a tout pour résoudre les enquêtes, mais, en fait, on est des bras cassés », plaisante Julien Doré. C’est ainsi que le chanteur de 41 ans présente Panda, la comédie policière, dont il incarne le rôle-titre, lancée ce jeudi à 21h10 sur TF1. Il y joue un ex-flic, retiré dans une paillote, qui reprend du service avec nonchalance et causticité… Un personnage construit sur-mesure pour l’artiste, comme il l’explique à 20 Minutes.

Comment vous êtes-vous retrouvé sur cette série ?

La production [Superprod Drama] m’a contacté il y a un an et demi en me proposant un pitch. Il me suffisait de donner mon accord pour que les équipes se mettent à l’écriture et cherchent un diffuseur. On m’a juste parlé de ce personnage, Victor Pandaloni, surnommé « Panda », qui était dans la police et a tout plaqué du jour au lendemain pour ouvrir un bar de plage dans le sud de la France. L’idée me plaisait. J’ai demandé qu’on tourne en Camargue, le territoire de mon adolescence. Cela nous a occupés de fin mars à mi-juillet.

L’idée, c’était de construire un personnage dont l’image correspond à ce que l’on peut projeter sur vous, c’est-à-dire un côté cool, sarcastique, etc. ?

Oui. J’avais en tête le plaisir ressenti sur le tournage de Dix pour cent [la série de France 2], il y a quelques années. Je voulais retrouver ce plaisir de jeu, sans qu’il soit trop pollué par le stress d’incarner quelqu’un qui soit extrêmement à l’opposé de ce que je suis, parce que ce n’est pas mon métier. Je voulais que ce personnage me ressemble suffisamment afin que j’y trouve un équilibre salvateur. Il a fait un choix de vie proche du mien [en 2018, Julien Doré a quitté Paris pour s’installer dans les Cévennes]. Les scénaristes s’apprêtaient à écrire un personnage dans l’empathie, le respect du vivant, qui a la volonté de cultiver la gentillesse dans un monde où les codes sont à l’opposé de ça… Je savais qu’on ne partait pas dans quelque chose de diamétralement opposé à ce que je suis.

« Panda » est une série policière qui a une forte tonalité humoristique. Est-ce facile de rester dans cette intention, légère, d’une scène à l’autre ?

J’avais peur de partir dans une aventure de plusieurs mois au côté de quelqu’un avec qui je ne m’entendrais pas, ou inversement. Trop d’amis comédiens m’avaient dit que ça arrivait et que ce n’était vraiment pas facile à vivre. Mais avec Ophélia Kolb [qui incarne l’autre rôle principal, celui d’une policière], ça a été ouf. Elle a été à l’écoute. J’observais la façon dont elle gérait l’énergie et je m’en suis inspiré, c’était ça la clé pour rester dans la bonne intention. Vu que c’est une série solaire, dans la drôlerie, le burlesque, il ne fallait pas que la fatigue se voie sur mon visage.

Ce n’est pourtant pas votre première expérience de comédien. En 2010, vous teniez l’un des rôles principaux de « Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour ». Quel souvenir en avez-vous ?

Je porte un regard, disons, tendre dessus. Je sortais de « Nouvelle Star » et, quelques mois après, je tournais ce film de Pascal Thomas. La confiance qui m’a été accordée à ce moment-là me paraît improbable. Le film est ce qu’il est mais cette proposition et ces deux mois de tournage ont quand même transformé ma vie.

Et quel regard portez-vous sur « Pop Redemption » sorti en 2013 ?

C’est différent. Cela a été un bide total au moment de sa sortie mais je le vois ressurgir parfois sur les réseaux sociaux, au hasard des rediffusions. C’est un film improbable – le tournage l’était tout autant. J’étais quand même avec Alexandre Astier, Grégory Gadebois, Audrey Fleurot et Jonathan Cohen dans un quotidien de groupe de heavy metal mêlé à une enquête policière, dans le Sud-ouest, sous 40 °C, avec des perruques… On a joué au Hellfest, après le concert d’Axl Rose, devant le public de ce festival qui est, ce n’est pas une légende, le meilleur public du monde. Tout était réuni pour qu’on nous jette des seaux de pipi ou de bière mais ces spectateurs n’ont été que gentillesse, bienveillance et acceptation. Dès qu’il est rediffusé, un truc se passe. Les gens se disent « What the fuck, c’est quoi ce truc ? ! », mais sans le détruire pour autant. Quelques années plus tard, je me suis retrouvé en guest sur Dix pour cent. C’était trois ou quatre jours de tournage mais on m’en parle encore aujourd’hui, alors que je dois avoir cinq scènes.

On vous propose souvent des rôles au cinéma ?

Non. Les rares fois où on me propose des choses, c’est souvent des premiers films dont la concrétisation est conditionnée au fait que j’accepte. Or, c’est difficile, car on sent bien que, même si j’accepte, ce ne sera pas montable et on ne pourra pas réussir à le faire. Dans la suite de ma vie, j’aimerais plutôt jouer des petits rôles.

Que trouvez-vous dans la comédie que vous ne trouvez pas de la musique ?

Une forme de lâcher-prise dans la conception. En musique, le lâcher-prise, je l’ai quand je chante mais seulement parce que j’ai travaillé un an sur un spectacle que je connais par cœur, à la seconde près. Quand je joue, il y a une frustration permanente. Une fois mes répliques dites, cela ne dépend plus de moi. Le réalisateur me donne des consignes de jeu. Ce n’est pas facile parce que je n’y suis pas habitué, mais ça fait beaucoup de bien. Sur le plateau de Panda, je tournais parfois ma langue sept fois dans ma bouche au sujet des choses artistiques, des valeurs de plan, par exemple. J’étais toujours collé au chef opérateur. Je voulais apprendre de ces gens qui ont une autre approche de l’image que la mienne. Mais je ne pouvais qu’observer.

Cette expérience du tournage de « Panda » aura-t-elle une influence sur la tournée des Zénith et Arena que vous lancerez en mars 2025 ?

C’est encore un peu tôt pour le dire. Mon seul but est de refaire un spectacle, avec des innovations, de la créativité. Le précédent mélangeait beaucoup de choses : des références théâtrales, des allusions à l’imagination enfantine, des codes de gros spectacles… Il y avait aussi un mélange d’humour et d’improvisation. Mon ambition pour la suite, c’est, bien sûr, d’écrire des chansons et d’injecter mon ressenti sur le monde et l’époque, mais aussi de créer des spectacles pendant lesquels, pendant deux heures, il y a une part de rêve. Que l’on s’envole quelque part, tout en ayant conscience, à travers les textes des chansons, du monde dans lequel on vit. Que ce soit un moment où je vais voir les tout-petits, leurs parents et leurs grands-parents vivre un moment de transmission. Je veux qu’il y ait quelque chose qui se passe. Quand mon fils m’a dit : « Refais un pestacle », ça m’a réveillé. Je ne l’avais pas prévu, je m’apprêtais à tourner Panda et j’ai compris que cette tournée allait me sauver de mon pessimisme poison.

C’est-à-dire ?

Je me suis dit que cela allait m’aider à retrouver ma place. Plutôt que de donner mon avis sur ce monde qui n’a pas besoin de mon opinion, ma place, dans ce cadre-là, celui du spectacle, est utile à celles et ceux qui viennent me voir. Je le sentais sur la tournée précédente, je le voyais, on m’en témoignait. Quand j’ai appelé mon équipe en disant que j’allais refaire un show, plus fou, plus beau, plus poétique, les réactions étaient dans l’étonnement. On me disait : « Mais tu n’écris pas de nouvelles chansons avant ? » Je ne sais pas, peut-être, mais ce que je veux faire avant tout, c’est un spectacle fou ! On a ouvert la billetterie et, en moins d’une semaine, plus de 100.000 billets ont été vendus.

Que vous évoque ce si vif engouement ?

Cela représente plus d’un tiers des places disponibles et cela veut dire que les gens qui les ont achetées ont déjà pris rendez-vous avec moi… C’est le signe que les gens qui m’aiment bien me font confiance alors qu’aujourd’hui on ne sait même pas si on aura le droit de se réunir, si on sera encore dans un monde qui nous en donnera la possibilité… Cette confiance signifie que c’est là que je dois parler, traduire ma pensée, ma révolte, ce qu’il me reste d’utopie, de positivité, d’amour. Ce sera sans doute une des dernières fois où je ferai de la musique sur scène comme ça. Parce que tout change, le rapport aux chansons, la manière dont on écoute la musique… Alors le rapport à la scène, pour moi aussi, va changer. Le principe même de gros spectacle en Arena, j’ai besoin de le vivre une dernière fois de cette façon-là…

Pour faire ensuite des concerts plus intimistes ?

Peut être. Ou pas. Ou pour être dans quelque chose de l’ordre de la transmission et de la mise à distance encore plus forte.

Vous vous retireriez du devant de la scène ?

Je n’en sais rien, parce que le nombre de gars qui annoncent que c’est leur dernière tournée et reviennent sur scène, je trouve ça bête. Je ne veux surtout pas jouer là-dessus en matière de communication. Mais, au fond de moi, je me dis… (Il s’interrompt) Il y a ce que j’ai vécu dans ma rencontre avec Joseph Kamel.

Racontez-nous…

J’ai entendu, par le hasard d’une playlist, une de ses chansons dans le train. Je lui ai écrit un message en lui disant que j’ai aimé ce que j’ai écouté. Je l’ai invité à faire mes premières parties, puis il a signé dans la même maison de disques que la mienne quelques mois après. Je suis sorti d’un Bercy où j’ai chanté avec Clara [Luciani] et je suis allé le voir à son premier concert au Café de la danse… Cette transmission – ce n’est peut-être pas le bon mot – ce rapport aux artistes qui arrivent, disons, m’intéresse de plus en plus. J’ai envie de leur dire de faire attention à ceci ou cela quand ils iront en promotion, leur expliquer comment faire pour parler d’eux le mieux possible. Je suis en train de décrire le métier d’une sorte de label (rires). J’ai envie de mettre en scène des spectacles, qu’on me dise « Je vais jouer là. Comment tu verrais les choses avec mes chansons ? » Je rêve que mon temps futur soit occupé à la transmission, d’un point de vue intime avec mon fils, et professionnellement avec des artistes. Il ne s’agit pas forcément d’écrire et de composer pour d’autres, mais de les accompagner. Cela me passionnerait.

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