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DRESSÉS COMME JAMAIS (3/6)Comment devient-on Champion Pokémon quand on a dix ans ?

Championnats du monde Pokémon : Comment s’entraînent les Juniors français en compétition ?

DRESSÉS COMME JAMAIS (3/6)Nathan, Grégory, Anouchka, et Laszlo, sont à Yokohama, au Japon, où ils représentent la France dans la catégorie Junior du « Pokémon World Championship »
Les Juniors des Championnats du monde Pokémon s'affrontent à Yokohama, le 11 août 2023
Les Juniors des Championnats du monde Pokémon s'affrontent à Yokohama, le 11 août 2023 - B.Chapon/20Minutes / 20 Minutes
Benjamin Chapon

Benjamin Chapon

L'essentiel

  • Les Championnats du monde de Pokémon (oui, oui, ça existe) se tiennent jusqu’au 13 août à Yokohama, au Japon.
  • C’est la première fois que le pays natal des Pokémon accueille l’événement qui voit s’affronter des joueuses et joueurs du jeu vidéo, du jeu de cartes, mais aussi de Pokémon Go et Pokémon Unite.
  • 20 Minutes suit la compétition et vous raconte tout, chaque jour. Aujourd’hui, nous avons rencontré les jeunes Champions français en lice dans la catégorie Junior.

De notre envoyé spécial à Yokohama (Japon),

La ferveur populaire, l’organisation millimétrique, les discussions enflammées sur les matchs à venir et les champions en forme (ou pas)… Tout laisse à penser que Yokohama accueille une grande compétition internationale. Et c’est le cas. La deuxième ville du Japon reçoit, jusqu’au 13 août, des milliers de… dresseurs Pokémon.

Jeux vidéo, jeu de cartes ou jeu mobile, les différentes déclinaisons ludiques des Pokémons sont représentées au Championnats du monde. La présence de certains champions rappelle cependant qu’il s’agit bien, au départ, de jeux pour enfants : les Juniors. Agés de moins de 12 ans (avant de basculer dans les catégories Senior, jusqu’à 16 ans, puis Master), ces jeunes compétiteurs n’en prennent pas moins la chose au sérieux.

Des yeux qui brillent

« Si on ne vient pas pour gagner, autant rester chez soi, c’est les vacances quand même », explique Nathan, 12 ans. Grégory, qui aura 11 ans le jour de la finale, dimanche, est le meilleur joueur français dans sa catégorie (et quatrième européen). Lui aussi vient pour faire un bon résultat sans en faire une obsession. « J’aime bien la compétition parce que ça me permet de voyager dans le monde, et là, de venir au Japon. »

Avant d’être des compétiteurs qui visent la victoire finale et la coupe du champion (et les 25.000 dollars qui vont avec), les Juniors restent des enfants et ne sont pas du tout blasés par le côté exceptionnel d’un voyage au Japon. Vendredi matin, lors de la cérémonie d’ouverture des Championnats, au rythme des tambours japonais, les yeux brillaient fort.

Apprendre les règles

Mais comment en sont-ils arrivés là ? L’histoire est toujours la même : découverte des cartes Pokémon dans la cour de récré (ou la chambre de la grande sœur), envie d’apprendre les règles (ce qui est une première anomalie puisqu'une minorité de fans de Pokémon savent jouer au jeu de cartes...), premières victoires contre les copains, puis les parents entrent en jeu… Gwendoline, maman de Laszlo, 11 ans, avait mis comme condition à l’achat des premières cartes l’apprentissage des règles : « Je ne voulais que ce soit juste une collection, parce que ça coûte cher. Alors j’ai appris à jouer avec lui. »

Eric, papa de Grégory, a lui aussi pris la chose très au sérieux quand sa fille aînée, Camille, a commencé à jouer : « je m’y suis intéressé et ça m’a très vite passionné. J’ai créé une ligue chez nous, à Mandelieu, pour que les enfants aient un cadre pour s’entraîner. C’est comme pour un sport, on a des entraînements les mercredis et samedis. N’importe qui peut venir apprendre à jouer. Et comme on a des bons résultats, il y a une émulation. J’ai aussi quitté mon travail pour ouvrir une boutique de cartes Pokémon et jeux en 2019. »

Contrôle parental

L’engagement et le soutien des parents sont primordiaux parce que pour s’améliorer, les jeunes joueurs doivent non seulement s’exercer régulièrement mais surtout enchaîner les tournois, en France, en Europe, et un peu partout dans le monde. « Quand j’ai vu qu’il enchaînait les bons résultats, j’ai décidé d’inscrire Grégory au maximum de tournois, explique Eric. Cette année, on est allé à Melbourne, Sao Paulo… » A chaque tournoi, les points gagnés s’accumulent. Et pour être qualifiés (et en partie indemnisés) pour les Championnats du monde, il faut être dans le haut du top.

Gregory et Nathan, respectivement 11 et 12 ans, représentent la France aux Championnats du monde Pokémon, à Yokohama (Japon) du 11 au 13 août 2023
Gregory et Nathan, respectivement 11 et 12 ans, représentent la France aux Championnats du monde Pokémon, à Yokohama (Japon) du 11 au 13 août 2023  - B.Chapon/20Minutes

Anouchka, 11 ans, est ainsi venu avec ses parents et son grand frère, ex-compétiteur Pokémon lui aussi. « C’était un peu un rêve pour nous, explique Eric. On en profite pour prendre des vacances en famille. » La famille venue de Toulouse profitera pleinement du séjour après la compétition. Pour l’instant, Anouchka reste concentrée : « J’aime beaucoup jouer mais je préfère quand même quand je gagne, donc la compétition me stresse un peu. » Danseuse, également en compétition, la jeune fille s’est entraînée lors d’un stage de trois jours avec deux joueurs Master.

Les chances de succès

Grégory et Nathan, représentants de la très performante ligue Pokémon de Mandelieu, s’entraînent eux aussi tous les jours. « Il faut tester le plus de combinaisons possibles pour être préparés, explique Grégory. Il y a aussi le hasard qui joue mais si on connaît bien les decks, on a plus de chance de gagner. »

Laszlo, seul Junior français qui joue dans la compétition Jeu vidéo, là où les autres jouent au jeu de cartes, s’entraîne une heure par jour. « En plus des autres jeux vidéo auxquels ils jouent pour le plaisir, sourit sa mère Gwendoline. Il y a beaucoup moins de joueurs Junior en jeu vidéo parce que la plupart des parents n’aiment pas trop l’idée de voir leurs enfants passer trop de temps à jouer… Moi, j’ai posé des règles claires. Quand il a voulu passer du jeu de cartes au jeu vidéo, on a fait un test, lors de l’Open de Londres. Et il s’est tout de suite beaucoup amusé. Je l’ai vu tout de suite. Et en plus il a cartonné. Il a fait Top 8 sur ses deux premiers tournois, à Londres et Liverpool ! »

« Le niveau est très élevé, même chez les Juniors »

Outre l’organisation et le soutien moral et financier, les parents de champions Pokémon doivent aussi gérer la motivation de leurs enfants, qui baisse parfois. « Je suis aussi entraîneur de volley, explique Eric, papa de Grégory. Donc j’ai l’habitude de gérer ça ; Il faut trouver l’équilibre entre plaisir et performance. Parce que parfois, on n’a pas envie de s’entraîner. Mais sans un investissement, ça ne vaut pas le coup de faire de la compétition. Parce qu’à Pokémon, le niveau est très élevé, même chez les Juniors. »

Les parents d’Anouchka l’encouragent eux aussi à s’investir :

« J’ai appris à jouer pour l’entraîner, même si elle me bat presque à chaque fois, rigole Eric. Mais elle est très volontaire, on n’a pas besoin de la pousser. En revanche, on l’aide à garder sa concentration. »  »

Si les adultes en compétition sont tous très absorbés par la compétition et affichent des visages fermés tout au long de la partie, les Juniors vivent vraiment le jeu. « Ils sont jeunes donc le problème n’est pas la fatigue mais l’attention, explique Eric. Pas vrai Grégory ? - Oui, parfois on regarde la table à côté, ou l’écran géant qui diffuse des parties des Masters… », reconnaît le jeune champion français.

Les valeurs de la compétition Pokémon

Des quatre champions Juniors que 20 Minutes a rencontrés, aucun ne sait s’il continuera à jouer à Pokémon en compétition. « D’ici là, d’autres passions peuvent entrer en jeu, explique Eric. Un sport, la musique… On verra bien. » En attendant, Anouchka, Laszlo, Nathan et Grégory sont des enfants parfaitement à l’aise dans leur pokédex. Leur passion Pokémon, il la partage avec leurs familles. « Je n’en parle pas trop avec mes copains, explique Grégory. Je suis plutôt timide. Je parle un peu des voyages... » Laszlo non plus ne se vante pas de ses victoires avec ses copains : « De toute façon je ne joue pas à Pokémon avec eux, on joue à d’autre chose. »

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« On dit souvent que Pokémon aide les enfants à apprendre à lire, à compter… Pour les enfants qui font de la compétition, ça les encourage à parler anglais, à s’ouvrir au monde. Il y a des vertus derrière la compétition aussi : le respect de l’adversaire, le fair-play… », explique Eric, de Mandelieu. Embarqués là-dedans un peu malgré eux au départ, les parents d’Anouchka ne regrettent rien : « Grâce à elle, on est au Japon. Avant les compétitions Pokémon d’Anouchka, on n’avait jamais pris l’avion ! »

20 secondes de contexte

20 Minutes couvre les Championnats du monde Pokémon de Yokohama à l’invitation de la Pokémon Company International qui a pris en charge le séjour de notre journaliste, et de trois autres médias français. Pour autant, la Pokémon Company n’a aucun regard ni contrôle sur les articles publiés par 20 Minutes dans ce cadre.

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