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TELEREALITETrucage ou adultère ? « L’Amour fake » teste les couples à coups de deepfakes

« L’Amour fake » sur Netflix : Trucages ou tromperies ? Les couples à l’épreuve de l’illusion des deepfakes

TELEREALITELa téléréalité « L’Amour fake » sur Netflix teste la solidité des couples à l’aide d’hypertrucages réalisés grâce à l’intelligence artificielle
Photo des candidats de « L'Amour fake » sur Netflix.
Photo des candidats de « L'Amour fake » sur Netflix. - NETFLIX / NETFLIX
Laure Beaudonnet

L.Be.

L'essentiel

  • De plus en plus faciles à réaliser, les deepfakes, des hypertrucages produits grâce à l’intelligence artificielle, sont partout en ce moment.
  • Avec cette technologie, on peut désormais faire dire n’importe quoi à n’importe qui ou montrer une personne en train de faire quelque chose qu’elle n’a jamais faite.
  • Pour tester la solidité de cinq couples, L’Amour fake sur Netflix s’amuse à créer l’illusion à coups de deepfakes. Tromperies ou trucages, les couples n’auront plus que leur instinct pour les aider à distinguer le vrai du faux.

On peut dire qu’à l’ère de l’intelligence artificielle, Saint Thomas aurait ravalé son célèbre adage. Les deepfakes, des hypertrucages créés grâce à des outils dopés à l’IA qui permettent de faire dire n’importe quoi à n’importe qui en modifiant des sons, des images ou des vidéos, contredisent nos sens. L’Amour Fake, téléréalité espagnole diffusée sur Netflix depuis début juillet, est un bel exemple des utilisations de cette technologie de la contre-vérité. « Digne » héritière de L’île de la tentation, l’émission produite par Cuarzo Producciones (Banijay Iberia) teste la confiance de cinq couples à coups de deepfakes.

Ils sont séparés dans deux maisons baptisées respectivement Mars et Vénus (comme c’est original...) et doivent résister à la tentation. Sur le même principe que son ancêtre française, l’émission de huit épisodes lâche une horde de tentateurs et tentatrices dans chaque maison et laisse la magie des jeux coquins opérer. Qui saura rester fidèle ? Qui flanchera ? Les cinq couples repartiront-ils riches ?

Un lot de 100.000 euros à la clé

Rien de bien neuf sur le papier. Sauf qu’à la place des montages vidéos suggestifs auxquels on était habitués, l’émission de Netflix repose sur la technologie des deepfakes. Les candidats doivent déterminer si les images de leur moitié en train d’embrasser (dans le meilleur des cas) un ou une célibataire ou de remettre en question leur relation sont vraies ou fausses. Le couple qui fera le moins d’erreurs décrochera 100.000 euros.

La présentatrice Raquel Sánchez Silva explique comment les extraits ont été fabriqués. Certaines séquences sont authentiques, d’autres ont été tournées avec des acteurs pour créer la confusion. Grâce au face swap [substitution des visages] -de plus en plus facile à réaliser-, le visage d’un candidat est placé à la place de celui de l’acteur pour laisser croire qu’il s’est un peu trop amusé avec un tentateur ou une tentatrice. Le montage est ultra-réaliste. Impossible de se fier aux sens pour déterminer la véracité de l’extrait vidéo, à part l’instinct du candidat qui a confiance (ou pas) en son binôme.

L’Amour fake repose sur le même principe que les deepfakes de Tom Cruise, créés par le VFX artiste Chris Umé en mars 2021, où on voit la star américaine réaliser un tour de magie ou jouer au golf. Le procédé est assez « simple » : couvrir tous les angles du visage du candidat -gauche, droite, au-dessus, en dessous-, placer son visage à la place de celui de l’acteur et l’intelligence artificielle s’occupe du reste. « Il est très compliqué de le faire sans l’aide d’un acteur », expliquait Chris Umé à l’heure où le deepfake de Tom Cruise avait fait parler de lui. Dans cet exemple, « Miles Fisher sait sourire comme Tom Cruise. Il sait comment il parle, il sait tout de Tom Cruise. Il est l’un des meilleurs imitateurs au monde de l’acteur hollywoodien. Et il lui ressemble, il a le même genre de visage, les mêmes cheveux », précisait-il. Les acteurs recrutés par l’émission ressemblent également au candidat qu’ils doivent imiter : même couleur de cheveux, même allure… Pour un résultat bluffant.

Des outils à la portée de tous

Que ce soit pour l’audio ou l’image, créer des hypertrucages réalistes est désormais à la portée de tous. Plus besoin d’être un génie de l’informatique pour arriver à un résultat de qualité. De nombreuses applications, dont beaucoup sont gratuites et disponibles en ligne, permettent, par exemple, de répliquer la voix d’une personne à partir d’un court enregistrement. Pareil pour l’image. L’outil Midjourney a fait énormément parler de lui avec les fausses photos d’Emmanuel Macron en train de ramasser les poubelles ou du Pape François portant une doudoune blanche.

Avec L’Amour fake, on est certes plutôt du côté de la « télé-poubelle », mais elle a le mérite de montrer les dessous peu reluisants d’une technologie qui n’est pas encore bien comprise par le grand public. Rien que pour cela, on oublie la faible qualité des échanges entre les candidats.

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