Salman Rushdie poignardé : « Rien ne justifie une fatwa », s’indigne « Charlie Hebdo »

ATTAQUE L’écrivain britannique avait exprimé sa solidarité à la rédaction du journal, en janvier 2015, après l’attentat dont il a été victime

20 Minutes avec AFP
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Sur cette image fixe tirée d'une vidéo, l'auteur Salman Rushdie est emmené sur une civière vers un hélicoptère pour être transporté vers un hôpital après avoir été attaqué lors d'une conférence à la Chautauqua Institution à Chautauqua, N.Y., vendredi 12 août 2022.
Sur cette image fixe tirée d'une vidéo, l'auteur Salman Rushdie est emmené sur une civière vers un hélicoptère pour être transporté vers un hôpital après avoir été attaqué lors d'une conférence à la Chautauqua Institution à Chautauqua, N.Y., vendredi 12 août 2022. — /AP/SIPA

Des mots forts en émotion. « Rien ne justifie une fatwa, une condamnation à mort », s’est indigné Charlie Hebdo, journal satirique français décimé par un attentat islamiste en 2015, après l'attaque contre l'écrivain Salman Rushdie, cible depuis plus de 30 ans d’une fatwa de l' Iran.

« À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne connaissons pas les motivations de l’auteur de l’attaque au couteau contre Salman Rushdie. Était-il révolté contre le réchauffement climatique, contre la baisse du pouvoir d’achat ou contre l’interdiction d’arroser les pots de fleurs pour cause de canicule ? », écrit ironiquement Riss, chef de la rédaction de Charlie Hebdo et l’un des rares survivants de l’attentat de 2015, dans un billet sur le site du journal.


« La liberté de s’exprimer n’a aucune valeur pour Dieu »

« Prenons alors le risque de dire qu’il s’agit probablement d’un croyant, qu’il est tout aussi probablement musulman et qu’il a commis son acte encore plus probablement au nom de la fatwa lancée en 1989 par l’ayatollah Khomeini contre Salman Rushdie, et qui le condamnait à mort », poursuit-il.

« La liberté de penser, de réfléchir et de s’exprimer n’a aucune valeur pour Dieu et ses serviteurs. Et dans l’Islam, dont l’histoire s’est souvent écrite dans la violence et la soumission, ces valeurs n’ont tout simplement pas leur place car elles sont autant de menaces contre son emprise sur les esprits », fait valoir Riss.

Une « fatwa révoltante »

Il rejette l’idée selon laquelle « la fatwa contre Salman Rushdie était d’autant plus révoltante que ce qu’il avait écrit dans son livre, "Les versets sataniques", n’était absolument pas irrespectueux à l’égard de l’islam ». Selon lui, il s’agit d’un « raisonnement d’une très grande perversité car il induit qu’à l’inverse des propos irrespectueux envers l’islam justifieraient une fatwa et une punition, fut-elle mortelle ».

« Eh bien non, il va falloir répéter encore et encore que rien, absolument rien ne justifie une fatwa, une condamnation à mort, de qui que ce soit pour quoi que ce soit », martèle Riss, en fustigeant des « petits chefs spirituels médiocres, intellectuellement nuls et culturellement souvent ignares ».

En janvier 2015, Charlie Hebdo avait été victime d’un attentat islamiste qui avait fait 12 morts, dont les dessinateurs Charb, Cabu et Wolinski, après avoir publié des caricatures du prophète Mahomet. Cet attentat avait suscité une émotion mondiale, et Salman Rushdie avait alors exprimé sa « solidarité à Charlie Hebdo ».