Issey Miyake, le « fabricant de vêtements » innovateur dans l’âme

MODE De Paris à New York en passant par son Japon natal, Issey Miyake n'aura eu de cesse de faire sortir la mode des sentiers battus

Xavier Héraud
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Issey Miyake lors de son défilé de prêt à porter à Paris en 1993.
Issey Miyake lors de son défilé de prêt à porter à Paris en 1993. — AP Photo/Lionel Cironneau

C’est un monstre sacré de la mode qui vient de s’éteindre. Issey Miyake est mort à l’âge de 84 ans dans la nuit du 5 août.

Après un diplôme à l’université des beaux-arts Tama de Tokyo, il s’installe à Paris en 1965, où il travaille pour Guy Laroche et Givenchy. Il rentre ensuite au Japon fonder sa propre maison de couture, puis présente son premier défilé Issey Miyake à New York en 1971.

Il joue avec des matières inhabituelles

Tout au long des années 70 et 80, il fait briller le savoir-faire japonais dans le monde aux côtés de Rei Kawakubo (Comme des garçons), Kenzo Takada ou Yohji Yamamoto. Il se distingue néamoins des autres couturiers en jouant avec des matières inhabituelles dans le mode comme le fil de fer, papier artisanal japonais, ou crin et invente même une infusion de résine synthétique pour réaliser une série de bustiers sculptés à partir de 1980.

Innovateur dans l’âme, celui se définit comme un « fabricant de vêtements » développe plusieurs concepts, A-POC pour « A piece of cloth », une tenue composée d’une seule pièce de tissu et son travail sur le plissé a inspiré le concept Pleats Please. Le tout avec une même philosophie, le vêtement doit s’adapter à celui ou celle qui le porte et à son mouvement, et non l’inverse.

De nombreuses célébrités ont porté ses vêtements de David Bowie à Mylène Farmer, en passant par Steve Jobs (les fameux pulls à col roulé noirs). Comme nombre de ses collègues, il développe aussi un parfum, le très populaire L’eau d’Issey.

« Un architecte de la pureté »

Ami proche du couturier, Jack Lang disait de lui qu’il était « architecte de la pureté, un homme ouvert au monde et humble, dont l’œuvre immense, millénaire et futuriste surprend, étonne, émeut. Elle est à la fois sculpture et mouvement ».

Le styliste japonais a présenté le fruit de 45 ans de travail en 2016 à Tokyo avec l’exposition The work of Miyake Issey. Pour une excellente rétrospective visuelle de son œuvre, vous pouvez vous reporter au luxueux livre de 512 pages édité par Taschen, intitulé sobrement Issey Miyake.