Europa Park : Quand la réalité virtuelle donne une seconde vie aux vieilles attractions

TOURNEZ MANÈGES (1/5) Le parc situé en Allemagne mise sur la réalité virtuelle pour renouveler son offre d’attractions

Clément Rodriguez
L'Express des Alpes Enzian à Europa Park (Allemagne)
L'Express des Alpes Enzian à Europa Park (Allemagne) — Europa Park
  • Dans sa série d’été intitulée Tournez Manèges, la rédaction de 20 Minutes vous propose de plonger dans les secrets des attractions à sensation.
  • Cette fois-ci, direction l’Allemagne pour un zoom sur le plus vieux des grands huit d’Europa Park : l’Express des Alpes Enzian.
  • Depuis sept ans, la réalité virtuelle s’est immiscée dans le parcours afin d’offrir un nouveau regard aux visiteurs.

Au bout d’une journée à déambuler dans les allées d’un parc d’attractions, vous imaginez en avoir fait le tour ? Après une dizaine de loopings cumulés, vous pensez que votre cœur peut résister à toutes les sensations ? Et si toutes vos croyances étaient bousculées grâce à la réalité virtuelle ? En Nouvelle-Aquitaine, le Futuroscope a son expérience dédiée à Sébastien Loeb et de l’autre côté de la frontière allemande, Europa Park utilise cette technologie pour faire du neuf avec de l’ancien.

Complexifier un parcours simple

En 1984, le parc souffle sa neuvième bougie et inaugure ses premières montagnes russes : l’Express des Alpes Enzian. Un tour qui dure moins de deux minutes, une hauteur maximale de six mètres, une vitesse de 45 km/h… Bref, une promenade de santé si vous venez de grimper à bord du Silver Star, attraction emblématique du complexe de loisirs avec ses 127 km/h maximum.

Pour pallier la déception que certains visiteurs pourraient ressentir, Europa Park a décidé de pimper son parcours vieux d’une quarantaine d’années avec un casque de réalité virtuelle. « C’était l’attraction la plus vieille, on voulait la renouveler un peu, rapporte Mathis Gullon, chef de projet chez Mack Next. Et c’est la plus classique, on pourrait croire que le parcours est très simple donc on s’est demandé si on ne pouvait pas le twister ». Après une étude des courbes et une première animation en 3D, un film voit le jour. Depuis, un nouveau court-métrage apparaît environ une fois par an.

Une option à deux euros

Mais alors à quoi sert la réalité virtuelle quand les visiteurs peuvent apprécier les couleurs du joli train dans lequel ils viennent d’embarquer et découvrir les décors qui se cachent dans la grotte du parcours ? « On peut accentuer les courbes, faire des loopings alors qu’en réalité, on est sur une ligne droite. A l’inverse, on peut parfois atténuer les sensations », indique Mathis Gullon. L’un des films projeté actuellement emmène le public dans une course-poursuite en jet-ski à travers des virages serrés et des tours complets. Pourtant, dans la réalité, il n’en est rien : vous venez de faire la seule attraction aquatique dont vous ne sortez pas trempé.

Vos vêtements secs ont toutefois un prix : deux euros à l’entrée de l’attraction, en supplément du tarif de votre ticket d’accès au parc. « D’un point de vue de la capacité, on ne pourrait pas suivre » sans rendre cette option payante, justifie le chef de projet. Entre 1000 et 1500 personnes par jour choisissent d’enfiler un casque de réalité virtuelle, soit 15 à 20 % des visiteurs qui rejoignent l’Express des Alpes Enzian.

« La réalité virtuelle a encore tendance à isoler un peu »

Ce grand huit n’est pas le seul à faire usage de la réalité virtuelle au sein d’Europa Park. L’attraction Eurosat Coastiality, basée sur le film Valérian et la Cité des Mille Planètes de Luc Besson, demande également au public d’être équipé d’un casque avant de sauter dans le wagon. Un autre espace, Yullbe Go, propose plusieurs expériences au sein desquelles les spectateurs-acteurs peuvent carrément se déplacer.

De quoi faire oublier ces bonnes vieilles montagnes russes pour laisser place au seul usage des nouvelles technologies ? « Un parc entièrement dédié à la réalité virtuelle, ce n’est pas ce que les gens veulent, répond Mathis Gullon. Le but d’un parc, c’est d’être ensemble, de pouvoir échanger. Pour l’instant, la réalité virtuelle a encore tendance à isoler un peu. Ça marche bien à petites doses mais la journée entière, ça n’a aucun intérêt ».

Malgré cela, il y a désormais toujours une réflexion sur la réalité virtuelle lors de la création de nouvelles attractions. Un casque pourrait alors bien être proposé dans le quatorzième grand huit du parc, dont l’ouverture est prévue à la fin de l’année prochaine.