Pyrénées-Orientales : Black Eyed Peas, Muse… Comment le festival les Déferlantes attire-t-il autant de stars ?

MUSIQUE Le festival près de Perpignan, qui se déroule jusqu'au dimanche 10 juillet, affiche une fois encore une folle programmation

Nicolas Bonzom
— 
Au festival les Déferlantes.
Au festival les Déferlantes. — Boby
  • Après deux éditions annulées en raison du Covid-19, les Déferlantes sont de retour de ce jeudi à dimanche, dans un nouvel écrin, à Céret, dans les Pyrénées-Orientales.
  • Cette année encore, le festival a une folle programmation : Black Eyed Peas, Ofenbach, Sean Paul, Angèle, Clara Luciani, Kungs, DJ Snake ou Muse.
  • Mais comment le festival séduit-il autant de stars ? Avec les « sous », bien sûr, note son programmateur, David Garcia, mais aussi grâce à sa réputation.

Météo-France annonce un beau soleil et plus de 30 degrés, jusqu’au dimanche 10 juillet, à Céret (Pyrénées-Orientales). Mais attention, il va pleuvoir des stars. Pour leur grand retour, après deux éditions annulées, en 2020 et en 2021, à cause de l’épidémie de Covid-19, les Déferlantes affichent une folle programmation.

Dans son nouvel écrin du château d’Aubiry, au milieu des vignes et des cerisiers, le festival catalan accueillera notamment, jusqu’à dimanche, Black Eyed Peas, Cali, Juliette Armanet, Ofenbach, PNL, Simple Minds, Sum 41, Feder, M, Martin Garrix, Orelsan, Sean Paul, Angèle, Clara Luciani, Kungs, Vianney, DJ Snake, Hoshi, et Muse.

A deux pas de l’Espagne et du Portugal

Si l’affiche est particulièrement prestigieuse cette année, l’événement est, depuis longtemps, le rendez-vous des gros bonnets. Depuis sa création, en 2007, les spectateurs des Déferlantes ont applaudi Elton John, Joe Cocker, Mika, Sting, Noel et Liam Gallagher (pas ensemble, malheureusement), Ben Harper, Lily Allen, IAM, Lenny Kravitz, Carlos Santana, The Offspring, Iggy Pop, Manu Chao, NTM, ou Martin Solveig.

Mais comment les Déferlantes parviennent-elles à convaincre autant de stars ? « Evidemment, il y a les sous ! », ne cache pas David Garcia, le programmateur du festival catalan. Mais pas seulement. Pour avoir l’opportunité d’accueillir des vedettes sur ses scènes, l’événement doit entrer facilement dans leur « routing » ; c’est-à-dire le chemin qu’elles empruntent pour aller d’un concert à un autre, souvent à bord de grands bus. Ça, c’est un peu de chance. Mais l’avantage des Pyrénées-Orientales, c’est que c’est bien placé, à la frontière de l’Espagne, et pas loin non plus du Portugal. « Quand les artistes vont en Espagne, au Mad Cool [à Madrid] ou au Portugal, au Nos Alive [à Lisbonne], on est dans le "routing" », poursuit le fondateur des Déferlantes de Céret.

Les agents qui sont déjà venus « savent où ils mettent les pieds »

Mais le véritable travail de fourmi, que l’équipe des Déferlantes mène toute l’année, c’est le dialogue permanent avec les agents des stars. « Cela fait 30 ans que je fais des festivals, ils nous connaissent aujourd’hui, note le fondateur de l’événement. Emma Banks, par exemple, l’agente des Red Hot Chili Peppers, de Katy Perry ou de Muse. Elle est déjà venue au festival avec Arcade Fire [en 2011]. Elle nous connaît un peu, elle voit bien la capacité financière, et l’évolution de notre festival. » Les agents qui sont déjà venus « savent où ils mettent les pieds », poursuit David Garcia.

Les artistes, aussi, en discutent, « bien sûr », entre eux. Et ceux qui sont déjà venus vantent les mérites de l’événement. Et veulent revenir. Comme Iggy Pop ou Lenny Kravitz. « Les Déferlantes sont considérées comme le plus beau festival de France, on est entouré de vignes, dans la montagne. Il y a un château, du soleil… Ça apporte un cachet supplémentaire, explique le programmateur perpignanais. Et puis, il y a la gastronomie ! Quand les artistes viennent chez nous, les meilleurs sommeliers leur font des dégustations de vins. Et à la cantine, c’est 100 % de produits en circuit court. » Une cargolade, des escargots grillés aux herbes, un plat typique du coin, au milieu des vignes, c’est toujours mieux qu’un sandwich en triangle, dans les coulisses d’un Zénith.

Tous ces ingrédients ont permis à l’équipe des Déferlantes de faire bondir le nombre de stars par soirée, cette année. Avant la parenthèse du Covid-19, le festival accueillait « une ou deux têtes d’affiche, et plusieurs "middle", note David Garcia. Désormais, il n’y a quasiment que des têtes d’affiche. On est vraiment, aujourd’hui, sur une programmation équivalente aux plus gros festivals européens. »