Toulouse : La Fête de la musique aura bien lieu… mais à l’ancienne

CACOPHONIE Cette année à Toulouse, en raison de l'explosion des demandes, la mairie n’apportera pas son habituel soutien logistique aux concerts de rue de la Fête de la musique

Hélène Menal
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Des musiciens dans les rues de Toulouse. Illustration.
Des musiciens dans les rues de Toulouse. Illustration. — T. Bordas - Sipa
  • Cette année, pour la première Fête de la musique post-Covid, la mairie de Toulouse ne prêtera pas de matériel aux associations.
  • Il y a eu trop de demandes et le Capitole ne veut pas faire de choix arbitraires.
  • L’opposition donne de la voix sur l’air de l’austérité budgétaire.

Pas de concert sur la place du Capitole organisé par la mairie pour le retour post- Covid de la Fête de la musique. Pas non plus de logistique fournie par la collectivité – tables, chaises, estrades ou scènes démontables. Cette année, il faudra venir avec son instrument mais aussi avec son matos et trouver un branchement dans un bar du coin.

Alors pourquoi ce changement de pied ? « Tout simplement parce que les demandes ont explosé et qu’on ne peut pas prêter ce que l’on n’a pas », assume Jonnhy Dunal, le conseiller municipal en charge des festivités. Il faut croire que les Toulousains ont une grande soif de sorties. Pour le seul 21 juin, l’élu a reçu « plus de 300 demandes d’occupation du domaine public avec prêt de matériel, contre 180 en moyenne avant le Covid-19 ». Et ce, sans compter les vide-greniers ou autres manifestations de plein air. « Je n’ai pas voulu faire des choix arbitraires et j’ai décidé de privilégier les événements extérieurs à la Fête de la musique », dit-il encore.

« Le prix de l’austérité budgétaire »

Quant à l’absence de grand concert sur le Capitole, Jonnhy Dunal a « tenu compte des reproches qui nous ont été faits de phagocyter les flux au détriment des autres musiciens ». Il est pour le retour de « l’esprit populaire des débuts », plus improvisé et artisanal.

Des explications qui sont loin de convaincre l’opposition. Le groupe Alternative municipaliste citoyenne (AMC) voit surtout dans ce reformatage « le prix de l’austérité » et du « trop maigre budget alloué aux événements culturels ». Dans un communiqué, ses membres évoquent une décision « incompréhensible à la sortie de deux années de pandémie éprouvantes ». Ils assurent aussi qu’elle est « lourde de conséquences pour les associations (…) alors que la plupart ont déjà programmé et engagé des frais ». Le soufflet n’est pas près de retomber.