Miss. Tic, grande figure du street art parisien, est morte à 66 ans

DISPARITION Ses héroïnes à la longue chevelure noire ornent de nombreux murs de la Capitale.

20 Minutes avec AFP
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Miss.Tic en janvier 2006
Miss.Tic en janvier 2006 — BERTRAND GUAY / AFP

Les murs du quartier de la Butte aux Cailles, à Paris, font grise mine ce dimanche. Miss. Tic, street artiste qui leur avait donné ses plus belles pièces, est décédée dimanche de maladie à l’âge de 66 ans, a annoncé sa famille à l’AFP.

Née d’un père immigré tunisien et d’une mère normande, Radhia Novat, de son vrai nom, avait commencé à imprimer son art en 1985 dans les rues de la Butte-Montmartre -- où elle a grandi --, du Marais, de Montorgueil et de la Butte-aux-Cailles, après un séjour aux Etats-Unis. « Je venais du théâtre de rue, j’aimais cette idée de l’art dans la rue », expliquait en 2011 la plasticienne, connue pour ses silhouettes de femmes brunes, sexy et poétiques graffées au pochoir.

Poésie murale

« Je me suis dit d’abord "Je vais écrire des poèmes" Puis : "Il faut des images" avec les poèmes. J’ai commencé par des autoportraits, puis j’ai continué vers les autres femmes », ajoutait celle dont les murs gardent trace de ses bons mots : « Quand le vain est tiré il faut le boire », « Ce qui nous crève les yeux nous rend aveugle », « J’enfile l’art mur pour bombarder des mots coeurs »…

Régulièrement exposée depuis 1986 en France comme à l’étranger, Miss. Tic, dont le pseudonyme vient du personnage Miss Tick, la sorcière de la « Bande à Picsou » créée par Carl Barks pour Disney, connait de longues années de galère et d’ennuis avec la justice, le tag ou le pochoir étant considérés comme une détérioration de biens.

Reconnaissance dans les années 2000

Elle est par exemple arrêtée en 1997 mais finit par attirer l’attention des grandes marques dans les années 2000, notamment dans le milieu de la mode (Kenzo, Louis Vuitton). En 2007, elle signe l’affiche du film « La fille coupée en deux », de Claude Chabrol, tandis que La Poste produit des timbres inspirés de ses pochoirs en 2011.

Certaines de ses œuvres ont été acquises par le Victoria and Albert Museum, à Londres, et le Fonds d’art contemporain de la Ville de Paris, rappelle son site Internet.