Eurovision : L'Ukraine va-t-elle organiser l'édition 2023 ?

EVENEMENT Après la victoire du groupe Kalush Orchestra à Turinv, Vlodymyr Zelensky a affirmé que le prochain concours Eurovision se tiendrait en Ukraine, mais rien n'est moins sûr

Fabien Randanne
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Le groupe ukrainien Kalush Orchestra lors de l'ouverture de l'Eurovision, le 14 mai 2022.
Le groupe ukrainien Kalush Orchestra lors de l'ouverture de l'Eurovision, le 14 mai 2022. — Corinne Cumming/UER

De notre envoyé spécial à Turin (Italie)

« L’année prochaine, l’Ukraine accueillera l’Eurovision ! », a annoncé, sur les réseaux sociaux, dans la nuit de samedi à dimanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Une déclaration faite sans tarder, juste après la victoire des Kalush Orchestra à Turin. Le chef d’Etat imagine déjà l’édition 2023 se tenir dans une ville de Marioupol « libre, en paix, reconstruite ».

Pour le chanteur Oleh Psiuk, leader du groupe gagnant, la question ne se pose pas non plus. Il avait déjà fait savoir qu’il n’envisageait pas, en cas de victoire, que le prochain concours se déroule ailleurs que dans son pays. Après la finale, il se projetait dans une « Ukraine nouvelle, intégrée, heureuse ».

Dans son message de félicitations, Charles Michel, le président du Conseil européen, a quant à lui déclaré « souhaiter que l’Eurovision de l’an prochain puisse se tenir à Kiev, dans une Ukraine libre et unie. »

Il est cependant bien prématuré, pour des raisons évidentes, d’affirmer que le concours prendra effectivement la direction du territoire ukrainien dans les prochains mois. Interrogé mercredi sur ce qu’il se passerait en cas de victoire de l’Ukraine, Martin Österdahl s’était borné à une réponse factuelle. « Quand on a un gagnant, nous avons un dialogue avec le diffuseur de ce pays. Nous suivons le même processus tous les ans. Il y a différentes échéances – c’est un projet sur un cycle d’une année – nous avons besoin d’un certain nombre de garanties et d’assurances », avait-il affirmé.

Des plans B ?

Ce dimanche, lors de la conférence de presse des gagnants, il a respecté le protocole habituel en remettant à la cheffe de délégation ukrainienne, Oksana Skybinska, le dossier d’accueil du concours Eurovision – une sorte de cahier des charges détaillé. « Je sais que vous savez ce que cela signifie et implique d’organiser cet événement », lui a-t-il dit, sans s’attarder, comme l’a relayé Variety.

Dans un communiqué​, l’Union européenne de radiotélévision (UER), qui gère l’organisation de l’Eurovision, insistait : « Evidemment, l’accueil de la compétition de l’an prochain implique des défis inédits. Cependant, comme tous les ans, nous attendons de discuter de toutes les conditions et des responsabilités que représente l’accueil du concours avec la chaîne UA : PBC et toutes les autres parties prenantes pour nous assurar d’avoir le dispositif le plus approprié. »

Une manière implicite d’évoquer un plan B ? Certains pays auraient déjà fait savoir leur intérêt en vue d’accueillir l’édition 2023 – qui serait organisée en collaboration avec le diffuseur ukrainien. El Confidencial avance ainsi que la chaîne espagnole RTVE a commencé à évoquer le sujet il y a plusieurs jours, tandis que le quotidien suédois Aftonbladet écrit que la maire de Stockholm, Anna König Jerlmyr, serait prête à présenter la candidature de sa ville.

Si la règle veut que le pays gagnant de l’Eurovision organise l’édition suivante, ce n’est pas une obligation. La dernière fois que ce cas de figure s’est présenté, c’était en 1980. Israël avait remporté le concours qu’il organisait en 1979 mais l’Etat hébreu a passé la main, pour des raisons financières. L’événement s’était finalement tenu à La Haye (Pays-Bas). En revanche, l’UER n’avait jamais eu à se poser la question de ce qu’il se passerait si le pays gagnant était un pays en guerre : la situation est inédite.