Eurovision 2022 : Qui est Soleïla Chaou, la danseuse qui accompagne Alvan et Ahez sur scène ?

PORTRAIT La danseuse, qui accompagne la délégation française, dit s’être « appropriée » la légende qui a inspiré la chanson « Fulenn » pour l’interpréter à « [sa] manière »

Fabien Randanne
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La danseuse Soleïla Chaou, au centre de presse de l'Eurovision, à Turin, le 9 mai 2022.
La danseuse Soleïla Chaou, au centre de presse de l'Eurovision, à Turin, le 9 mai 2022. — Farouk Vallette
  • La danseuse Soleïla Chaou accompagnera les Français Alvan et Ahez sur la scène de l’Eurovision 2022 lors de la finale qui se déroulera ce samedi 14 mai à Turin (Italie).
  • Soleïla Chaou, danseuse professionnelle depuis douze ans, est « très influencée » par la danse flamenco et le voguing qu’elle mêle à ses « bases hip-hop ».
  • « Je me suis imprégnée de cette légende [qui a inspiré Fulenn] et je me la suis appropriée pour l’interpréter à ma manière, explique Soleïla Chaou à 20 Minutes. Pour moi, l’obscurité, le diable, est à l’intérieur de chacun d’entre nous. Quand je danse de cette manière, je danse avec mon obscurité, pour la digérer, la transformer en lumière et être la meilleure performeuse possible. »

De notre envoyé spécial à Turin (Italie),

Ce samedi soir, sur la scène de l’Eurovision, cinq personnes représenteront la France. Le quatuor Alvan et Ahez et Soleïla Chaou. Si, dans les coulisses à Turin cette dernière est discrète, elle n’en est pas moins essentielle à la prestation française.

Danseuse professionnelle depuis douze ans, elle fait équipe avec les artistes bretons depuis la sélection Eurovision France, c'est vous qui décidez, diffusée début mars sur France 2. Elle donne corps au propos de la chanson Fulenn. Inspiré de la légende de Katel Golett, le texte est un récit d’émancipation féminine à travers une figure qui « danse avec le diable » sans se soucier du regard des autres. En breton, le titre signifie à la fois « jeune fille » et « étincelle ».

« Je me suis imprégnée de cette légende et je me la suis appropriée pour l’interpréter à ma manière, explique Soleïla Chaou à 20 Minutes. Pour moi, l’obscurité, le diable, est à l’intérieur de chacun d’entre nous. Quand je danse de cette manière, je danse avec mon obscurité, pour la digérer, la transformer en lumière et être la meilleure performeuse possible. Tout ce qui est en moi, me fait bouillonner ou me rend triste, j’essaie de m’en servir, pour exprimer qui je suis. »

« Je suis moi-même un mélange de cultures »

Celle qui se dit « très influencée » par la danse flamenco et le voguing – elle est membre de la house Miyake Mugler – y ajoute ses « bases hip-hop ». Une approche cohérente avec l’identité musicale de la chanson de l’Eurovision, aux carrefours de différents genres. « C’est un mélange de sonorités qui n’ont rien à voir à la base, mais je suis moi-même un mélange de cultures, donc ça m’inspire tout de suite. Le côté électro me plaît beaucoup, d’emblée, et ces voix bretonnes me rappellent les voix bulgares », avance Soleïla Chaou.

Depuis son arrivée à Turin avec la délégation française le 4 mai, la danseuse découvre l’envers du décor de l’Eurovision. « Je trouve ça énorme, je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi grand, avec autant de monde, aussi bien préparé. C’est un plaisir d’être là, on s’amuse beaucoup, il y a une super ambiance », assure-t-elle. En rentrant en France, ce dimanche, elle gardera le souvenir d’une « expérience géniale » qui lui aura apporté « beaucoup humainement ». Sa flamme, elle, continuera de s’exprimer en mouvements chorégraphies sur les scènes internationales.