Trois ans après l’incendie de Notre-Dame de Paris, les pierres de la reconstruction débutent leur carrière

CHANTIER La première étape de la reconstruction du moment dévasté en 2019 a débuté avec l’extraction et la validation des pierres pour les voûtes dans la carrière de la Croix-Huyart dans l’Oise

Marie Tournier
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Notre-Dame de Paris: Trois ans après l'incendie, la cathédrale renaît de ses cendres — 20 Minutes

« Venez voir les pierres de Notre-Dame ! » Le Général Georgelin, président de l’établissement public (EP) en charge du chantier s’est rendu dans la carrière de l’Oise ce mercredi 13 avril. Malgré un temps pluvieux et un sol boueux, journalistes, directeurs techniques et ouvriers de la carrière étaient au rendez-vous.

« C’est émouvant d’être à la racine »

C’est sous le signe de l’émotion que s’est déroulée la visite menée d’une main de fer par le général. Après les phases de sécurisation de consolidation, de passation des marchés, d’adaptation aux plans etc. La reconstruction est enclenchée. Jean-Louis Georgelin a ajouté que : « C’est très émouvant parce qu’en fait on a un fil direct avec Notre-Dame ».

Pour la famille Horchole qui dirige en parallèle la carrière et l’usine de Saint-Pierre-Aigle où sont lavées les pierres, c’est une fierté. Le fils Fabien Horchole a déclaré : « On n’en fait pas 50 des chantiers comme ça, je m’en souviendrais jusqu’à la fin de mes jours. » Même discours pour le père, Jean-François Horchole : « On est fier de travailler pour Notre-Dame. »

Un chantier dense

L’incendie a détruit 15 % des voûtes de la cathédrale, 150 m3 de pierres neuves sont donc attendues. Les pierres dures nécessaires à la reconstruction de ces parties de la cathédrale seront délivrées par la carrière de la famille Horchole. Fabien nous a confié que : « c’est dense, pour notre activité normale car on reste une petite carrière ». Cependant les hommes Horchole s’étaient préparés. Ils avaient commencé à extraire les pierres avant d’être retenu pour le projet Notre-Dame.

La particularité de ce chantier est que le contrat est signé directement entre l’établissement public et la carrière pour sécuriser l’approvisionnement. Normalement, ce sont les tailleurs de pierres qui achètent la matière première, qu’ils facturent ensuite au maître d’ouvrage. L’autre particularité est que c’est un chantier qui concerne l’Hexagone. « Ce n’est pas un chantier parisien mais celui de la France entière », explique Jean-Louis Georgelin.

Pas d’inquiétude pour 2024

Pour le général à la tête du chantier, la question du délai est cruciale. Il assure que la cathédrale sera rendue au culte catholique de manière définitive avant le 31 décembre 2024. Pour respecter cet objectif, il veille à la moindre avancée du chantier « en rappelant aux gens que c’est un objectif et qu’on n’est pas là pour dormir ». Après s’être rendu dans l’Hérault pour la restauration du grand orgue, en Mayenne pour le sciage des chênes, le voici donc dans l’Oise à surveiller l’extraction des pierres.

Jean-Louis Georgelin se veut confiant car dès 2020 l’EP avait missionné le BRGM pour la sélection des pierres. Il réfute toute corrélation entre la vitesse du chantier et un potentiel travail mal fait. La prochaine étape pour Notre-Dame, c’est l’échafaudage pour la flèche qu’on devrait voir dans le ciel de Paris en début 2023. La reconstitution de l’édifice de Viollet-le-Duc devrait s’achever en début 2024.