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INTERVIEW« Marseille, c’est d’abord une incroyable destinée », lance Hugues Nancy

« Marseille, c’est d’abord une incroyable destinée », lance Hugues Nancy, réalisateur d’un documentaire sur la ville

INTERVIEW« Il était une fois Marseille », diffusé ce mercredi sur France 3, retrace l’histoire de la plus vieille ville de France
Illustration de Marseille.
Illustration de Marseille. - Nilaya Productions / Nilaya Productions
Mathilde Ceilles

Propos recueillis par Mathilde Ceilles

L'essentiel

  • Un documentaire, diffusé en prime time sur France 3 ce mercredi, retrace l’histoire de Marseille.
  • Une manière de faire connaître ou redécouvrir la destinée de la deuxième ville de France, qui est aussi la plus vieille ville du pays.

Elle fascine comme elle agace, elle réjouit comme elle attriste… et elle valait bien un documentaire sur sa destinée tourmentée, et en prime time sur une chaîne nationale, s’il vous plaît. Ce mercredi, France 3 inaugure son cycle de documentaires consacrés aux régions de France par un long film​ sur la cité phocéenne, intitulé Il était une fois Marseille. Une histoire retracée à travers la parole d’une vingtaine de Marseillais, dont certains connus comme Akhenaton ou Ariane Ascaride. Le réalisateur de ce documentaire, Hugues Nancy, revient pour 20 Minutes sur ce film.

Votre documentaire retrace l’histoire de Marseille, de l’Antiquité à nos jours, à travers un récit à la première personne. Pourquoi ?

On avait envie de faire de Marseille une héroïne, comme si c’était une très vieille femme qui pouvait parler. Il faut quand même rappeler que Marseille était Marseille bien avant que la France ne soit la France. Il y a quelque chose qui relève de l’ordre d’un destin unique. Il est très rare en Europe qu’une ville ai une identité presque plus forte que son pays. Marseille, c’est d’abord une incroyable destinée. Elle raconte notre histoire à tous. En étant le premier port français, elle a été le refuge de tous ceux qui voulaient fuir, elle a été le carrefour des civilisations. Elle a donc une histoire fascinante du point de vue historique.

Du point de vue géographique, Marseille est entourée de montagnes, ce qui fait que c’est presque une enclave en Provence. Et enfin, quand on regarde sa composition sociologique, on considère aujourd’hui que Marseille est unique en France. La moitié des Marseillais sont originaires de pays du sud, que ce soit l’Italie, l’Espagne, l’Arménie, la Turquie ou le Maghreb. Marseille est une ville presque mythique, avec une histoire qui relève de l’ordre de la légende. Lors de la projection du documentaire là-bas ce lundi en avant-première, il y avait un peu de méfiance. On se disait : « Qui est ce Parisien qui raconte Marseille ? » Il y avait au final beaucoup d’émotions dans la salle, et si je peux faire apprendre des choses à travers le documentaire, c’est gagné !

Vous n’occultez pas les parts sombres de cette histoire, notamment le clientélisme…

Il fallait raconter Marseille telle qu’elle est, mais aussi telle qu’on l’imagine. La légende noire de Marseille est née au XIXe siècle et va se poursuivre aussi de manière sporadique. Les règlements de compte aujourd’hui entretiennent cette image qui fait peur. Et cette légende revient cycliquement. On remarque que le clientélisme est apparu dès le début du XIXe siècle et a été très présent dans la ville. Et parce que c’est un port qui accueille beaucoup de gens pauvres, il est l’endroit idéal pour l’organisation de trafics prospères. Ça fait partie de l’histoire de cette ville, et mon travail consiste à raconter l’Histoire de Marseille le plus objectivement possible à la France entière.

Pourquoi avoir fait appel à Clara Luciani pour la voix off de ce documentaire ?

A partir du moment où on a choisi que Marseille allait parler dans ce documentaire, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose d’original. On voulait quelqu’un qui sait placer sa voix, donc un chanteur ou un acteur. Et on voulait quelqu’un aussi qui a un attachement fort à Marseille. J’ai entendu un jour Clara Luciani dire, en concert à Marseille, qu’elle était contente d’être à la maison. Elle a vécu à Septème-les-Vallons, juste à côté, et a fait une partie de ces études dans cette ville qui très importante pour elle. C’est un choix surprenant mais elle a accepté tout de suite. Et je trouve que sa candeur, son innocence du fait qu’elle n’a jamais fait ça, marche très bien avec l’histoire de Marseille que l’on raconte.

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