Comme les tabacs ou les pharmacies, les bibliothèques veulent un signe distinctif

SIGNALETIQUE Un appel à candidatures vient d’être lancé afin de concevoir une enseigne pour les bibliothèques afin de les repérer plus facilement dans l’espace public

Jérôme Gicquel
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Illustration d'une bibliothèque municipale. Ici à Avignon.
Illustration d'une bibliothèque municipale. Ici à Avignon. — Adil Benayache/SIPA
  • Comme les tabacs ou les pharmacies, les bibliothèques veulent un symbole qui permette de les distinguer dans l’espace public.
  • Un appel à candidatures vient d’être lancé pour concevoir cette enseigne.
  • Les premières pourraient être apposées sur les établissements dans le courant de l’automne.

On la trouve sur la façade de tous les bureaux de tabac en France. Depuis 1906, la carotte rouge est l’emblème des buralistes qui ont l’obligation d’apposer cette enseigne pour signaler qu’ils vendent des cigarettes. Il en est de même pour les pharmacies qui ont toutes la croix verte sur leur devanture ou pour les vendeurs de journaux qui arborent le fameux losange jaune assorti d’une plume rouge. Comme ces commerces, les 16.000 bibliothèques que compte l’Hexagone aimeraient bien aussi avoir leur propre signe distinctif afin d’être plus facilement repérables et identifiables par les usagers.

En 2018, un rapport confié par Françoise Nyssen, ministre de la Culture d’alors, à l’académicien Erik Orsenna proposait déjà de « créer une signalétique commune pour marquer l’emplacement des bibliothèques partout en France ». Dans les mois qui ont suivi, une démarche en ce sens a été engagée par l’Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France (ADBGV) avant d’être mise en stand-by par la crise sanitaire.

Les premières enseignes apposées à l’automne

Mais l’idée reprend forme avec le lancement ces derniers jours d’un appel à candidatures pour concevoir un symbole visuel pour les bibliothèques afin de mieux les mettre en valeur. « Ce signe doit donner envie aux gens de franchir la porte des bibliothèques en insistant sur le fait que ce sont des lieux gratuits et accessibles à tous et toutes », souligne Malik Diallo, président de l’ADBGV et directeur des bibliothèques municipales et de la bibliothèque des Champs Libres à Rennes.

Jusqu’au 20 avril, les graphistes, designers, artistes et créateurs sont donc invités à déposer leur projet d’enseigne pour les bibliothèques. Parmi les dossiers, cinq d’entre eux seront retenus pour la phase finale avant le choix du lauréat qui aura lieu courant juin avec un budget de 30.000 euros à la clé. « On peut imaginer la phase de conception d’un prototype dans le courant de l’été et voir les premières enseignes se déployer cet automne », espère Malik Diallo.

Contrairement aux marchands de tabac, le signe ne sera pas obligatoire pour les bibliothèques. « On va voir déjà comment cela prend mais l’idée n’est pas d’en faire un label ou quelque chose de contraignant, souligne-t-il. Juste un signe distinctif que chaque commune sera libre d’apposer sur le bâtiment ».