Guerre en Ukraine : Le pianiste Boris Berezovsky provoque la polémique en défendant l’invasion russe

GEOPOLITIQUE Musiciens et anciens amis se sont immédiatement désolidarisés du pianiste

20 Minutes avec AFP
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Le pianiste russe Boris Berezovsky a provoqué un tollé en soutenant l'invasion en Ukraine
Le pianiste russe Boris Berezovsky a provoqué un tollé en soutenant l'invasion en Ukraine — Sergei Fadeichev/TASS/Sipa USA/SIPA

Arrêter de les soutenir et leur couper l’électricité. C’est l’appel du célèbre pianiste russe Boris Berezovsky pour accélérer le siège en Ukraine. Une position qui a suscité l’indignation dans le monde musical. « Je comprends qu’on ait pitié d’eux, qu’on fasse les choses délicatement, mais ne pourrait-on pas arrêter de s’en soucier, les assiéger et leur couper l’électricité ? », a déclaré la star lors d’un talk-show sur la chaîne fédérale pro-Kremlin Pervy Kanal le 10 mars, précisant qu’il parlait de Kiev. Ce à quoi un militaire participant au programme télévisé lui répond qu'« on ne peut pas créer une catastrophe humanitaire de nos propres mains ».

« C’est au-delà du cynisme »

Le pianiste et chef d’orchestre Lars Vogt, directeur musical de l’Orchestre de chambre de Paris, a réagi vivement sur Twitter : « Je n’arrive pas à croire ces propos de mon ex-ami Boris B. Mais je les entends de sa propre bouche. Notre amitié est officiellement terminée ». La pianiste vénézuélienne Gabriela Montera a évoqué « une énorme déception » sur Twitter, ajoutant que « la grandeur musicale et l’empathie ne vont pas toujours de pair ». « C’est au-delà du cynisme », a réagi pour sa part la cheffe d’orchestre finlando-ukrainienne Dalia Stasevska.

Des artistes pro-Poutine déclarés persona non grata

Boris Berezovsky, 53 ans, invité régulier dans les festivals et les salles de concert en France, comme le Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron dans le sud de la France ou le Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, a aussi affirmé que « ce que disent les médias occidentaux, c’est du mensonge pur ». « Nous avons besoin de gagner cette guerre et ensuite de construire quelque chose de bien et de sympa chez nous, dans ce pays. Au final, la vérité parviendra aux gens, j’en suis convaincu, un an passera et la vérité l’emportera », a dit le lauréat du Concours international Tchaïkovski en 1990.

Depuis le début de l’invasion, des artistes considérés comme pro-Poutine, tel que le chef d’orchestre Valéry Gergiev ou la soprano Anna Netrebko, ont été déclarés persona non grata dans la majorité des salles occidentales.