Montpellier : Grâce à des visites virtuelles, le Musée des arts urbains veut rendre le street art éternel

GRAFFITI L’idée du Maum, le musée des arts urbains de Montpellier, est de laisser une trace indélébile des œuvres créées sur les quais du Verdanson, avant ensuite d'ajouter d'autres quartiers

Nicolas Bonzom
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Grâce au Maum, on peut se balader sur les Quais du Verdanson sans bouger de chez soi
Grâce au Maum, on peut se balader sur les Quais du Verdanson sans bouger de chez soi — Maum
  • Le Musée des arts urbains de Montpellier veut rendre « éternelles, des œuvres [de street art] qui sont, par définition, éphémères », confie Pablo Néry, son créateur.
  • Ce musée virtuel propose des visites virtuelles gratuites à 360° du spot de la ville où le street art est roi : les quais du Verdanson. D’autres quartiers seront bientôt ajoutés.
  • Les quartiers seront reshootés régulièrement afin de garder une trace de l’évolution du street art dans les quartiers de la ville, hors d’atteinte du temps.

Le street art, par essence, ne dure pas. La plupart des œuvres finissent toujours par être recouvertes par d’autres, par s’effacer au fil du temps et des intempéries, ou par disparaître à grands coups de nettoyeurs à haute pression. A Montpellier (Hérault), le Maum, le Musée des arts urbains, veut casser cette funeste destinée, en rendant « immortelles, éternelles, des œuvres qui sont, par définition, éphémères », confie Pablo Néry, son créateur, par ailleurs fondateur du Murum, un atelier aux Beaux-Arts.

Ce musée en ligne propose des visites virtuelles gratuites à 360° du spot de Montpellier où le street art est roi : les quais du Verdanson. On peut ainsi se balader dans ce vaste ruisseau, au Corum, aux Aubes, au parc à Ballon ou du côté de Saint-Charles, pour découvrir les graffitis ou les collages qui font la renommée de ce lieu, sans bouger de son canapé. Cet étonnant projet est une réponse à une question « qui nous taraude depuis longtemps sur le caractère éphémère du street art », confie Pablo Néry.

Un « témoignage de nos sociétés »

Tout l’intérêt, poursuit ce féru de street art, c’est aussi de conserver un « témoignage de nos sociétés, que les arts de la rue constituent et constitueront aujourd’hui, et à l’avenir ». Les quartiers seront ainsi reshootés régulièrement par l’équipe du Maum, grâce à des appareils photo spécifiques, afin de garder une trace de l’évolution du street art dans les quartiers de la ville, hors d’atteinte du temps. « Les anciennes visites resteront toujours accessibles, poursuit le fondateur du Maum. Ainsi, vous pourrez découvrir les quais du Verdanson en janvier 2022, mars 2022, ou janvier 2032 ! » Prochainement, des visites virtuelles d’autres spots de Montpellier seront mises en ligne.

Grâce au Maum, on peut se balader sur les Quais du Verdanson sans bouger de chez soi
Grâce au Maum, on peut se balader sur les Quais du Verdanson sans bouger de chez soi - Maum

Quant aux artistes, le concept les intéresse beaucoup, assure le fondateur du Maum, « et suscite toujours le sourire. Pour certains, il répond à une réelle nécessité. L’un d’entre eux nous a même dit : "J’en ai rêvé, vous l’avez fait !" Tout laisse à penser qu’à brève échéance, les artistes seront aussi de précieux contributeurs. »

L’artiste Ador, dont les personnages aux têtes biscornues voyagent dans le monde entier, fait partie des artistes référencés dans ce musée virtuel. « J’ai tendance à penser que cette pratique-là s’apprécie surtout dans la rue, confie-t-il. Mais, forcément, avec les réseaux sociaux et Internet, beaucoup de pièces sont vues à travers l’écran. Mais ce qui est chouette, avec ce projet, c’est que l’on puisse garder une trace. »