Un documentaire se penche sur « L’arnaqueur de Tinder » et ses extorsions massives sous couvert de séduction

ARNAQUE Le documentaire « L’arnaqueur de Tinder », sorti le 2 février sur Netflix, figure dans le top 10 de la plateforme en France

L. Be.
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L'arnaqueur de Tinder sur Netflix
L'arnaqueur de Tinder sur Netflix — NETFLIX
  • Trois femmes racontent dans le documentaire L’arnaqueur de Tinder, tiré de l’enquête du journal norvégien Verdens Gang en 2019, comment un certain Simon Leviev, présenté comme un milliardaire diamantaire, leur a extorqué des sommes colossales.
  • L’homme a mis au point une pyramide de Ponzi ultra-bien ficelée qui lui a permis de conserver un train de vie princier.
  • Le documentaire a été produit par les producteurs de The Imposter et Don’t F**k with Cats, sur le tueur Luka Rocco Magnotta.

Difficile de ne pas tomber dans le piège tendu par Simon Leviev, serial lover multimilliardaire. Le documentaire L’arnaqueur de Tinder, sorti le 2 février sur  Netflix, raconte comment cet homme aux faux airs de prince charmant a extorqué des centaines de milliers de dollars à des femmes qu’il a rencontrées et séduites grâce à la célèbre  appli de rencontre. Tout commence par un banal match avec Cecilie, une jeune norvégienne qui habite à Londres. Il est beau, ténébreux, il a l’air de beaucoup voyager. Il a tout de l’homme idéal, en somme. Après quelques messages, il lui donne rendez-vous le soir même dans le prestigieux hôtel du Four Seasons dans la capitale britannique où il lui propose de l’accompagner en Bulgarie dans son jet privé pour continuer à faire connaissance.

Le charme opère instantanément. Il a tout d’un multimilliardaire « normal ». Cecilie rencontre même la mère de sa fille dont il est séparé, très élogieuse à son sujet. Après quelques semaines de mots doux, de rendez-vous éclair, de bouquets de fleurs somptueux, Cecilie envisage d’emménager avec son prince charmant. Elle visite des appartements londoniens, il lui parle de leur future vie à deux, des enfants qu’il espère avoir avec elle. Comment ne pas croire au grand amour dans ces conditions ? Et surtout, comment imaginer qu’un riche héritier diamantaire, entouré d’un garde du corps et d’une horde de collaborateurs, puisse avoir mis en place une pyramide de Ponzi ultra-performante ?

Une arnaque très bien ficelée

Au bout d’un mois de relation, Simon contacte Cecilie pour lui expliquer que Peter, son garde du corps, a été violemment agressé, photos à l’appui. Il explique qu’il est en danger, qu’il a des ennemis puissants et qu’il a besoin de cash pour éviter la traçabilité. Il demande non seulement des sommes colossales d’argent -15.000 à 25.000 euros tous les deux ou trois jours- mais aussi une carte bleue au nom de Cecilie pour payer son opulent train de vie tout en préservant son anonymat. La jeune femme craint pour la sécurité de son compagnon, elle est terrifiée, elle veut le protéger. En amour, on ne compte pas. Sur les conseils de Simon, elle multiplie les prêts dans différentes banques pour débloquer le plafond de sa carte. Cecilie ne doute pas que Simon la remboursera rapidement vu son patrimoine, mais les jours passent et elle ne voit pas l’argent tomber sur son compte en banque.

Au même moment, Pernilla, une jeune suédoise, devenue une amie de Simon après l’avoir rencontré sur Tinder, passe un été princier avec le jeune homme et sa nouvelle petite amie d’origine russe Polina. L’argent de Cecilie sert donc à payer des vacances grand luxe, faites de restaurants cinq étoiles, d’hôtels hors de prix, de champagne à volonté. « Simon est généreux », explique Pernilla qui ne tarde pas à découvrir à son tour le vrai visage de l’arnaqueur. Le scénario se répète avec les photos de son garde du corps, le danger de Simon, le besoin d’argent. La jeune femme qui n’entretient pourtant pas une relation amoureuse avec lui, n’hésite pas à vider ses économies pour venir en aide à son ami.

La partie émergée de l’iceberg

Quelques semaines plus tard, il lui rend un chèque de 500.000 dollars en guise de remboursement, mais l’argent n’apparaît jamais sur son compte en banque. Même procédé que pour Cecilie qui se retrouve criblée de dettes. Chaque extorsion lui sert à séduire une nouvelle victime, et ainsi de suite. En enquêtant, Cecilie découvre que derrière Simon se cache Shimon Yehuda Hayut, un Israëlien condamné pour avoir escroqué trois Finlandaises en 2015. L’homme est recherché par les autorités israéliennes pour des délits.

Ce documentaire, par les producteurs de The Imposter et Don’t F**k with Cats, sur le tueur en série Luka Rocco Magnotta, met au jour la mécanique ultra-sophistiquée d’une arnaque à plus de 6 chiffres qui mettra trois femmes -et probablement bien plus- en grande difficulté financière. Morale de l’histoire, si un multimilliardaire vous sort le grand jeu sur Tinder, méfiez-vous.

Après la publication d'une enquête des journalistes du journal norvégien Verdens Gang qui connaît un retentissement international en 2019, Shimon finit par être arrêté à Athènes, extradé en Israël et condamné à 15 mois d’emprisonnement. Il a été libéré au bout de cinq mois. Il continue de dévoiler son train de vie hors norme sur Instagram et de clamer son innocence. De son côté, Tinder a annoncé avoir désactivé son compte après une enquête interne, selon Variety.