Jean-Claude Mézières, dessinateur de la BD « Valérian et Laureline », est mort

DISPARITION Jean-Claude Mézières, grande figure de la BD de science-fiction, est mort dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 83 ans

Anne Demoulin
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Pierre Christin et Jean-Claude Mézières à la première du film de Luc Besson « Valérian et la Cité des mille planètes ».
Pierre Christin et Jean-Claude Mézières à la première du film de Luc Besson « Valérian et la Cité des mille planètes ». — David Niviere/SIPA

Il était le co-créateur de la célèbre série de BD de SF Valérian et Laureline. Jean-Claude Mézières, une des grandes figures de la BD française, est mort dans la nuit de samedi à dimanche. « C’est avec une immense tristesse que nous apprenons le décès de Jean-Claude Mézières, disparu dans la nuit du 23 janvier 2022 à l’âge de 83 ans », a annoncé son éditeur, Dargaud, dans un communiqué.

Influence de nombreux auteurs à travers le monde, il avait une prédilection pour la science-fiction et a aussi travaillé dans l’illustration, la publicité, la photographie, le cinéma ou la télévision.

« Le nom de Mézières est d’abord associé aux personnages de Valérian et Laureline dont il fut le co-créateur et qu’il dessina pendant plus de cinquante ans aux côtés de son scénariste et ami de toujours, Pierre Christin », a défini l’éditeur.

« Son exigence, son énergie, sa forte personnalité, sa bienveillance, sa simplicité, sa joie de vivre, sa curiosité joie, manifeste de lui un être précieux et profondément attachant », a-t-il commenté.

Pierre Christin, son compère de toujours

Né le 23 septembre 1938 à Paris, et ayant grandi à Saint-Mandé, Jean-Claude Mézières avait connu Pierre Christin à l’occasion d’un bombardement en 1944, lors desquels les familles des deux enfants s’étaient réfugiées dans la même grotte.

Ce féru de dessin et de Tintin, qui s’essaie à la BD dès ses 15 ans, étudie à l’école des Arts appliqués à l’industrie et au commerce (« Arts’a »), spécialité « tissus et papiers peints ». Il est publié pour la première fois en 1955, dans l’hebdomadaire Cœurs vaillants.

Après son service militaire, où il est envoyé en Algérie, il est engagé comme maquettiste puis illustrateur chez Hachette, puis assistant photographe dans un studio de pub. Il part pour les États-Unis, où il exercera comme cow-boy, et y rencontre sa femme, Linda, une étudiante de Pierre Christin qui enseigne à Salt Lake City (Utah, ouest).

Une série traduite dans une vingtaine de langues

C’est en 1967 que Pierre Christin et Jean-Claude Mézières font paraître dans Pilote le premier épisode des aventures des « agents spatiotemporels de Galaxity » Valérian et Laureline, à l’époque où la science-fiction intéresse peu d’auteurs de BD.

Le succès débouchera sur « 25 albums » , traduits « dans une vingtaine de langues », rappelle Dargaud, qui y voit l’une des influences de la saga cinématographique « Star Wars ».

La série a donné lieu au film Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson en 2017, dont l’échec commercial mène la société de production du cinéaste au bord de la faillite.

Les autres albums de Mézières s’intitulent Les Extras de Mézières, Lady Polaris ou encore Adieu rêve américain.

Les taxis volants du « Cinquième Élément »

« Jean-Claude Mézières a aussi travaillé pour le cinéma, dessinant des décors et des costumes pour Un dieu rebelle, un film de Peter Fleischmann, et pour Le Cinquième Élément de Luc Besson, auquel il a donné l’idée des taxis volants », a poursuivi Dargaud.

A l’occasion de Lille 2004 capitale européenne de la culture, il avait aussi orné d’un décor spatial la rue Faidherbe, l’une des plus belles artères du centre-ville.

Sa dernière parution, en octobre, L’Art de Mézières, était un panorama de sa créativité graphique, qui « a permis de mettre en lumière son œuvre d’une grande richesse » d’après l’éditeur. Jean-Claude Mézières avait une fille et un petit-fils.