Mort de Meat Loaf: Retour sur une carrière peu banale entre rock et films cultes

NECROLOGIE Meat Loaf laisse derrière lui un album marquant, « Bat Out Of Hell », et des rôles dans des classiques tels que « The Rocky Horror Picture Show » et « Fight Club »

F.R. avec AFP
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Le rockeur et acteur Meat Loaf, en 1982.
Le rockeur et acteur Meat Loaf, en 1982. — Media Press/Shutterstock/SIPA

Pour certains, il est le Eddie du Rocky Horror Picture Show ou le Robert Paulson de Fight Club. Pour d’autres, il est la star de Bat Out Of Hell, album sorti en 1977 et écoulé à 40 millions d’exemplaires autour du monde.  Meat Loaf, qui vient de mourir à l'âge de 74 ans, aura eu une carrière tout sauf banale.

Il y a d’abord son pseudonyme, signifiant « pain de viande » en français. La petite histoire veut qu’il ait été affublé de ce surnom par son père, en raison de son physique, et qu’il en a souffert dans son enfance lorsque ses camarades y avaient recours pour le moquer. Il se trouve aussi que les initiales correspondent à celle de son vrai nom, Marvin Lee Aday. Reprendre ce sobriquet stigmatisant et vexatoire pour accéder à la gloire devait avoir un goût de revanche.

100 millions d'albums vendus

Né en septembre 1947 à Dallas (Texas), il a d’abord vivoté entre des premiers pas hésitants comme musicien et des petits boulots tel que garde du corps au début des années 1970. Tout s’est accéléré au milieu de cette décennie avec des rôles sur scène dans les comédies musicales Hair puis The Rocky Horror Picture Show, rapidement transposée sur grand écran.

Le nom de Meat Loaf est entré dans l’histoire de la musique avec le succès de Bat Out Of Hell, prolongé par une suite en 1993 portée par le tube I’d Do Anything For Love (But I Won’t Do That). Au total, il a vendu plus de 100 millions d’albums au cours de sa carrière.

C’est sa rencontre avec Jim Steinman, parolier et compositeur, qui a tout déclenché musicalement. Ensemble, ils ont livré Bat Out Of Hell, un album de rock-opéra pour ses admirateurs, rock-ampoulé pour ses détracteurs.

A la production, il y avait un autre homme-clé, Todd Rundgren, « un des secrets les mieux gardés du rock », disciple du légendaire producteur Phil Spector (et son fameux mur du son, empilement de couches sonores), comme l’écrit Nicolas Dupuy dans Take One, les producteurs du rock.

Drogue et rock and roll

« Tout le monde l’a détesté à sa sortie », se souvenait Meat Loaf dans une interview à la télévision américaine. Il aura fallu l’appui de deux de ses meilleurs amis, les comédiens en vue John Belushi et Gilda Radner, pour que l’album rencontre le succès. « John et Gilda ont fait pression pendant neuf mois sur le producteur Lorne Michaels pour qu’il m’invite dans son émission Saturday Night Live. Il m’a finalement programmé lors du dernier show de 1978. C’est ce qui a tout changé. »

Les titres Paradise By The Dashboard Light, Bat Out Of Hell ou Two Out Of Three Ain’t Bad ont ainsi poussé l’album vers les sommets des ventes.



Dans les tournées qui ont suivi, Meat Loaf a inséré des séquences théâtrales dans des shows grandiloquents, cheveux longs et foulard rouge au poignet. En coulisses, tous les excès du rock and roll étaient là, notamment les drogues, comme l’ont raconté plus tard ses musiciens.

A partir des années 2000, les pépins de santé se sont multipliés pour l’artiste, y compris des malaises sur scène.

Soutien du parti républicain

Son décès, à 74 ans, a été annoncé vendredi sur Facebook par ses proches. « C’est le cœur brisé que nous annonçons que l’incomparable Meat Loaf est parti, sa femme Déborah à ses côtés ». La raison précise de sa mort n’est pas spécifiée dans ce message.

En dehors de ses activités artistiques, Meat Loaf a fait partie des rares chanteurs américains de premier plan, hors musique country, à soutenir activement le parti républicain. Il avait notamment fait campagne en 2012 pour Mitt Romney, adversaire malheureux de Barack Obama.