Montpellier : La galère de la Secret Place et des salles de concert indépendantes pour survivre

MUSIQUE Privée de rentrées financières depuis quasiment deux ans, la Secret Place, une salle de concert de musique rock et alternative, emblématique de Montpellier, risque la fermeture

Jérôme Diesnis
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La Secret Place, une des salles de concert historiques de la ville.
La Secret Place, une des salles de concert historiques de la ville. — Secret Place
  • Après deux ans de restrictions et d’interdictions, la salle de concert de Montpellier, la Secret Place, est au bord de la rupture.
  • Indépendante, gérée par une association, elle est l’une des salles de concert historiques de la ville.
  • « On a vendu des tee-shirts, des vinyles, réalisé des clips vidéo pour les groupes et permis l’enregistrement d’albums. Mais il y a un moment où on arrive au bout de ce qu’on peut faire », évoque Fyfy, son fondateur, qui espère une subvention exceptionnelle de la ville de 30.000 euros pour s’en sortir.

« Dans trois mois, nous mettrons la clé sous la porte si nous ne sommes pas aidés. » François-Xavier Pinchon, que le monde de la musique connaît à Montpellier sous le pseudo de Fyfy, résume laconiquement la situation. La Secret Place, une salle de concert dédiée au  rock, une institution dont il est le fondateur, a chiffré à 30.000 euros les besoins de trésorerie pour tenir jusqu’au retour – espéré – à la normale.

Minée par deux ans de Covid-19, de restrictions en tous genres et de sa principale source de revenus, les concerts, la Secret Place est au bord de l’asphyxie. Cette salle de concert indépendante, l’une des rares de la préfecture de l'  Hérault, a bien tenté de se diversifier. « On a vendu des tee-shirts, des vinyles, réalisé des clips vidéo pour les groupes et permis l’enregistrement d’albums. Mais il y a un moment où on arrive au bout de ce qu’on peut faire. »

Des charges fixes en forte hausse

Créée en 2000, la Taf, l’association Tous à fond, qui gère ce lieu phare de la musique rock et metal, a l’habitude de se débrouiller avec de petits moyens. Au fil des années, les membres de l’asso, tous musiciens, ont transformé le hangar de Saint-Jean-de-Védas en une belle salle de concert, ajouté un étage, créé trois locaux de répétition. « On a une place importante auprès des groupes locaux, reprend Fyfy. Avant de pouvoir se produire dans des salles comme Victoire 2 (700 places) ou le Rockstore (850 places), les groupes ont besoin de tourner dans des capacités alternatives (300 places) comme la nôtre ».

Contrairement à ces deux salles ou encore au Jam, qui appartiennent à la mairie, la Secret Place n’a aucune marge sur ses charges fixes, en forte hausse depuis la rentrée. Pour aider les structures à passer le cap de la pandémie, la municipalité de Montpellier a gelé les loyers. La Secret Place ne peut pas bénéficier de telles exemptions. « Il y a deux ans, nous étions onze salariés. Nous sommes sept désormais et plus que cinq le mois prochain. » Une demande de subvention exceptionnelle auprès de la collectivité est en cours d’examen.

Deux ans d’uppercuts et de restrictions

Depuis deux ans, le milieu musical encaisse chaque mesure sanitaire comme un nouvel uppercut. L’interdiction des concerts, celle des répétitions pour les amateurs lors du premier confinement, celle d’assister aux concerts debout depuis le mois de décembre ont asséché programmation et trésorerie. « 80 % de nos têtes d’affiche viennent de l’étranger. Là, ils ne viennent plus faute de garanties sur l’ouverture des frontières. On a l’espoir, encore, que ça reparte en mars. On repartira d’une feuille blanche, s’il le faut, car tous les groupes ont annulé. D’ici là, on a besoin d’aides pour tenir. »