Hommage à Johnny Hallyday: Erwan, fan le plus à l’ouest du Taulier, raconte ses périples depuis son île pour aller aux concerts

IDOLE DES JEUNES Quatre ans après la mort de Johnny Hallyday, Erwan Masson publie un livre hommage où il raconte sa vie d’admirateur de la rock star

Camille Allain
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En 2006, Erwan Masson avait rencontré Johnny Hallyday aux Vieilles Charrues. Un moment inoubliable pour le fan.
En 2006, Erwan Masson avait rencontré Johnny Hallyday aux Vieilles Charrues. Un moment inoubliable pour le fan. — Coop Breizh - Tous droits réservés
  • Il y a quatre ans jour pour jour, Johnny Hallyday décédait à l’âge de 74 ans, laissant des milliers de fans avec leur peine.
  • Sur l’île de Molène (Finistère), Erwan Masson a eu du mal à se remettre de la disparition de son idole.
  • Il vient de sortir un livre hommage où il raconte sa vie d’admirateur de Johnny. Et les fois où il a pu le rencontrer.

Sa vie a sans doute basculé sur un coup de pied. Du moins, c’est ce qu’il aime raconter. Un vieux coup de savate envoyé dans le juke-box de l’hôtel tenu par ses parents sur l’île de Molène. C’est sur ce caillou situé à trente minutes en bateau du port du Conquet (Finistère) qu’Erwan Masson a découvert  Johnny Hallyday. « J’avais 8 ou 9 ans. J’étais énervé et j’ai tapé dans le juke-box. » Les premières notes de Fils de personne résonnent alors dans le bar de l’hôtel Kastell an doal. Un morceau sorti en 1971 inspiré d’un tube de Creedence Clearwater Revival repris par un Johnny Hallyday très remonté. « Je connaissais Johnny car un de mes cousins était fan. Mais je ne l’avais jamais entendu comme ça. »

Erwan Masson ne le sait pas encore, mais ce morceau changera sa vie. Il lui permettra de quitter son île de Molène plusieurs fois par an, pour suivre les concerts du Taulier. Ce bout de terre, il le chérit parce qu’il y a grandi. Mais il reconnaît qu’il a toujours été heureux de le quitter de temps en temps, échappant quelques jours au quotidien de l’hôtel familial dans lequel il a toujours travaillé et qu’il avait transformé en véritable musée. « Ce n’est pas rien d’aller à Paris quand tu habites à Molène. Il faut prendre le bateau, le bus, le train, réserver un hôtel. Sur l’île, on me traitait d’extraterrestre. Mais c’était un tel plaisir à chaque fois pour moi de m’échapper ! Je rencontrais des gens de partout. Le concert, je le connaissais par cœur, j’allais surtout pour discuter avec les autres fans ». Dans la famille Masson, Erwan n’était pas le premier à procéder ainsi. Fan d’Elvis Presley, sa mère avait déjà voyagé, allant jusqu’à rencontrer le King aux Etats-Unis.

« Je ne suis pas un fan illuminé »

Il y a quatre ans, c’est elle qui est venue réveiller Erwan Masson en pleine nuit. Un journaliste d’Europe 1 voulait recueillir la réaction du fan à la mort de son idole. En apprenant la nouvelle, Erwan s’est montré solide, a enchaîné les interviews pendant plusieurs jours. Avant de réaliser l’ampleur de la nouvelle. L’homme qu’il aimait tant venait de s’éteindre à l’âge de 74 ans,  laissant des milliers de fans avec leur peine. Quatre ans plus tard, il est toujours sonné. « Je ne suis pas un fan illuminé, je ne suis pas cinglé, je n’étais pas à genoux devant lui. Mais il m’a fallu du temps pour comprendre que ma vie changeait. Je vivais sereinement tant qu’il était là, parce que j’attendais la nouvelle galette, la tournée. Et là, tout s’arrêtait. J’ai vu beaucoup d’autres admirateurs, on a parlé. Personne n’avait envie de mettre le mot fin. »

Privé de son hôtel qu’il a dû fermer, de son idole et de ses folles virées sur le continent, Erwan Masson aurait pu sombrer. A l’écouter, il n’en était pas loin. Il a refait surface grâce à un ouvrage, qu’il vient de faire paraître aux éditions Coop Breizh. Dans Johnny, mon île et moi, Erwan raconte les 200 concerts, les soirées en backstage, les rencontres avec la légende et le voyage à Las Vegas où cinq avions de fans avaient été affrétés depuis la France. « Chaque avion porte le nom d’une chanson. Le nôtre s’appelle Le Pénitencier. L’ambiance est incroyable. Toutes les catégories sociales ainsi que tous les âges sont représentés : le plus jeune a 14 ans, la doyenne a 87 ans », raconte le Molénais dans son ouvrage de 150 pages.

Au fil de sa vie de passionné, Erwan Masson a croisé le roi du rock français à plusieurs reprises, notamment aux Vieilles Charrues, à Carhaix, en 2006. Il l’appelait parfois pour lui souhaiter son anniversaire. S’il devait ne garder qu’une image, il conserverait celle du bleu de ses yeux. « Ça m’a frappé au cœur. » Chaque jour depuis la mort de celui qui était né Jean-Philippe Smet, le Breton écoute l’album A partir de maintenant. Un disque doux d’une trentaine de minutes qui résonne chaque matin vers 5h30 ou 6 heures dans une maison très à l’Ouest, balayée par les vents et marées. A Molène, Johnny vit toujours. « Je sais qu’il n’est pas mort… Il dort. »