« Les Schtroumpfs », « Marsupilami », « Astérix »... Comment vos personnages de BD préférés deviennent des héros de jeux vidéo

JEU VIDEO Plusieurs jeux adaptés de BD franco-belges sortent cet automne, tous du même éditeur français Microids

Vincent Julé
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« Astérix & Obélix : Baffez-les tous !» est, comme son titre l'indique, un jeu de baffes et de baston
« Astérix & Obélix : Baffez-les tous !» est, comme son titre l'indique, un jeu de baffes et de baston — Microids
  • Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille, Marsupilami et le Secret du Sarcophage, Astérix & Obélix : Baffez-les tous !…. Plusieurs jeux adaptés de BD sortent ces semaines
  • Derrière tous ses jeux, un seul éditeur français, Microids, qui s’est fait une spécialité d’adapter des BD et exploiter des licences existantes
  • Son PDG Stéphane Longeard explique à 20 Minutes comment sont choisis les titres, comment se passent les négociations, quelle importance ont les gameplays…

Cet automne, les héros de bandes dessinées quittent leurs cases pour squatter les écrans et surtout les consoles. Non pas les héros de comics ou de mangas, avec par exemple des jeux Gardiens de la Galaxie et Demon Slayer, mais des héros bien de chez nous. Les Schtroumpfs avec Mission Malfeuille le 26 octobre, Marsupilami et le Secret du Sarcophage le 16 novembre et, enfin, Astérix & Astérix & Obélix : Baffez-les tous ! jeudi prochain, pas moins de trois jeux adaptés de BD franco-belges sortent ainsi en l’espace de quelques semaines, tous chezr le même éditeur, Microids.

Au bon souvenir des jeux Infogrames

Incontournable dans le paysage vidéoludique français depuis presque 30 ans, la société est connue pour ses créations originales comme Syberia ou Still Life, mais également pour son exploitation de licences existantes comme Fort Boyard, Agatha Christie et donc de la BD. Son actuel PDG, Stéphane Longeard, est passé par le studio Infogrames, qui dans les années 1990 a développé parmi les plus célèbres adaptations de BD en jeux avec Les Schtroumpfs, Spirou, Lucky Luke ou Tintin au Tibet.

« J’ai ensuite créé ma boîte Anuman Interactive, qui a été rachetée par Media Participations en 2009 puis nous avons acheté dans la foulée Microids pour accompagner le développement du groupe dans le digital et voir ce qui pouvait résonner en jeu vidéo. » Il faut rappeler que Média Participations est le quatrième groupe éditorial de France, avec les maisons Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Lucky Comics…

Des grosses licences et des gameplays classiques

S’il est plus facile d’adapter ses héros de BD « maison », Microids a noué des relations historiques avec des ayants droit, et même concurrents, comme Hachette pour les Editions Albert René, IMPS pour les Schtroumpfs et même Moulinsart pour Tintin, dont un nouveau jeu est actuellement en développement. « Faire une bande dessinée coûte entre 50.000 et 100.000 euros, mais pour un jeu vidéo, ajoutez quelques zéros », commente Stéphane Longeard. D’un à sept millions d’euros de budget. « Il faut donc des très grosses licences, à l’aura internationale, et les déployer sur le long terme, pas sur un seul jeu. »

Le type de jeu, de gameplay, est aussi important, et le président de Microids assume de « ne pas réinventer l’eau chaude » : « Il faut ce que j’appellerais des classiques, des gameplays qui ont fait leurs preuves. Inventer un nouveau concept est une prise de risque qui n’est pas toujours possible avec certaines licences. Notre jeu Schtroumpfs et son système d’aspiration ont été comparés à Luigi’s Mansion. Comme une critique. Mais moi, cela me va bien d’être comparé à la référence. » Il met aussi en avant des budgets sans commune mesure, de « deux millions d’euros pour Mission Malfeuille à dix fois plus pour Luigi’s Mansion. Un prix qui se retrouve en rayon, avec le nôtre à 30-40 euros et le Nintendo à 70 euros ».

Une question de temps et de confiance

Les jeux Microids sont également, d’une certaine façon, des produits dérivés et s’inscrivent dans un écosystème qui rappelle ceux de Disney. « Marsupilami est une licence qui a connu une aura internationale avec la série animée de Disney il y a 25 ans, explique Stéphane Longeard. Le nouveau jeu accompagne une BD récurrente, le parc d’attractions Spirou, et une nouvelle série animée à venir bientôt. » Il ajoute que pour convaincre les ayants droit, Microids peut venir avec une dizaine de concepts sous le bras, mais que tout est surtout une question de confiance et de temps : « Moulinsard, il a fallu dix ans, mais une fois signé avec eux, le jeu est plutôt facile à produire ». Il en a été de même avec les Japonais pour le futur jeu Goldorak, annoncé pour 2023.

Le dernier Astérix & Obélix : Baffez-les tous ! joue à la fois sur le terrain de l’adaptation de BD et du revival rétro, puisqu’il revisite le jeu culte Astérix de Konami de 1992, là encore un parti pris assumé par Stéphane Longeard qui cite le travail de Dotemu avec Street of Rage 4 et le prochain Teenage Mutant Ninja Turtles : Shredder’s Revenge. « Il s’agit de trouver l’alchimie entre les licences et les gameplays », conclut-il, rappelant les retours prochains chez Microids de Joe & Mac, Arkanoid ou Flashback.