« En humour, il y a une carapace que je n’ai pas en musique », explique Camille Lellouche qui sort son premier album,

INTERVIEW Ce vendredi, Camille Lellouche dévoile son premier album, intitulé « A », six ans après sa participation à « The Voice » et un parcours déjà bien chargé

Juliette Mouillet
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Camille Lellouche aux Victoires de la musique, le 12 février 2021
Camille Lellouche aux Victoires de la musique, le 12 février 2021 — LAURENT VU/SIPA
  • Ce vendredi 26 novembre, Camille Lellouche sort son premier album, A.
  • Cet album, « c’est surtout un besoin de me livrer profondément. En humour, il y a une carapace que je n’ai pas en musique », a confié l’artiste à 20 Minutes.

Six ans après sa participation à The Voice, un spectacle, des films et une Victoire de la chanson originale pour son duo avec Grand Corps Malade, Camille Lellouche sort son tout premier album ce vendredi 26 novembre, intitulé A.

Un premier album aux sonorités R & B, soul et pop, qu’elle avait commencé à dévoiler tout au long de l’année avec trois clips puissants et chargés en émotion. A travers quinze titres, l’artiste aux multiples talents parle à coeur ouvert de ses proches, sa vie, mais aussi des épreuves qui l’ont bousculée. Nous l’avons rencontrée…

Vous êtes actrice, humoriste, musicienne, chanteuse… Mais qu’est-ce vous ne savez pas faire ?

Il y a plein de choses que je ne sais pas faire ! Je ne sais pas courir par exemple, je ne sais pas jouer au tennis, même si j’aurais adoré. Je ne sais pas trop danser, je suis une « bougeuse », certes, mais j’admire les gens qui arrivent à simuler des chorégraphies, comme ça.

Le public vous a découvert il y a six ans maintenant, dans The Voice. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour sortir ce premier album ?

Je n’ai hélas pas attendu autant de temps. J’ai commencé par la musique et il y a beaucoup de maisons de disques qui voulaient me signer quand j’avais 17 ans. Ce qu’ils me proposaient ne me convenait malheureusement pas, parce qu’à l’époque, j’étais déjà auteur, compositeur, interprète, et j’avais déjà cette « niaque » de dire « non, on n’écrit pas pour moi ». Ensuite ça a été long, puisque le processus est long. J’ai attendu, j’ai fait une « pause d’humour », et là j’ai senti que j’avais besoin de retrouver mes premières amours.

Que représente-t-il pour vous ?

Cet album c’est l’éclosion, la naissance, c’est celui que j’attends depuis 20 ans. J’ai donné tout mon amour. Surtout, il traverse toutes les étapes que j’ai vécues dans ma vie, affectives ou pas, des histoires plutôt personnelles et privées que je dévoile à travers les morceaux. Ce n’est pas forcément de jolis moments, mais voilà, sur ce premier album c’est ça, le prochain sera peut-être plus heureux. Je ne veux pas faire pleurer tout le temps, mais pour l’instant oui, c’est ce dont j’ai besoin.

Votre album s’intitule simplement « A » . Pourquoi ?

« A », c’est déjà parce que je parle beaucoup d’amour dans cet album. Mais c’est aussi un « A » pour amitié, « A » pour authentique, qui est aussi le nom du documentaire qui m’est consacré sur Canal+… « A » parce que début, commencement, première lettre de l’alphabet. Je trouve que tout ça avait un sens. Et je n’aime pas les titres, donc je voulais trouver quelque chose de très concis, efficace.

C’est un album très personnel… Était-ce un besoin de montrer une nouvelle facette de votre personnalité ?

Oui certainement, c’est surtout un besoin de me livrer profondément. En humour, il y a une carapace que je n’ai pas en musique. Quand je chante, je suis sincère, non pas que je ne le suis pas en humour, mais on se protège plus facilement en humour avec des personnages. En musique c’est un peu compliqué, c’est soit tu chantes, soit tu ne chantes pas. Et je ne voulais pas faire d’entre deux, ni semblant. Tout ce que je dis c’est la vérité, c’est ma vie.

Vous confiez, notamment dans Parle encore, ne pas avoir eu une vie facile dans le passé. Quel a été le rôle de la musique dans ces moments-là ?

Le rôle de la musique, c’est tout. C’est ce qui me sauve de mes vieux démons, ce qui me sauve de la tristesse, du malheur, de l’abandon, de tout. C’est ma meilleure amie. Le piano, c’est celui qui me permet d’évacuer mes peines, mes peurs. C’est celui qui me sauve la vie, en fait.

Dans Outro, dernier morceau de l’album, vous dites « j’ai attendu longtemps que mes rêves deviennent réalité, aujourd’hui je suis en plein dedans, presque en train de regretter ». Quel aspect du succès regretteriez-vous ?

On est des humains avant d’être des artistes mis au-devant de la scène, donc quand tu donnes tout pour des gens, le public, et qu’ils te crachent dessus dans les moments qui sont durs, ce n’est pas facile. Je suis sensible, je suis comme tout le monde, donc soit vous m’aimez pour le meilleur et pour le pire, soit vous allez voir quelqu’un d’autre. On est comme un couple, donc des fois je donne tellement que je me dis « je fais tout ça pour quoi, en fait ? », c’est plus en ce sens-là.

Vous vous êtes parfois oubliée pour votre public ?

Oui, je me suis oubliée, et c’est important qu’ils le sachent et que je me livre à eux, notamment dans ce titre. Tous les artistes ne sont pas comme ça, mais moi, vraiment, je vis pour mon public. Sans eux, je ne serais pas là. Tu peux être la plus talentueuse, la plus douée du monde, mais si les gens ne veulent pas de toi, tu ne feras rien de ta vie, et tu vas en souffrir. C’est ce qui m’est arrivé pendant longtemps. Au final, c’est une relation qui va dans les deux sens. Des fois je vous déteste, des fois je vous aime, comme vous. Mais soyez conscients de ce qu’est vraiment ma vie. Comme un couple, encore une fois, on peut s’engueuler, se séparer, mais aussi revenir. J’aime cette relation, elle est saine.

D’ailleurs, c’est le seul morceau de l’album où vous rappez. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Parce que j’aime le rap, même si on ne peut pas dire que je sois une rappeuse. Après j’aime chanter, donc je ne peux pas faire un album QUE de rap, mais peut-être un jour, qui sait, je suis tellement ouf [rire]. Sinon, il n’y avait pas de raison particulière pour cette chanson. A vrai dire, elle est arrivée très tard dans la conception de cet album. J’étais avec mes amis dans le Sud, et je n’étais pas très en forme, pas très heureuse. J’ai fait deux trois accords, et je l’ai écrite là-bas, j’ai beaucoup pleuré. Ensuite, j’ai mis du temps à la poser en studio, mais je savais qu’il y avait quelque chose, donc je ne l’ai pas lâchée.

Est-ce qu’il y a un titre qui vous touche plus que les autres ?

Outro, forcément, c’est mon petit chouchou. Il y a évidemment N’insiste pas, la chanson sur la violence faite aux femmes. Et enfin, une qui me bouleverse quand je la chante, c’est Tout te dire, qui est une déclaration d’amour, peut-être un peu malheureuse parce que c’est une déclaration qui ne sert à rien. C’est une chanson qui me libère d’un truc, j’aime beaucoup la chanter.