Pour Eddie Redmayne, accepter de jouer une femme trans dans « A Danish Girl » était « une erreur »

CINEMA L’acteur britannique a expliqué au « Sunday Times » que s’il avait à l'époque accepté le rôle de Lili Ebe « avec les meilleures intentions », il le refuserait aujourd'hui

F.R.
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Eddie Redmayne, à une avant-première, en décembre 2019.
Eddie Redmayne, à une avant-première, en décembre 2019. — Angela Weiss / AFP

En 2015, Eddie Redmayne incarnait Lili Ebe dans The Danish Girl de Tom Hooper. Cette artiste danoise est une femme trans entrée dans l’histoire pour avoir été la première à bénéficier d’une opération de réattribution sexuelle, en 1930.

Ce rôle avait à l’époque valu au Britannique une nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Mais, avec le recul, six ans plus tard, il affirme qu’il refuserait de rejoindre le casting.

« Non, je n’accepterai pas le rôle, a-t-il confié au Sunday Times. Je l’ai fait avec les meilleures intentions mais je crois que c’était une erreur. » Le comédien de 39 ans explique : « Les discussions plus larges sur les crispations autour du casting sont dues au fait que beaucoup de personnes n’ont pas voix à la discussion. Il faut se mettre à niveau, sinon on continuera d’avoir ces débats. »

Des acteurs et actrices trans pour des personnages trans

Le débat en question est celui de recruter des acteurs et actrices trans pour incarner des personnages trans. Il a ainsi été reproché à l’actrice Noémie Merlant, de jouer un homme trans dans A Good Man, récemment sorti en salle.

« Je comprends ce point de vue, a assuré Noémie Merlant au Parisien. Pour qu’il y ait des acteurs trans expérimentés, il faut donner à des personnes transgenres des chances de jouer, qui plus est dans des films qui les racontent. Comme le mouvement 50/50 se bat pour une plus grande visibilité des femmes via des quotas, je pense qu’il faut là aussi faire du forcing pour rééquilibrer les choses. » Elle confiait aussi à nos confrères sa gêne de voir sa transformation physique saluée comme une prouesse dans certaines critiques. Cela « perpétue inconsciemment l’idée que la transidentité est une farce, avançait-elle. Or, les personnes trans ne se déguisent pas. »