Janie, la chanteuse hypersensible « élevée et baignée » dans la chanson française

MUSIQUE Janie, autrice, compositrice et interprète de 26 ans a sorti début octobre un premier album, « Toujours des fleurs », très prometteur

Fabien Randanne
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L'autrice, compositrice et interprète Janie.
L'autrice, compositrice et interprète Janie. — Elisa Baudoin
  • Toujours des fleurs, premier album de Janie, est sorti en octobre 2021.
  • L'artiste de 26 ans assume ses influences liées à la chanson française des années 1970 à 2000.
  • « J’ai ma façon de raconter le monde et les choses que je vois. Chaque chanson, chaque histoire, a été vécue de A à Z », explique à 20 Minutes celle qui aborde dans ses textes les thèmes de la stigmatisation ou du deuil.

Janie a été « élevée et baignée » dans la variété française. « Cela a commencé avant ma naissance, mes parents jouaient dans un orchestre de bal. C’est là qu’ils se sont rencontrés. Ma mère était enceinte qu’elle chantait encore sur scène. Il y a toujours eu de la musique dans la maison », raconte à 20 Minutes l’artiste de 26 ans.

Dans sa chanson Compile, l’autrice, compositrice et interprète essaime au fil des couplets la bande originale de sa vie : Cœur grenadine, Week-end à Rome, Aline, Sous le vent, Les Moulins de mon cœur, Magnolias for ever, Message personnel

La pochette de Toujours des fleurs, son premier album sorti début octobre, est un clin d’œil rétro aux 45 tours d’antan. La photo, sur laquelle elle apparaît, frange blonde et chemisier op art sur fond marron, est surplombée par la liste des douze titres du disque. « J’aimais l’idée que les chansons soient au même plan que moi », explique la chanteuse.

« Je suis une femme de mon temps et de ma génération »

Les médias aiment la comparer à France Gall ou Françoise Hardy. Elle se dit se dit « flattée » mais estime avoir « encore beaucoup de travail avant de prétendre à une telle comparaison ». Et de glisser : « Ce sont des artistes avec lesquelles j’ai grandi musicalement et visuellement donc j’en suis imprégnée, c’est certain. »

L’esthétique vintage qu’elle chérit ne doit pas nous faire nous méprendre. « Je suis une femme de mon temps et de ma génération », insiste Janie, évoquant son « hypersensibilité ». « J’ai ma façon de raconter le monde et les choses que je vois. Chaque chanson, chaque histoire, a été vécue de A à Z. » Son timbre délicat, la voix parfois à fleur de peau, elle chante l’exclusion et la stigmatisation (Petite blonde), les secrets de famille (Pardonnera), le deuil d’un enfant (Nino ou Rose)…

Julie et Jany

Mon idole est dédiée à son père, décédé il y a sept ans. « Cet événement a défini beaucoup de choses dans ma vie », précise-t-elle sobrement. Son pseudonyme est une contraction de son prénom à elle, Julie, et de celui de son paternel, Jany. Le morceau se termine par la lecture d’une lettre qu’elle lui adresse. « C’est dur, mais je fais tout pour aller mieux, pour aimer la vie autant que tu l’as aimée et autant que je t’aime. Pour toujours. Ta puce d’amour », lui écrit-elle. « Si on veut toucher au plus proche de ce que je suis, c’est la chanson à écouter », suggère la chanteuse. « Je ne savais pas qu’elle allait être un jour écoutée », complète-t-elle.

Et d’expliquer : « Les chansons peuvent aussi bien me venir d’un coup d’un seul, comme mûrir trois ans. Je peux écrire une phrase aujourd’hui qui me servira dans deux ans et trouvera sa place dans une chanson dont je n’ai pas encore conscience. » La preuve que Janie a beau embrasser le passer, elle s’apprête à étreindre son futur.

Janie sera en concert à Paris le 10 mars 2022 au Café de la Danse et le 17 juin à la Cigale.