Tir mortel d’Alec Baldwin : L’assistant réalisateur a reconnu ne pas avoir vérifié toutes les balles

ENQUETE La procureure n'a pas exclu des inculpations, et les enquêteurs s'intéressent particulièrement au rôle de l'assistant réalisateur et de l'armurière

P.B. avec AFP
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Vue aérienne du tournage du film «Rust» avec Alec Baldwin, auteur d'un tir mortel avec une arme censée ne pas être chargée.
Vue aérienne du tournage du film «Rust» avec Alec Baldwin, auteur d'un tir mortel avec une arme censée ne pas être chargée. — Jae C. Hong/AP/SIPA

Un début de réponse. Selon un procès-verbal d’audition, l’assistant réalisateur sur le film Rust a reconnu ne pas avoir vérifié toutes les balles dans le barillet du pistolet donné à Alec Baldwin. Mercredi, la procureure a indiqué que personne n’était « exclu » concernant d’éventuelles poursuites, y compris l’acteur, auteur du tir qui a tué la directrice de la photographie Halyna Hutchins. La procureure estime toutefois qu’il est « trop tôt », avec une enquête qui se poursuit.

Lors de son audition, l’assistant réalisateur Dave Halls a expliqué aux policiers qu’il avait vérifié le canon du pistolet, pour s’assurer qu’aucun débris n’y était logé. Mais il « ne se souvient que d’avoir vu trois munitions, et il a indiqué qu’il aurait dû toutes les vérifier », écrit le policier qui l’a interrogé. Halls ne se « rappelle pas » si l’armurière a « fait tourner le barillet ».

Selon plusieurs témoins, Dave Halls avait annoncé à Alec Baldwin que l’arme était « froide », ce qui signifie dans le jargon du cinéma que le revolver est vide et inoffensif. « Je pense qu’il y avait un certain laisser-aller sur ce plateau et qu’il y a des questions sur lesquelles l’industrie (du cinéma) et peut-être l’Etat (du Nouveau-Mexique) doivent se pencher », a lancé le shérif du comté de Santa Fe, Adan Mendoza.

Licencié pour un incident sur un tournage précédent

Selon les médias américains, Dave Halls avait été licencié d’un tournage précédent après un incident lié à une arme à feu. L’armurière, Hannah Gutierrez-Reed, avait, elle, peu d’expérience, à seulement 24 ans. Fille d’un célèbre armurier hollywoodien, elle n’avait qu’un film à son actif, avec Nicolas Cage, et avait confié sur un podcast être « nerveuse » à l’idée de manipuler des armes sur un tournage.

Selon The Wrap, le tournage avec Nicolas Cage s’était mal passé. La jeune femme aurait notamment provoqué la colère de la star en tirant sans prévenir avec une arme chargée à blanc, sans laisser aux personnes autour d’elle le temps de se protéger les oreilles.

Sur le plateau, les enquêteurs ont retrouvé plus de 500 munitions, un mélange de balles factices, à blanc, et, vraisemblablement, réelles. Selon The Wrap, quelques heures avant le drame, certains membres de l’équipe avaient utilisé le revolver en cause pour tirer à balles réelles sur des canettes de bière. Plusieurs armuriers ont insisté dans les médias : il n’y a aucune raison, à moins de réaliser un documentaire, d’avoir de véritables munitions sur un plateau, même pour un western.