Tir mortel d'Alec Baldwin : Des poursuites pénales « pas exclues », y compris contre l'acteur de « Rust »

ENQUÊTE L’enquête se concentre notamment sur la présence de munitions réelles sur le tournage de « Rust »

20 Minutes avec AFP
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L'acteur Alec Baldwin sur le tournage du film «Rust» avec la directrice de la photographie Halyna Hutchins de dos, tenant la caméra, avant l'incident mortel.
L'acteur Alec Baldwin sur le tournage du film «Rust» avec la directrice de la photographie Halyna Hutchins de dos, tenant la caméra, avant l'incident mortel. — EPN/Newscom/SIPA

Il est « trop tôt » pour évoquer des charges au pénal, mais elles ne sont pas exclues, y compris contre l’acteur Alec Baldwin. Six jours après le tir accidentel qui a mortellement blessé une directrice de la photographie sur le tournage d’un western, les autorités de Sante Fe, au Nouveau-Mexique, ont fait le point sur l’enquête, mercredi.

« C’est lui (Baldwin) qui a actionné l’arme », a relevé la procureure de Santa Fe, Mary Carmack-Altwies, lors d’une conférence de presse. « Toutes les options sont sur la table à ce stade » et « personne n’est exclu » concernant d’éventuelles poursuites, a-t-elle affirmé.

500 munitions retrouvées

Des perquisitions menées au ranch de Bonanza Creek (Nouveau-Mexique), où Halyna Hutchins a trouvé la mort le 21 octobre ont abouti à la saisie de 500 munitions, a précisé le shérif du comté de Santa Fe, Adan Mendoza. Il semble que ce soit un mélange de cartouches factices, de balles à blanc et réelles. Une douille a été retrouvée, et un projectile en plomb, selon toute vraisemblance celui de la balle mortelle, a été récupérée dans le torse de la victime.

« Nous allons déterminer comment (ces munitions réelles) sont arrivées sur le tournage, pourquoi elles étaient là, parce qu’elles n’auraient pas dû s’y trouver », a souligné le shérif. Le site spécialisé The Wrap affirme, citant des sources proches du tournage, que certains membres de l’équipe avaient utilisé le revolver en cause pour tirer à balles réelles sur des canettes de bière quelques heures seulement avant l’accident.

Les recommandations très strictes de l’industrie du cinéma en matière d’armes à feu interdisent la présence de balles réelles sur un tournage, précisément pour éviter ce genre d’accident.

Des poursuites au civil certaines

Alec Baldwin s’est vu remettre l’arme fatale par un assistant réalisateur, Dave Halls, qui selon plusieurs témoins avait annoncé que l’arme était « froide », ce qui signifie dans le jargon du cinéma que le revolver est vide et inoffensif. Selon le LA Times, Dave Halls avait été licencié d’un précédent tournage après un incident lié à une arme à feu. D’autres protagonistes du drame pourraient également être pointés du doigt dans une plainte, notamment l’armurière du tournage, Hannah Gutierrez-Reed, qui avait peu d’expérience, à seulement 24 ans.

Si des charges pénales restent incertaines, la famille de Halyna Hutchins et le réalisateur Joel Souza, blessé par le tir, engageront vraisemblablement des poursuites civiles pour obtenir des indemnités. Ces plaintes viseraient la société de production, Alec Baldwin et les autres producteurs à titre individuel et « quiconque est de près ou de loin entré en contact avec l’arme », prédit Bryan Sullivan, conseiller juridique interrogé par l’AFP. « Je m’attends à ce que tout le monde soit poursuivi » au civil, dit-il. Alec Baldwin serait surtout visé pour son assise financière et sa réputation, selon l’expert.

« Une bombe à retardement »

Neal Zoromski, un chef accessoiriste renommé, a indiqué au LA Times qu’il avait refusé de travailler sur Rust, estimant que la production cherchait à réduire les coûts au détriment de la sécurité.

Il affirme notamment que les producteurs ont refusé d’embaucher deux personnes – un assistant accessoiriste et un armurier – estimant qu’une seule suffisait, et que la période de préparation, qui dure habituellement plusieurs semaines pour que les acteurs puissent se familiariser avec les armes, avait ici été réduite au minimum. Il a refusé l’offre, estimant que ce tournage était « une bombe à retardement ».