« Presque » : Panayotis Pascot, l’humoriste qui préfère les histoires aux rires

SPECTACLE L’humoriste, connu du grand public grâce au « Petit Journal », se dévoile désormais sur scène

Clément Rodriguez
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Panayotis Pascot est parti pour près de 100 représentations de son spectacle « Presque »
Panayotis Pascot est parti pour près de 100 représentations de son spectacle « Presque » — Marc-André Donato
  • Après une expérience en tant que chroniqueur dans Le Petit Journal et Quotidien, Panayotis Pascot remonte sur scène.
  • Des mois de confinements ont mis en pause son spectacle qu’il reprend à Paris et en tournée.
  • « J’ai l’impression que je me rapproche plus de moi avec ce que je donne dans le spectacle que ce qu’il y avait à la télé », confie-t-il à 20 Minutes​.

H-3. Dans quelques petites heures, Panayotis Pascot se retrouvera face à plus de 300 personnes pour une quarantaine de représentations de son spectacle Presque sur la scène de l’Européen à Paris. Mais avant de rencontrer son public, l’humoriste répète sa mise en scène. Lumière, son, placement, entrée dans la salle, aucun détail ne passe à la trappe. S’il confesse être un peu stressé pour cette première dans ce nouveau lieu, il ne laisse rien transparaître puisque le texte, lui, défile dans sa tête sans encombre.

Explosion médiatique et quête de soi

Dans Presque, son seul en scène lancé en octobre 2019 avant d’être interrompu par dix-huit mois de pandémie mondiale, Panayotis Pascot revient très brièvement sur la façon dont il s’est fait connaître du grand public. Au début de son adolescence, le jeune homme réalise des interviews dans lesquelles il interroge des humoristes et des gens du spectacle. Il se lance peu après sur Vine, l’application aux vidéos d’une durée de six secondes. Grâce à l’audience qu’il acquiert, il commence à rencontrer du monde et notamment Alex Lutz, qui lui indique que le producteur du Petit Journal, présenté à l’époque par Yann Barthès, cherche un nouveau chroniqueur. « Je suis arrivé à la télé à 17 ans, ce qui est beaucoup trop tôt », raconte-t-il sur scène sans développer davantage sa pensée.

« J’étais vraiment dans une période où je ne savais pas du tout qui j’étais, détaille-t-il auprès de 20 Minutes. Je ne le sais évidemment toujours pas, mais maintenant j’ai compris qu’on ne le sait jamais vraiment. À la télévision, j’avais un peu l’impression qu’on commençait à me coller une image qui n’était pas vraiment moi, et je ne savais pas ce que c’était, moi. » D’abord dans Le Petit Journal puis dans Quotidien, Panayotis incarnait ce mec un peu paumé, décalé, à la répartie parfois absurde mais toujours attendrissante. « Ce que tu fais, les gens prennent ça comme "c’est cette personne" alors que toi, tu es en construction. C’est très compliqué », appuie-t-il.

Encore en construction donc, et encore lycéen, Panayotis Pascot réussit l’exploit de passer son bac scientifique tout en tenant une chronique devant près de deux millions de téléspectateurs et téléspectatrices. Après des allers-retours en banlieue parisienne où habitaient ses parents pendant un an, le chroniqueur s’installe à la capitale. Là, il découvre un autre aspect du métier. « J’ai eu évidemment un sentiment d’illégitimité en me disant que c’est trop bizarre qu’autant de gens viennent te parler, t’envoient des messages alors que je me disais que je ne savais pas ce que je foutais. J’ai mis du temps à comprendre. »

Un humoriste à la « carrière inversée »

De cette expérience qui lui a permis de monter son spectacle, Panayotis ne retient que le positif. Après les millions de personnes devant leur écran de télévision, l’humoriste a décidé de faire rire une trentaine de personnes dans une minuscule salle parisienne, tout en étant payé au chapeau à la fin de ses représentations. « C’est un peu l’inverse d’une carrière », rigole-t-il. Cette période lui aura au moins permis de comprendre qu’il avait envie d’être sur scène durant une période malheureusement trop courte.

Mars 2020, le monde s’arrête de tourner et les salles de spectacle baissent le rideau. Une lueur d’espoir se laisse entrevoir entre les deux confinements de l’année grâce à l’opportunité de jouer quelques dates malgré une salle à moitié remplie en raison des contraintes sanitaires, un couvre-feu au-dessus de la tête et des spectateurs et spectatrices masqués. Dans ces conditions plus précaires, Panayotis Pascot comprend qu’il prend plus de plaisir à conter son histoire qu’à entendre les rires étouffés de son public. « Je raconte une histoire qui me tient à cœur et je sens qu’elle est reçue, témoigne-t-il. Je me sens beaucoup plus légitime à raconter une histoire qu’à faire des blagues à la télé ».

« J’ai l’impression que je me rapproche plus de moi avec ce que je donne dans le spectacle que ce qu’il y avait à la télé », confie l’humoriste. A la fin de ses représentations, le public lui décrit l’émotion ressentie à l’écoute de son histoire, de quoi l’aider à assimiler un sentiment de légitimité.

Pour l’heure, Panayotis Pascot est booké jusqu’en mai 2022, date à laquelle sa tournée de 52 représentations prendra fin. Il voyagera à travers de petites villes « pour aller à la rencontre de tout le monde » et se produira dans des salles allant de 290 à 1200 places. Par la suite, l’humoriste se consacrera à d’autres projets, à l’image de Merci pour votre visite, le court-métrage qu’il a tourné il y a deux ans. « J’ai compris que c’était cool de faire des choses qui n’ont pas forcément de blagues », sourit-il.