Un artiste devait exposer 70.000 euros de billets mais part avec l’argent

ART CONTEMPORAIN L’artiste danois Jens Haaning devait coller 70.000 euros sur une toile, et est finalement parti avec le magot

20 Minutes avec AFP
— 
Une femme regarde « Prends l'argent et tire-toi » de Jens Haaning au musée Kunsten le 28 septembre 2021.
Une femme regarde « Prends l'argent et tire-toi » de Jens Haaning au musée Kunsten le 28 septembre 2021. — Henning Bagger / Ritzau Scanpix / AFP

Il devait exposer pour l’équivalent de plus de 70.000 euros de billets de banque collés sur une toile… Jens Haaning, artiste danois de 56 ans, a décidé de présenter des cadres vides et de garder le magot pour lui, rebaptisant ses œuvres « Prends l’argent et tire-toi ».

Le musée Kunsten d’Aalborg, dans l’ouest du Danemark, avait convenu de prêter une forte somme d’argent liquide à cet artiste, pour qu’il puisse reconstituer une de ses anciennes œuvres représentant un an de salaire au Danemark et en Autriche, en coupures danoises et en euros.

Mais « deux jours avant l’ouverture de l’exposition, nous avons reçu un message de Jens nous disant qu’il n’avait pas produit les œuvres sur lesquelles nous nous étions mis d’accord », avec les billets accrochés sur la toile, explique son directeur, Lasse Andersson.

« Prends l’argent et tire-toi »

A la place, l’artiste explique qu’il en enverra d’autres « intitulées “Prends l’argent et tire-toi” », raconte le responsable du musée.

A l’ouverture des caisses, les employés ont pu constater que l’argent n’y était pas et que les toiles étaient restées blanches.

Passée la stupéfaction, Lasse Andersson a été pris d’un fou rire et le musée a décidé de présenter les deux œuvres dans le cadre de son exposition sur le travail moderne.

« Une approche humoristique »

« Elles offrent une approche humoristique et amènent à réfléchir sur la manière dont on valorise le travail », justifie le directeur.

L’artiste a lui défendu son geste, selon lui une façon d’affirmer « que nous avons aussi la responsabilité de remettre en question les structures dont nous faisons partie ».

« Si ces structures sont complètement déraisonnables, nous devons rompre avec elles », a justifié Jens Haaning dans un communiqué de presse.

Pour le moment, Lasse Andersson a choisi de se concentrer sur la valeur artistique des deux tableaux, tout en reconnaissant qu’il ne désespérait pas de voir un jour ceux qu’il avait commandés.

Mais après le dernier jour de l’exposition, le 16 janvier, ses considérations ne seront plus ni esthétiques ni philosophiques. « Nous prenons les mesures nécessaires pour que Jens Haaning respecte son contrat et rende l’argent », a-t-il souligné. Pour son travail, Jens Haaning a reçu 10.000 couronnes (1.340 euros), auxquelles s’ajoute une prime d’exposition.