La K7 de Lennon chantant pour des lycéens danois en chaussettes s’envole à 50.000 euros

UNIQUE Une bande de sexagénaires danois a mis en vente aux enchères une K7 inédite de Lennon, qu’ils avaient rencontré lycéens il y a cinquante ans

20 Minutes avec AFP
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Les artistes Yoko Ono et John Lennon
Les artistes Yoko Ono et John Lennon — Visual by Starface

Une histoire incroyable que celle de cette K7 ! « Un petit lot qui tenue beaucoup d'intérêt », s'est amusé le commissaire-priseur avant la mise en vente d'une cassette audio d'apparence anodine mais qui recèle un trésor: un enregistrement inédit de John Lennon, adjugé mardi à Copenhague pour 49.760 euros. C'est un acheteur par téléphone qui a remporté les enchères peu avant 19h00. Son identité n'a pas été révélée.

La maison de vente Bruun Rasmussen a précisé dans un communiqué de presse qu'avec la « prime de l'acheteur » (des frais payables par l'acheteur représentant un pourcentage du prix d'adjudication), le montant total de la vente s'élève à 64.700 euros.

Trente-trois minutes inédites

Estimé initialement entre 27.000 et 40.000 euros, l'enregistrement d'un total de 33 minutes était mis en vente par une bande de sexagénaires danois qui, il y a plus de 50 ans, avait rencontré le musicien, lequel avait même chanté pour eux.

Nous sommes alors début 1970, et quatre garçons dans le vent, qui écrivent pour le journal de leur lycée, bravent une tempête de neige dans l'espoir d'interviewer leur idole, John Lennon, et sa femme, Yoko Ono, venus passer une partie de l'hiver dans un coin reculé du Jutland, la partie continentale du Danemark (ouest).

« John et Yoko, assis dans le canapé »

« On est rentrés dans le salon et on a vu John et Yoko (...) assis dans le canapé, c'était fantastique. On s'est aussi assis et on était assez serrés les uns à côté des autres », se souvient Karsten Højen, l'un des propriétaires du précieux souvenir, vendu avec des photos de la fameuse journée du 5 janvier et un exemplaire du journal.

« J'étais assis à côté de Yoko Ono et John Lennon était assis à côté de Yoko et on a parlé, on a passé du bon temps. Il s'est étiré les jambes sur la table avec ses chaussettes en laine. C'était tout simplement cosy », confie ce géant débonnaire âgé aujourd'hui de 68 ans.

Convaincre le proviseur de sécher les cours

Fin décembre 1969, dans un épisode jusqu'alors oublié, John Lennon arrive dans le royaume scandinave avec Yoko Ono pour se rapprocher de Kyoko, la fille de cette dernière, qui vit alors avec son père dans la péninsule de Thy.

D'abord passée inaperçue, leur visite, qui ne durera que quelques semaines, attise la curiosité des locaux et la star organise une conférence de presse qui tombe... le jour de la rentrée scolaire, s'amuse encore le vendeur.

Qu'à cela ne tienne, ses amis et lui convainquent le proviseur de manquer une journée de cours pour aller parler paix et musique avec le chanteur, quelques mois avant la dissolution des Beatles.

Suite à un concours de circonstances rocambolesques, à cause de la météo détestable, les quatre lycéens se retrouvent à l'interviewer dans une ambiance décontractée, dans une chaumière du lieu-dit Skyum Bjerge, comme indiqué - mal orthographié- sur l'étiquette.

« Unique parce que John Lennon parle à de jeunes lycéens »

Si Karsten Højen et ses amis ont décidé de se séparer de leur trésor, qu'ils n'ont pas numérisé, c'est avant tout parce qu'ils n'en profitaient plus et n'imaginaient pas vraiment le partage entre leurs nombreux enfants.

Pour écouter l'enregistrement, disponible nulle part ailleurs et dont un très court extrait disponible en ligne laisse penser qu'il est de qualité correcte, un bon vieux lecteur de cassettes est nécessaire.

« Ils ont Give peace a chance, mais avec des mots différents et (Lennon) incorpore des aspects danois locaux, ce qui est évidemment très amusant pour nous, mais aussi Radio Peace qui n'a jamais été publié », a expliqué Alexa Bruun Rasmussen, un responsable de la maison d'enchères Bruun Rasmussen.

Selon elle, écouter l'enregistrement, qui ne peut pas être commercialisé pour des raisons de droits, est très émouvant.

« C'est très sincère. C'est très local, et je pense que ça le rend unique parce que John Lennon parle à de jeunes lycéens, ils partagent la passion du message de paix», estime Alexa  Bruun Rasmussen.

Karsten Højen a raconté par le menu le souvenir de cette journée d'hiver à ses enfants et petits-enfants. Bientôt, il ne lui en restera aucune preuve.