Un ex-manager de Maître Gims et Vitaa condamné à 24 mois de prison pour de fausses factures

JUSTICE Le prévenu comparaissait devant le tribunal correctionnel pour l’établissement de fausses factures.

Romarik Le Dourneuf
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Le Tribunal de Grande Instance de Créteil.
Le Tribunal de Grande Instance de Créteil. — V.Wartner

Spoilé comme jamais Universal Music France ? Oui selon le tribunal correctionnel de Créteil qui a condamné, ce lundi 27 septembre, un ancien manager du rappeur Maître Gims, à vingt-quatre mois de prison dont douze avec sursis pour avoir escroqué près de 300.000 euros à la maison de disques. Le prévenu a également été condamné à 50.000 euros d’amende et effectuera sa peine sous forme de détention à domicile. Il n’était pas seul à comparaître devant les juges puisque trois autres prévenus ont été condamnés avec lui à des peines de six mois d’emprisonnement ferme à douze mois avec sursis, tandis que trois autres ont été relaxés.

Des fausses factures pour un projet avorté

Entre 2014 et 2016, Universal Music a payé des dizaines de factures « sans justification » et ne correspondant en réalité à « aucune prestation » pour des voyages, des enregistrements en studio ou des séances de photo, avait rappelé en mai pendant l’audience la présidente du tribunal. Au cœur de cette escroquerie, un ancien manager du label Monstre Marin Corporation, créé par le rappeur Maître Gims. En 2015, il a fait appel à ce « label manager » pour l’aider notamment à produire un nouvel album, Djuna Family. L’enquête montrera que des fausses factures ont également été produites pour ce projet, finalement avorté. D’autres projets, dont un avec la chanteuse Vitaa, ont fait l’objet de « fausses factures », selon les enquêteurs.

« C’est lui qui a réellement tiré profit de cette infraction, celui qui est en position de force, qui a pu imposer sa volonté », avait souligné la procureure lors de son réquisitoire, au sujet du mis en cause. Ce dernier s’est pourtant défendu de toute fraude : « Jamais de ma vie je n’ai fait de fausses factures. » Le prévenu, à la tête de plusieurs sociétés de prestations pour des artistes comme Vitaa​ ou Bramsito, a ajouté à la barre : « C’est un milieu particulier, j’établis un budget pour un album et un contrôle de gestion valide, mon rôle est de fluidifier le système. »

« Universal débloque des lignes de budget pour mon client qui utilise des prestataires », avait argué pendant l’audience son avocat, Me Yann Le Bras, qui avait plaidé la relaxe au motif qu' « aucune infraction (n’était) matérialisée ». « Même si le processus était inhabituel, je ne voyais pas de malversation, pour moi il y avait une forme de logique », avait expliqué de son côté un ingénieur du son, prestataire de ce label manager et également prévenu.